Une diminution de la mer de glace arctique accélérera la fonte

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Une nouvelle étude a révélé que la fonte des glaces de la mer Arctique entraîne une augmentation rapide de la chaleur. La mer de glace présente depuis longtemps se transforme en des couches de glace hivernales plus fines qui absorbent davantage de chaleur et d’énergie solaires.

Cette étude réalisée par l'Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research en Allemagne a révélé que le rayonnement solaire à travers la « glace de première année » était trois fois plus élevé et augmentait de 50 % l'absorption d'énergie en comparaison avec « la glace de plusieurs années ».

Cette situation pourrait changer le visage de l'Arctique.

« La fonte des glaces et une quantité moins importante de glace de mer accéléreront probablement [d'eux-mêmes] la fonte des glaces dans les années à venir », a expliqué Marcel Nicolaus, l’un des auteurs du rapport, à EURACTIV. « Nous constatons que la transmission de la lumière à travers la glace de mer augmentera à l'avenir. »

Des études précédentes ont indiqué que le rayonnement solaire et l'augmentation de la température des océans entraînaient respectivement la fonte de la surface et du fond de la glace de mer. Ce nouveau rapport a toutefois révélé que les couches de glace de l'Arctique fondaient également de plus en plus à l'intérieur.

« Nous avons montré que la glace de plusieurs années, plus vieille, était couverte de moins de mares que la glace plus jeune […] », a déclaré M. Nicolaus.

« Les conséquences de ce transfert de rayonnement dû à l'albédo deviendront plus graves à l'avenir », a-t-il poursuivi.

L'accroissement de transmission de lumière en Arctique affectera la vie marine dans l'océan Arctique, même si d'autres travaux de recherche sont nécessaires pour en comprendre le fonctionnement.

« Nous n'avons pas entrepris d’études biologiques, mais il s'agit sans aucun doute de la ligne à suivre afin d'établir un rapport entre ces types d'observations », a déclaré M. Nicolaus lors d'un entretien téléphonique depuis son bureau de Bremerhaven. « Je ne suis pas biologiste et je ne peux pas dire comment cela pourrait perturber [la vie marine], je peux juste dire qu'elle sera modifiée. »

Des records historiquement bas

La surface de la glace de mer dans la région arctique a atteint un record historiquement bas de 24 % l'année passée. Des spécialistes du climat du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat de l'ONU (GIEC) avaient prévu qu'elle recouvrirait 50 % de plus.

Lorsque les premiers satellites ont scruté la topologie de continent gelé dans les années 1970, la glace de mer recouvrait environ la moitié de l'océan à son niveau le plus bas.

« La poursuite des changements observés de la glace de mer augmentera la quantité de lumière qui pénètre dans l'océan Arctique, ce qui accélère la fonte de la glace de mer et perturbe les écosystèmes de la glace de mer et de la couche supérieure de l'océan », selon un rapport publié dans la revue Geophysical Research Letters.

Certains spécialistes du climat estiment que des boucles de rétroaction pourraient aisément se développer étant donné que la hausse de la température des océans fait fondre la glace de manière exponentielle et réduit le pouvoir réflecteur de la chaleur solaire dans l'espace. La planète se réchauffe ainsi de plus en plus.

Ce processus pourrait éventuellement entraîner la fonte des couches de glace continentales cruciales du Groenland. Il pourrait donc augmenter le niveau des océans et libérer des hydrates de méthane gelés en dessous de la surface du pergélisol de l'Arctique et au fond de la mer.

La couche de glace du Groenland fond déjà trois fois plus vite aujourd'hui qu'au cours des années 1990.

Augmentation rapide du niveau de la mer

Le quatrième rapport de synthèse du GIEC publié en 2007 a averti que « la perte partielle de glace dans les régions polaires et/ou la hausse de la température de l'eau de mer sur une très longue échelle de temps pourrait engendrer une augmentation de plusieurs mètres du niveau de la mer, des modifications majeures du littoral et l'inondation des régions dans les basses terres. Les deltas des fleuves et les îles à basse altitude seront les plus gravement touchés. »

Ce rapport n'exclut pas particulièrement une élévation rapide du niveau de la mer d'ici un siècle en raison d'une augmentation des températures de 1,9 à 4,6 °C, ce qui reste dans le domaine du possible.

Les scientifiques de l'Alfred Wegener Institute s'évertuent à souligner que le dégel de l'Arctique qu'ils ont observé n'augmentera pas directement le niveau des mers, étant donné que la transformation de la glace en eau n’influence ni sa masse ni son volume.

Ils ont toutefois averti que ce processus pourrait contribuer à l'accélération du réchauffement de la planète qui entraîne la fonte des glaciers continentaux et provoque des eaux de ruissellement qui augmentent la taille des océans du monde.

« Plus la superficie est couverte de glace perdue, plus l'énergie sera absorbée dans les océans et plus nous contribuerons au processus de rétroaction qui entraînera un réchauffement et une fonte rapide », a déclaré M. Nicolaus.

La communauté internationale mène actuellement des négociations pour conclure un accord qui devrait succéder au protocole de Kyoto qui arrive à terme en 2012.

Le consensus scientifique selon lequel les hommes sont responsables du réchauffement climatique est à présent confirmé à plus de 90 %, selon un rapport de 2007 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), un organisme scientifique financé par l'ONU.

De grandes incertitudes planent toutefois sur la portée d’une augmentation de la température à l'avenir et sur ses conséquences sur l'écosystème complexe de la Terre.

  • Oct. 2014 : le 5e rapport d'évaluation du GIEC devrait être publié
  • Inter-governmental Panel on Climate Change: IPCC

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