Comment rendre les TIC plus écologiques ?

Les investissements dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) devraient doubler d’ici 2020 dans l’Union européenne pour répondre à la demande croissante des consommateurs friands de services en ligne. Ce phénomène devrait cependant avoir des répercussions sur l’environnement en termes de consommation d’électricité et d’émissions de dioxyde de carbone. La Commission européenne s’interroge à présent ouvertement sur la nécessité de réglementer ce secteur.

Contexte

 

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) deviennent un élément incontournable de la vie courante. Les entreprises et les consommateurs exigent en effet des informations et des systèmes en ligne toujours plus rapides.

Un nouveau problème est donc apparu : la durabilité des TIC. Les émissions de ce secteur sont désormais comparables à celles du secteur de l'aviation, réglementées à l'échelle européenne. 

Si aucune action n'est prise, les émissions de dioxyde de carbone du secteur des TIC devraient passer de 530 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2002 à 1,43 milliard en 2020, selon un rapport de la Global e-sustainability Initiative(GeSI), un consortium de sociétés de pointe dans le secteur des TIC.

Le rapport souligne également que les sociétés de TIC pourraient permettre d'économiser de l'énergie dans d'autres secteurs tels que les transports, l'industrie et le bâtiment en réduisant les émissions de carbone de 15 % d'ici 2020. La Commission européenne a reconnu ce point et prévoit d'accroître la recherche sur les TIC de 46 % dans le cadre d'Horizon 2020, le programme de recherche européen sur sept ans.

Les sociétés de TIC ont également pris des mesures volontaires pour réduire leur empreinte carbonique et leurs factures énergétiques. 

Les décideurs politiques se demandent à présent si les actions volontaires sont suffisantes ou si une législation spécifique devrait être adoptée pour ce secteur.

Problèmes


 

Les mesures volontaires ne sont peut-être pas suffisantes

Jusqu'à présent, les sociétés de TIC ont volontairement développé des initiatives pour réduire leur empreinte carbonique tout en participant à des programmes de responsabilité sociale de l'entreprise, indique l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Les grandes sociétés de TIC se sont volontairement engagées à réduire leurs émissions de CO2. Les objectifs de réduction atteignent 80 % pour BT, 50 % pour Vodafone et 49 % pour Nokia Siemens.

« Mais personne ne sait comment ils calculent leur consommation d'énergie », a déclaré à EURACTIV un expert du secteur qui a préféré rester anonyme.

La Commission européenne a d'abord encouragé le secteur des TIC à fixer des objectifs pour réduire ses émissions de carbone. En 2009, elle a publié une recommandation relative à la mobilisation du secteur pour faciliter la transition vers une économie faible en carbone. Dans ce document, elle demandait au secteur des TIC de fixer des objectifs d'efficacité avant 2011 dans le but de réduire sa consommation d'énergie de plus de 20 % à l’horizon 2015. Leurs progrès en la matière devaient être évalués tous les ans.

Elle se demande maintenant si ces mesures sont suffisantes. « Laissons-nous le secteur s’autoréguler ou la Commission le fera-t-elle ? » se demande Colette Maloney, chef de l'unité TIC pour une croissance durable à la Commission européenne.

En 2013, la Commission prévoit de créer un groupe de travail qui analysera la nécessité de réglementer tout le secteur des TIC pour ses performances environnementales.

La sonnette d'alarme a retenti pour les géants du secteur. Même s’ils sont généralement en faveur d’un cadre de réglementation européen et de la définition d’objectifs, ils affirment que « des mesures trop normatives pour atteindre cet objectif » pourraient porter atteinte à la compétitivité de l'Europe face à l'Asie ou aux États-Unis.

Les décideurs politiques affirment qu'ils connaissent les enjeux, mais semblent croire qu'un cadre de réglementation est nécessaire. « Il pourrait s’agir d’une réglementation légère ou moins légère. Des négociations sont en cours pour trouver le bon équilibre », a déclaré Philip Lowe, le directeur général de la DG Energie à la Commission européenne.

Certifications et programmes d'audit

L'empreinte carbonique du secteur des TIC est surveillée depuis quelque temps.

Une des premières initiatives de la Commission a été le lancement d'un système de certification européen, le système communautaire de management environnemental et d'audit (EMAS). En place depuis 2001, il a déjà été révisé deux fois.

La participation à ce système est volontaire, mais plusieurs sociétés se sont inscrites pour recevoir une écocertification délivrée par l'organe de révision de la Commission européenne.

L'EMAS est utilisé comme un outil de gestion pour que les sociétés et d'autres organisations puissent évaluer, améliorer et établir des rapports sur leurs performances environnementales. Il s’agit de l'un des outils d'écoaudit les plus utilisés par le secteur des TIC. Le nombre de sites qui participent au EMAS depuis 2004 a doublé, passant de 3 901 à 8 174 en 2012. Le nombre de sociétés qui utilisent des programmes d'audit est également en hausse, même si cette augmentation n'est pas aussi marquée, passant de 3 055 en 2004 à 4 581 en 2012.

Si l'évaluation est positive, les sociétés peuvent montrer fièrement leur certification à leur clientèle par le biais de campagnes marketing ou de la publicité. 

Etre en tête du classement des indicateurs d'efficacité énergétique permet également aux sociétés de se positionner comme leader dans le secteur et donc de gagner le respect des clients. 

« Nous gérons notre entreprise de manière durable. Nous avons décidé de ne pas nous contenter de réaliser un autre projet ou programme, mais plutôt de lancer une nouvelle stratégie de développement durable que nous intégrons pleinement à notre stratégie commerciale. C'est une façon de s'améliorer et de se faire respecter par le client », a affirmé Matthias Göttler, vice-président de la division des TIC vertes du fabricant mondial de logiciels SAP.

En 2010, SAP a été classée à la première place selon l'indice Dow Jones de la durabilité, et ce pour la quatrième année consécutive.

« Quand nous approchons nos clients, ils savent que nous pouvons réellement les aider. Montrer l'exemple est l'élément clé pour aider la société ou les entreprises », a ajouté M. Göttler.

Faciliter les réductions d'émissions

Les TIC pourraient également contribuer à la transition vers une économie faible en carbone.

L'utilisation généralisée de services et d'applications intelligents pourrait réduire les émissions mondiales de CO2 d'au moins 15 % d'ici 2020, selon les estimations de la société de conseil McKinsey.

« Les TIC sont le catalyseur d'une société sans carbone », a indiqué Stephen Gomersall, le directeur et le président du groupe Hitachi Europe, lors d'une conférence sur l'énergie intelligente et les TIC durables. « Le composant TIC est au coeur de ce type de solutions », a-t-il ajouté.

Voici quelques exemples de solutions faibles en carbone possibles grâce aux TICS :

  • des dispositifs de commutation, des détecteurs, des pompes à chaleur, des serveurs de données, des compteurs intelligents et des systèmes de gestion ferroviaire (dont l'effet est double puisqu'ils permettent également de passer de la voiture au train) ;
  • une gestion flexible et des systèmes de contrôle des réseaux intelligents, dont dépendent de nombreuses technologies intelligentes aujourd'hui ;
  • des solutions visant à économiser l'énergie dans les procédés de fabrication, le domaine le plus énergivore qui représente environ 30 % de la consommation d'énergie primaire en Europe.

Dans une étude publiée en 2009, ICT and Energy Efficiency - The Case for Manufacturing, la Commission européenne a dressé une liste de recommandations qui visent à développer des activités de TIC pour 2009-2015 et un résumé des besoins en matière de recherches et développement sur les TIC dans le domaine la fabrication pour la période 2015-2020. Ce rapport précise que l'on peut s'attendre à des économies d'au moins 65 % dans les processus industriels.

« Les mesures proposées devraient permettre au secteur de la fabrication de passer du paradigme économique dominant « gain maximal avec investissement de capital minimal » au paradigme plus durable « valeur ajoutée maximale avec des ressources minimales » », peut-on lire dans l'étude.

Les TIC jouent également un rôle décisif en permettant aux villes d'utiliser l'énergie de manière plus intelligente. Cela peut se faire par le biais de bâtiments, de moyens de transport, d'éclairages publics, entre autres, plus économes en énergie. Mais le défi sera d'intégrer les TIC au réseau électrique. Pour le moment, cette intégration demeure insuffisante et les infrastructures du réseau énergétique datent de 50 ans.

Les zones urbaines consomment 70 % de l'énergie de l'UE alors qu'environ 1 % du PIB total de l'Union couvre les coûts de congestion.

Afin d'encourager l'innovation, la Commission propose de cofinancer des projets de villes intelligentes. La Commission européenne a en effet annoncé le 10 juillet 2012 un nouveau programme de partenariat en matière d'innovation d'une valeur de 365 millions d'euros par an. Ce programme vise à favoriser le développement de technologies intelligentes dans les villes. Pour 2013, 365 millions d'euros ont été alloués au développement des technologies urbaines.

Le partenariat européen pour l'innovation (EIP) permettra aux entreprises privées et à l'exécutif européen de combiner leurs recherches sur l'énergie, les transports et les TIC afin de développer un nombre limité de projets approuvés.

Les projets sélectionnés comprennent des bus urbains électriques qui utilisent la technologie numérique, la technologie satellite visant à améliorer le trafic routier, une application smartphone pour réserver des véhicules de location fonctionnant avec des carburants non traditionnels et des points de recharge rapides pour les voitures électriques.

Écoconception

Bien que les TIC contribuent aux économies d'énergie, les produits électriques de consommation attirent l'attention des décideurs politiques depuis longtemps.

La directive sur l'écoconception, adoptée en 2005, définit des règles de conception pour que des produits tels que les ordinateurs, les sèche-cheveux, les réfrigérateurs ou l'équipement de bureau soient plus écologiques.  

Les serveurs informatiques, l'équipement de stockage de données ainsi que quatre autres groupes de produits sont récemment passés en tête de liste des priorités de la directive sur l'écoconception en raison de leur potentiel d'économie d'énergie important. Selon  la Commission, les économies d'énergie combinées de ces produits pourraient représenter 1157 TWh par an d'ici 2030, soit le double de la consommation d'énergie annuelle de la Suède.

La directive sur l'écoconception est assortie de plusieurs lois et accords :

  • deux accords volontaires sur l'équipement de traitement d'images et les décodeurs numériques complexes, proposés par le secteur et approuvés par la Commission européenne. Ismo Grönroos-Saikkala, chef d'équipe sur l'écoconception à la DG Énergie, a affirmé que ces deux accords permettraient d'économiser quelque 14 kWh d'ici 2020, « ce qui est considérable dans l'ensemble » ;
  • la directive sur l'étiquetage énergétique, qui aide le secteur à mesurer son empreinte environnementale. Cette loi permet au secteur de commercialiser ses produits et fournit aux consommateurs un outil pour comparer l'efficacité énergétique des appareils électriques et électroniques ;
  • le programme volontaire d'efficacité énergétique Energy Star, qui devrait permettre d'économiser 30 kWh d'ici 2020. Le programme Energy Star se concentre sur l'équipement de bureau et les accords volontaires entre les pays et les fabricants ; 
  • l'écolabel accordé aux produits les plus respectueux de l'environnement.

Centres de données

Jusqu'à présent, les normes européennes ont généralement privilégié les produits de consommation ou l'équipement qui peuvent être réglementés par la directive sur l'écoconception.

Mais alors que le cloud compluting gagne en popularité, la consommation d'énergie des centres de données soulève des inquiétudes.

La Commission européenne a annoncé qu'elle lancerait une étude préparatoire vers 2014 pour analyser le genre de mesures nécessaires à la réduction de la consommation d'énergie des centres de données.

« Nous devons collaborer avec les parties prenantes parce que seuls, nous ne pouvons pas faire grand-chose », a souligné M. Grönroos-Saikkala. Si la Commission relève des lacunes qui ne peuvent pas être comblées par des accords volontaires du secteur, alors elle devra intervenir en élaborant des lois avant 2017.

Les géants du secteur du cloud computing comme Microsoft, Google, Facebook et Amazon, pourraient asseoir leur pouvoir en lançant le débat sur l'efficacité des centres de données. Microsoft s'est engagée à passer à la neutralité carbone d'ici juillet 2012 dans ses différents départements. Google encourage à économiser le plus d'énergie possible dans la gestion du courant et du refroidissement des centres de stockage des serveurs.

Un investissement de 19 000 euros dans des conceptions qui permettent d'économiser de l'énergie peut générer un retour sur investissement de 50 000 euros par an, selon Google. Mais refroidir les centres de données n'est pas la priorité de ces sociétés. Selon elles, les méthodes de conversion de puissance à bon rendement énergétique représentent le meilleur moyen d'économiser de l'énergie.

Efficacité énergétique des bâtiments

Les sociétés de TIC aiment également prouver qu'elles respectent l'environnement en rendant leurs bâtiments plus écologiques.

Les technologies de l'information jouent le rôle pivot dans l'amélioration de l'efficacité des bâtiments. Par exemple, les TIC constituent l'élément principal des systèmes de compteurs intelligents dans l'amélioration de l'efficacité des pompes à chaleur et des moteurs. Les capteurs sans fil, qui s'appuient également sur les TIC, peuvent réduire considérablement la consommation d'électricité en contrôlant les dispositifs lumineux de manière automatique. Ils peuvent également être utilisés pour optimiser la ventilation électrique et la climatisation. 

Les bâtiments les plus modernes peuvent même produire de l'énergie. « Actuellement, les solutions de connectivité et de transformation rendues possibles par les TIC peuvent permettre aux bâtiments de produire de l'énergie renouvelable et d'éliminer leur besoin en produits et activités physiques », a déclaré Luís Nevers, président de Global e-Sustainability Initiative.

Conscientisation du consommateur

La route est cependant encore longue pour encourager les consommateurs à adopter ces technologies. Une étude commandée par le ministère de l'énergie et du changement climatique du Royaume Uni a récemment révélé que plus de la moitié de la population ignorait l'existence des compteurs intelligents.

Plus de 51 % des 2 396 consommateurs interrogés par l'équipe de recherche d’Ipsos Mori en Grande-Bretagne ont affirmé ne jamais avoir entendu parler des compteurs intelligents. Seul un consommateur sur quatre disposait de quelques informations à ce sujet, 24 % des répondants en avaient déjà entendu parler, mais ne savaient pas de quoi il s'agissait et seuls 2 % ont répondu en savoir suffisamment. 

La publication de cette étude coïncide avec le lancement de projets visant à déployer les compteurs intelligents dans les 30 millions de foyers britanniques de 2014 à 2019.

Réactions

 

 

 

 

Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de la stratégie numérique, estime qu'une meilleure synergie entre le secteur des télécommunications et les autres secteurs de l'économie, tels que la gestion des infrastructures pour l'énergie et l'eau, par exemple, est nécessaire.

« Si nous améliorons l'accès, la réutilisation et le partage des actifs, les coûts des réseaux à haut débit et à très grande vitesse seront réduits. Sans ces réseaux, nous n'aurions pas pu élaborer les réseaux intelligents et les villes intelligentes », a déclaré Mme Kroes. Elle a qualifié ces synergies d'« irréversibles », mais elle a indiqué que ceux qui en prendraient conscience et anticiperaient sur l’avenir seraient les « gagnants de demain ». « Stagner n'est pas une option et nous devrions retirer ce mot de notre vocabulaire », a-t-elle ajouté.

Philip Lowe, directeur général de la DG Energie à la Commission européenne, a souligné les synergies éventuelles entre le secteur des TIC et celui de l'énergie, citant en exemple les compteurs intelligents.

« L'information est l'un des principes fondamentaux de tout marché viable. Des informations adéquates sont essentielles pour que les producteurs et les consommateurs puissent faire leur choix. C'est ainsi que la synergie de base fonctionnera entre le secteur des TIC et celui de l'énergie », a indiqué M. Lowe. « Si nous voulons atteindre l'objectif d'une économie faible en carbone, nous devons réduire notre consommation d’énergie de 30 à 40 % », a-t-il ajouté.

« Les TIC vertes ont gagné en importance dans les entreprises, mais le secteur doit collaborer davantage et c'est le défi principal », a constaté Colette Maloney, chef de l'unité TIC pour une croissance durable à la Commission européenne. « Plusieurs entreprises ont été des pionnières en réalisant des études utilisées par le secteur, mais nous aurons toujours besoin d'une réglementation pour toute la société [...] Nous avons parlé des réseaux intelligents et des villes intelligentes, mais comment les rendre durables ? », a-t-elle ajouté. « C'est le défi auquel nous sommes confrontés aujourd'hui. »

A propos des mesures volontaires que les sociétés d'information et de télécommunication prennent aujourd'hui pour réduire leur empreinte carbonique, John Higgins, du consortium des entreprises du secteur des TIC, Digital Europe, a déclaré : « Notre secteur se soucie réellement de son impact sur l'environnement. Les gens n'achète pas que des produits, ils achètent de plus en plus de services. Le devoir du secteur est de les aider à faire un choix « efficace ». »

« Afin de « stopper » la croissance, les fabricants ont besoin d'idées innovantes », a indiqué Jean-Philippe Vanot du groupe Orange, faisant allusion à l'intention de la Commission de réglementer le secteur des TIC. Il a ajouté : « Ne consommer que l'énergie dont nous avons besoin est difficile vu le niveau nécessaire. Nous devons innover. »

Stephen Gomersall, directeur et président du groupe Hitachi Europe, a indiqué que l'innovation dans le secteur des TIC serait cruciale si l'Europe voulait maintenir sa compétitivité sur le marché mondial. « Les TIC sont le catalyseur du passage à une économie faible en carbone », a-t-il ajouté. « Investir en Europe est dans l'intérêt des sociétés internationales parce que l'Europe fixe des normes. Le succès sur le marché européen renforcera notre position sur le marché mondial », a-t-il précisé.

M. Gemorsall a toutefois prévenu qu'une réglementation excessive rendrait l'Europe moins concurrentielle sur le marché mondial, dans la mesure où l'Asie et les États-Unis ne cessent d’innover. « Il est préférable de ne pas imposer une législation européenne, mais plutôt d'encourager la compétitivité naturelle », a indiqué M. Gomersall. « Mais l'Europe ne doit pas se considérer comme une île », a-t-il ajouté. « L'Asie connaît des expériences et des investissements de grande envergure et la compétitivité des sociétés européennes sur ces marchés est tout aussi essentielle ».

Mickael Bäck, de la société de télécommunication Ericsson a souligné que c’était la concurrence, et non la réglementation, qui avait favorisé le développement des solutions d'efficacité énergétique. « L'efficacité énergétique va de pair avec les services demandés par nos clients », a indiqué M. Bäck.

Ce point de vue n'est toutefois pas partagé par les ONG. Edouard Toulouse, de l'Organisation européenne environnementale citoyenne de normalisation a précisé que seule une réglementation provoquerait des changements considérables dans le secteur. « S'ils savent qu'ils seront réglementés, la pression sur le secteur pour qu'il soit plus soucieux de l'environnement sera plus grande » a-t-il déclaré.

Kirsty Macdonald, responsable senior de la politique énergétique d'Intel Corporation, a indiqué que des efforts considérables avaient déjà été consentis pour améliorer l'efficacité des centres de données. « Nous avons fait de grands progrès dans l'amélioration de l'efficacité énergétique des centres de données grâce au code de conduite de l'UE pour les centres de données, au Green Grid et à une concurrence vigoureuse sur le marché. Le plan de travail de la Commission reconnaît cela », a-t-elle affirmé.

Le BEUC, le bureau européen des unions des consommateurs, critique quant à lui les retards dans la réglementation des nouveaux produits en vertu de la directive sur l'écoconception. « Le cas des ordinateurs illustre bien la difficulté de l'écoconception face aux produits liés aux TIC. Alors qu'ils étaient déjà inscrits sur la liste transitoire des produits en 2005, les entreprises ont réussi à empêcher l'adoption de critères obligatoires. Les accords volontaires sur l'équipement de traitement d'images et les décodeurs TV conclus par le secteur des TIC en vertu de l'article 8 de la directive sur l'écoconception  n'étaient rien de plus qu'une série de retards et une liste de dérogations décevantes. »

Selon une étude sur l'efficacité de la directive relative à l’écoconception menée par l'organisme britannique Centre for Strategy and Evaluation Services (CSES), « les ressources insuffisantes de la Commission pour la mise en oeuvre des procédures représentent clairement une cause majeure de retard et une forte contrainte pour l'écoconception. En comparaison, les effectifs du personnel aux États-Unis sont près de dix fois plus élevés que le nombre de responsables de secteur à la Commission. Même la Chine dispose d'environ 70 personnes et de plus de 40 règles sur les produits. Les niveaux de ressources alloués aux études requises présentent également ce type de disparité. »

Prochaines étapes

 

  • Avril 2006 : adoption de la directive relative à l'efficacité énergétique dans les utilisations finales et aux services énergétiques. Les États membres ont fait part de leur intention d'utiliser le potentiel des TIC en matière d'économie d'énergie dans leurs plans d'action pour l'efficacité énergétique.
  • Mars 2007 : les États membres s'engagent à réduire de 20 % la consommation d'énergie dans l'UE d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005.
  • 13 avril 2008 : communication de la Commission européenne « Relever le défi de l’efficacité énergétique grâce aux technologies de l’information et de la communication ».
  • 9 octobre 2009 : recommandation de la Commission européenne sur la « mobilisation des technologies de l'information et des communications (TIC) visant à faciliter le passage à une économie à haut rendement énergétique et à faible taux d'émission de carbone ».
  • 26 août 2010 : communication de la Commission européenne « Une stratégie numérique pour l'Europe ».
  • Février 2012 : Les serveurs informatiques, ainsi que les équipements de stockage de données et quatre autres groupes de produits sont inclus dans le second plan de travail de la directive sur l'écoconception. Ces produits étaient déjà sur la « liste prioritaire » de la Commission européenne.
  • 2014 : la Commission devrait lancer des études préparatoires pour réglementer l'empreinte environnementale et l'efficacité énergétique des centres de données.
  • D'ici 2015 : le secteur des TIC devrait réduire sa consommation d'énergie de plus de 20 %.

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