Tubiana demande à l’Espagne de s’engager pour la décarbonisation

La présidente de la Fondation européenne pour le climat, Laurence Tubiana. [UN Climate Change/ Flickr]

La présidente de la Fondation européenne pour le climat, Laurence Tubiana, insiste sur la nécessité d’un débat commun afin de choisir le scénario de décarbonisation que suivra l’Europe d’ici 2050. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Laurence Tubiana, la diplomate française en charge des discussions de l’accord de Paris, a indiqué, lors d’une interview en marge d’une rencontre avec des acteurs du climat, que l’Espagne devait « se rendre au sommet du G20 en juillet avec un programme en main pour la décarbonisation de son économie, comme l’ont déjà fait la plupart des autres puissances ».

Les stratégies de décarbonisation pour 2050 constituent un volet de l’accord de Paris. La Commission européenne demande aux États membres de l’UE de présenter leurs stratégies en la matière d’ici 2018 afin de pouvoir déterminer si les investissements à court et à moyen terme sont conformes avec les objectifs de réductions des émissions polluantes.

Seuls trois pays européens pourraient respecter l’accord de Paris

La Suède, l’Allemagne et la France sont les seuls pays européens à être sur la bonne voie pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat. Un article de notre partenaire Edie.net.

Laurence Tubiana préside une plateforme créée lors du sommet sur le climat 2016 à Marrakech (COP22) qui vise à partager des informations concernant les stratégies des pays en matière de climat. Le Canada, les États-Unis, le Mexique, l’Italie, le Brésil, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Norvège, la Suisse, la Suède, la Chine, l’Inde, la Russie et d’autres y participent, mais pas l’Espagne.

Clarifier la stratégie

À cet égard, la présidente de la Fondation européenne pour le climat souligne que le gouvernement espagnol « devrait clarifier son calendrier concernant sa stratégie de décarbonisation et ouvrir cette dernière à un débat plus large qu’une simple discussion interministérielle ».

Il est nécessaire qu’elle le fasse « car cela concernera non seulement l’investissement public, mais aussi l’investissement privé et la collaboration avec le gouvernement local et régional », explique-t-elle.

« Il est impératif que l’Espagne promeuve une discussion nationale en présence de tous les acteurs concernés par la décarbonisation, afin que ce qui a été convenu soit mis en place », affirme Laurence Tubiana, qui met en garde contre les conflits d’intérêts qui pourraient « tout paralyser ».

2050 peut sembler être une date lointaine pour établir des objectifs de réduction des émissions, « mais ce n’est pas si loin pour les investisseurs », qui s’intéressent déjà aux scénarios pour 2030, 2040 et 2050. D’après elle, les investisseurs doivent « éviter les surinvestissements inappropriés, notamment dans le secteur du gaz en Espagne ».

« Il est important que les décisions à court terme soient conformes aux objectifs à long terme. Une fois qu’un investissement massif aura été fait, il sera difficile de revenir en arrière », a ajouté Laurence Tubiana, chargée de l’élaboration de la stratégie de décarbonisation pour la France.

L’économie et la finance françaises se mobilisent pour le climat

À quelques semaines de l’élection présidentielle, 1 900 personnes dont de nombreux chefs d’entreprises et financiers ont signé un manifeste pour décarboner l’Europe à l’horizon 2050, lancé par the Shift Project. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Elle rappelle que l’année 2017 sera « décisive » pour le changement climatique et la transition énergétique, et que les élections française et allemande « renforceront l’UE, avec un noyau de pays qui veulent avancer plus rapidement ».

« Si nous agissons après l’élection allemande, je crois que le monde entier attendra que l’UE fasse le premier pas vers la transition énergétique », indique Laurence Tubiana, en ajoutant que l’Europe doit travailler et entretenir des relations avec les grands pollueurs que sont la Chine et l’Inde.

« Coalition des ambitieux »

D’après elle, il est par ailleurs capital de coopérer avec la « Coalition des ambitieux ». « Les États-Unis s’étaient engagés à développer des relations bilatérales avec ces pays et maintenant c’est au tour de l’Europe de montrer la voie à suivre. »

Forte de 20 ans de lutte contre le changement climatique et de négociations internationales, Laurence Tubiana est convaincue que, contrairement à l’épisode du protocole de Kyoto, un désengagement des États-Unis ne poussera pas forcément d’autres pays à leur emboîter le pas.

« Le monde est totalement différent aujourd’hui, le protocole de Kyoto était un accord entre l’UE et les États-Unis, avec le Japon au milieu, tandis que l’accord de Paris concerne tous les pays, y compris les principaux pollueurs, à savoir la Chine et l’Inde, qui ont déjà notifié leur volonté de s’engager », ajoute-t-elle. Pour la diplomate française, les États-Unis ne « resteront pas à l’écart de cette problématique à jamais ».

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La Maison blanche démantèle plusieurs réglementations fédérales anti-carbone. Un article de notre partenaire, le JDLE.

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