L’UE doit encourager les investissements dans la technologie du CSC

CCS.jpg

La Commission européenne a été exhortée à contraindre les industries énergivores à investir dans le captage et le stockage de CO2 (CSC) alors qu’elle se prépare à dévoiler des projets de perfectionnement de cette technologie récente.

La Commission devrait lancer aujourd'hui (27 mars) une série de propositions contre l'évolution lente et les problèmes de financement du CSC, qui permet de capter, de comprimer et de stocker sous terre les émissions de carbone de centrales énergétiques.

La technologie du CSC devrait jouer un rôle dans l’atteinte des objectifs de changement climatique de façon économique, mais son développement s'avère désespérément lent.

Le secteur du CSC a essuyé un revers important à la fin de l'année dernière lorsque aucun projet n'a reçu de part de NER300, un fonds de l’UE destiné à stimuler le CSC et les énergies renouvelables, car les États membres n'ont pas fourni les garanties financières nécessaires.

Les acteurs du secteur espèrent que le document d'aujourd'hui relancera la commercialisation du CSC.

David Hone, conseiller sur le changement climatique chez Shell, exhorte l'UE à adopter une approche « très sévère » sur le développement du CSC, car ni NER300 ni le système européen d’échange de quotas d’émissions ne parviennent à encourager les investissements.

M. Hone a soutenu une proposition qui pourrait en réalité instaurer de nouveaux objectifs du CSC et mettre cette technologie sur un pied d'égalité avec d'autres également faibles en carbone comme les énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique.

Une ébauche du projet de la Commission, consultée par BusinessGreen, a révélé que l'UE envisageait de demander aux entreprises énergivores ou fournisseurs de carburants fossiles d'acheter des certificats du CSC pour correspondre à leurs émissions.

Cette ébauche propose également une norme de performance contraignante en matière d'émissions pour tous les nouveaux investissements, ce qui limiterait à une quantité fixe d'émissions par unité.

Encourager les investissements

Selon M. Hone, ces approches ciblées encourageraient de nouveaux investissements dans le CSC et offriraient un équivalent indirect à l'objectif contraignant de l'UE.

« Si vous disposez d'une certaine quantité du CSC liée à votre consommation de carburant fossile, c'est probablement une solution viable », a-t-il déclaré. « Vous n'êtes donc pas dépendant du prix du carbone dans l'économie et vous commencez à mettre en œuvre le CSC le plus proche du marché, mais sans résultat déterminé. »

La communication de l'UE sur le CSC sera dévoilée en même temps qu'un document sur les objectifs en matière d'émissions de gaz à effet de serre après 2020, qu’une consultation sur un nouvel accord international relatif au climat et qu’un rapport de suivi sur les énergies renouvelables.

Des ébauches du document pour l'après 2020 présentent des propositions pour un nouvel objectif en matière de carbone, qui exigerait 40 % de réduction des émissions par rapport à 1990 et un projet de 30 % d'énergies renouvelables d'ici 2030.

M. Hone a toutefois prévenu que l'UE pourrait passer à côté de ses ambitions et ne pas atteindre ses objectifs en matière de carbone, sauf si elle en établit spécifiquement pour le CSC. Il estime que les gouvernements ont « confondu » le besoin en nouvelles sources d'énergie renouvelable et une meilleure efficacité énergétique avec la nécessité d'une technologie du CSC.

« Un panneau solaire ou une éolienne sont considérés comme une solution pour le climat simplement parce qu'ils n'émettent pas de CO2 lorsque vous les utilisez.

« Mais si vous analysez la question du climat sous l'angle des stocks, le CSC est réellement nécessaire. »

La technologie de captage et stockage du dioxyde de carbone (CSC) vise à capter les émissions de dioxyde de carbone des centrales énergétiques au charbon ou des usines à forte consommation d'énergie et à les enfouir sous terre, dans des puits de pétrole, des réservoirs de gaz ou des cavités géologiques.

Fin 2010, 234 projets de CSC étaient actifs ou prévus dans le monde, ce qui représente une augmentation nette de 26 projets par rapport à 2009, selon l'institut mondial de CSC. Cette augmentation est survenue malgré l’envolée des prix et des annulations de pays européens, notamment la Finlande et les Pays-Bas.

Subscribe to our newsletters

Subscribe