Ursula von der Leyen fait de la lutte contre le cancer une affaire personnelle

La présidente de la Commission a lancé une vaste consultation publique sur le plan européen de lutte contre le cancer. Elle a notamment annoncé la création, à l’échelle de l’UE, d’un « espace ouvert de données sur la santé ».

C’est en présence de responsables politiques, de professionnels de la santé et de divers groupes issus de la société civile qu’Ursula von der Leyen a lancé la consultation publique sur le plan européen de lutte contre le cancer, le 4 février à Bruxelles.

« Il s’agit d’une affaire personnelle », a déclaré la présidente de la Commission, qui a pris la parole lors de l’ouverture de l’événement. « J’avais 13 ans lorsque ma petite sœur est morte d’un réticulosarcome. Elle avait seulement 11 ans. »

« La mort de ma petite sœur a changé ma vie », a souligné Ursula von der Leyen, expliquant que cette tragédie l’avait incitée à étudier la médecine et à devenir médecin. « Et c’est pour elle, pour ma mère et l’un de mes frères, que la lutte contre le cancer me tient tellement à cœur. »

Le plan a pour objectif de « donner à tous accès au dépistage et à la vaccination », a-t-elle indiqué. Même si 30 à 40 % des cancers pourraient être évités, seulement 3 % du budget sont consacrés à des stratégies de prévention, a-t-elle ajouté.

L'accès aux traitements contre le cancer varie grandement en Europe

Les Européens font face à des inégalités criantes dans l’accès au diagnostic et au traitement du cancer des poumons, révèle un rapport publié cette semaine. Les experts appellent à une approche harmonisée.

La technologie moderne doit davantage être mise à contribution, a-t-elle poursuivi, car certaines techniques novatrices peuvent « sauver la vie » de milliers de gens.

L’intelligence artificielle offre un potentiel énorme pour améliorer le dépistage précoce. Elle constitue un outil puissant et précis, a souligné la présidente de la Commission, qui a évoqué la mise en place d’un programme paneuropéen d’échange de données destiné à favoriser les diagnostics et les traitements précoces.

Les résultats de la consultation publique vont alimenter le projet et contribueront à identifier les futurs domaines d’action.

Chaque année, 1,3 million de personnes meurent du cancer et 3,5 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués au sein de l’UE. Il s’agit de la deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires. Le cancer affecte directement 40 % des citoyens de l’UE et provoque d’importantes répercussions sur les systèmes de santé et les économies européennes.

« Le meilleur remède, c’est la prévention »

La commissaire à la santé, Stella Kyriakides, a pour sa part souligné l’importance du dépistage et du diagnostic précoce du cancer, qui figurent parmi ses principales priorités. Ils constituent des éléments clé de la stratégie, a-t-elle poursuivi, insistant sur la nécessité d’accroître les investissements dans la prévention.

Abondant dans son sens, Ursula von der Leyen a affirmé qu’il était « inacceptable » qu’il existe encore « d’énormes inégalités » dans les procédures de dépistage des divers États membres. Une femme en Roumanie a ainsi seize fois plus de chances de mourir d’un cancer du col de l’utérus qu’une femme en Italie.

Parmi les autres mesures préventives figurent l’amélioration de l’accès à une alimentation saine et la promotion des vaccinations, les mesures visant à réduire les facteurs de risque environnementaux tels que la pollution et l’exposition aux produits chimiques, ainsi que la recherche et la sensibilisation.

Espace ouvert de données sur la santé 

Ursula von der Leyen a également mis en exergue la nécessite de partager des données, déplorant le « nombre invraisemblable d’opportunités manquées » en matière de prévention et de traitement du cancer, dû à la sous-exploitation actuelle des mégadonnées.

Le manque de données pénalise le traitement du cancer du sein

Le fardeau croissant du cancer du sein métastatique pourrait s’alléger avec une meilleure collecte des données sur la pathologie.

 

Dans cette optique, la présidente de la Commission a évoqué la création d’un « espace ouvert de données sur la santé », dont le contenu pourra être partagé avec des scientifiques et des chercheurs, permettant ainsi d’accroître les connaissances et d’obtenir des résultats moins biaisés.

La mise en place du projet implique d’améliorer l’infrastructure des données sur la santé afin de faciliter le lien entre la recherche et les soins, a-t-elle poursuivi, ajoutant que l’UE était « prête à investir dans ce domaine ».

Stella Kyriakides a également souligné qu’il était nécessaire de disposer de technologies innovantes et de mégadonnées. Selon elle, l’Europe doit maximiser l’impact de ces instruments sur le traitement du cancer en encourageant l’innovation, en favorisant l’échange de données et en soutenant de nouvelles recherches.

Qualité de vie

Autre priorité mise en avant : les mesures visant à assurer la meilleure qualité de vie possible aux patients atteints de cancer, aux survivants et aux soignants.

Les patients atteints de cancer et les survivants peuvent être « marginalisés », a souligné Stella Kyriakides, ajoutant que le plan permettrait également de lutter contre les inégalités sociales en examinant les meilleures pratiques en matière de protection sociale, de soutien professionnel et de réinsertion.

L’objectif, a-t-elle déclaré, est de n’ignorer « aucune étape du parcours lié au cancer ».

Les éléments spécifiques de la stratégie continueront à être discutés avec les États membres de l’UE durant l’année, afin que le plan européen de lutte contre le cancer puisse être présenté avant la fin 2020.

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