Les émissions de méthane progressent mystérieusement

Les termites contribuent aux émissions de méthane

Les émissions du gaz dont l’impact sur le réchauffement climatique est très élevé ont fortement progressé depuis 2012, selon un groupe de chercheurs.

La nouvelle risque d’inquiéter un peu plus les chercheurs du GIEC, le Groupe d’experts international sur l’évolution du climat, qui doivent mettre à jour en 2017 l’état de la recherche sur le changement climatique.

Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre dont l’impact sur le réchauffement est 28 fois plus élevé que le CO2, ont bondi depuis 2013, sans que l’on sache exactement pourquoi, selon le Global Methane Budget 2016 qui a scruté l’évolution du gaz dans l’atmosphère depuis 2000.

Le gaz, surtout émis par des activités anthropiques (60 %) comme l’agriculture ou les énergies fossiles, et la nature (40 %, notamment les zones humides), est nettement plus compliqué à mesurer que le CO2, surtout émis par des activités industrielles.

Il présente aussi la particularité de s’autodétruire dans l’atmosphère au contact d’une molécule liée à l’ozone, ce qui réduit sa longévité à une dizaine d’années. « Le méthane représente donc une bonne cible pour les politiques de régulation », souligne Marielle Saunois, chercheur au LSCE (CEA/CNRS/UVSQ), qui a contribué à l’étude.

Réduire les émissions de méthane pour limiter le dérèglement climatique

Économiquement et politiquement les émissions de méthane sont faciles à réduire et ont un impact à court terme plus important que les émissions de CO2. Une tribune de notre partenaire Idées pour le développement.

Une hausse nettement plus rapide que le pire des cauchemars du GIEC

Le fait que le niveau de méthane ait plus que doublé depuis 1750, et représente 20 % du réchauffement climatique, est d’autant plus préoccupant que la recherche sur le sujet reste modeste par rapport aux travaux sur le CO2.

Si bien que le méthane, qui est mesuré sérieusement depuis les années 1980, reste entouré d’un certain mystère. Ainsi, la stabilisation de la concentration entre 2000 et 2006 n’a pas trouvé d’explication qui fasse consensus. Ni son rebond, depuis 2012, qui est supérieur au plus sombres des scénarii du GIEC.

La croissance des émissions, constatée au niveau global, progresse toutefois plus dans certaines régions du globe : l’Amérique du Sud, l’Asie du Sud-Est et la Chine.  Les régions tropicales sont plus émettrices pour des raisons naturelles : elles concentrent les zones humides, naturellement émettrices de méthane.

 Mais au rang des activités anthropiques, l’exploitation effrénée des mines de charbon en Chine ou du gaz en Russie est pointée du doigt par les chercheurs, tout comme les rizières ou les décharges qui contribuent largement aux émissions en Asie du Sud Est.

Au sein de l’industrie des énergies fossiles, les pétroliers assurent avoir fait des efforts, notamment avec le torchage, qui consiste à brûler le méthane indésirable, ce qui émet du CO2, moins néfaste pour le climat.

Pourtant, les émissions provenant des industries fossiles progressent. Les sites d’exploitation de gaz aux États-Unis ont été multipliés, notamment avec le gaz de schiste, sans qu’un effet « schiste » puisse être clairement isolé.

Les États membres refusent de limiter les émissions de méthane

La Commission a proposé de limiter les émissions de méthane dans sa directive sur la pollution de l’air. À quelques jours de la réunion des ministres de l’Environnement, les gouvernements ont supprimé cette mesure, à la satisfaction des lobby agricoles.

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