Un accord à 19 contre un sur le climat?

epaselect epa06072115 German Chancellor Angela Merkel (R) officially welcomes US President Donald J. Trump (L) to the opening day of the G20 summit in Hamburg, Germany, 07 July 2017. The G20 Summit (or G-20 or Group of Twenty) is an international forum for governments from 20 major economies. The summit is taking place in Hamburg 07 to 08 July 2017. EPA/CLEMENS BILAN [Clemens Bilan/ EPA]

Angela Merkel espère convaincre tous les pays du G20 – sauf les États-Unis – de signer une déclaration forte en faveur de l’accord de Paris, mais certains membres, comme l’Arabie saoudite, pourraient résister.

Berlin espérait obtenir un soutien quasi unanime pour la lutte contre le changement climatique lors du sommet du G20. Un objectif qui s’avère ambitieux, puisque les pays producteurs de pétrole semblent rejeter certains passages de la proposition de déclaration.

La déclaration sur le changement climatique est l’un des sujets les plus houleux du sommet. Les discussions ont commencé dans l’après-midi du 7 juillet et devraient se poursuivre jusqu’à la fin de la rencontre, le 8 juillet.

Ce G20 est le premier sommet important rassemblant des dirigeants du monde depuis que Donald Trump a annoncé son intention de revenir sur la signature de l’accord de Paris. Reste à présent à savoir si tous les autres pays présents se laisseront convaincre de signer le document.

Un G20 tendu pour relancer la coopération internationale

Les 20 premières puissances mondiales vont évoquer le commerce et la lutte contre le changement climatique, dans un contexte relations de plus en plus tendues.

Le soutien à la lutte contre le réchauffement climatique devrait être constitué de deux documents : un « plan d’action du G20 pour sur le climat et l’énergie pour la croissance », que les États-Unis ne signeront très probablement pas, et le communiqué final de la rencontre, qui comportera une clause de désaccord dans laquelle Washington précisera ses intentions.

Comme Les États-Unis ne participent pas à la négociation d’un texte qu’ils ne signeront pas, le gouvernement américain tente, selon des sources européennes, de convaincre d’autres pays d’affaiblir le traité. Washington aurait trouvé un partenaire : l’Arabie saoudite, qui, en tant que grand producteur de pétrole, a ses propres raisons de s’opposer à la déclaration.

Donald Trump a récemment négocié une vente d’armes massive, de 500 millions de dollars, au royaume saoudien, malgré l’opposition d’une partie du Sénat. L’Arabie saoudite est en outre désireuse de garder les États-Unis comme alliés dans sa guerre diplomatique contre le Qatar.

Lutz Weischer, de l’ONG Germanwatch, indique en effet qu’un accord existe quant à la déclaration depuis le mois de mai, or les choses beaucoup se sont depuis, dont la visite de Donald Trump en Arabie saoudite, et il n’est pas sûr que le consensus tienne toujours. « Il y a de bonnes chances que la déclaration soit signée par 19 pays, mais ce n’est pas garanti », ajoute-t-il.

La Russie, la Turquie et l’Indonésie pourraient également avancer des arguments contre la déclaration dans les heures à venir.

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Grandes lignes

La dernière version du communiqué final du G20 inclut un long passage sur le climat et l’énergie, qui soutient l’accord de Paris. Il prévoit notamment des actions futures plus ambitieuses et mentionne les obligations des pays qui se sont engagés.

Le brouillon prend également note de la décision des États-Unis de se retirer de l’accord climatique. Contrairement à ce qui s’est passé lors de la rencontre du G7 en Italie le mois dernier, ce passage est directement inclus dans le corps du texte, et non dans une note de bas de page.

Le texte laisse également la porte ouverte à l’adoption par les États-Unis d’éventuelles mesures de réduction des émissions.

Les renouvelables de plus en plus compétitives

D’ici 2030, les énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, seront les sources d’énergie les moins chères dans les pays du G20, estime une nouvelle étude. Un élément qui plaide pour ne pas renégocier l’accord de Paris.

Stratégie d’avenir

Les manœuvres de Hambourg pourraient donner des indications sur la stratégie climatique qu’adopteront les États-Unis à l’avenir. En quittant l’accord de Paris, Washington perd se place à la table des négociations du cadre d’application de l’accord, mais pourrait l’influencer via d’autres pays, comme l’Arabie saoudite. Un système qui devrait également se répéter au prochain sommet sur le climat, qui aura lieu à Bonn, en novembre.

Les formules de la dernière version du communiqué sont cependant plus conciliantes que prévu de la part de l’administration Trump, qui n’exclut pas un nouveau revirement de situation. Le processus de retrait de l’accord prendra plusieurs années et ne sera sans doute pas fini d’ici la fin du mandat de Donald Trump.

Bas Eickhout, eurodéputé néerlandais, qui suit les discussions de près, estime que les États-Unis réagissent peut-être ainsi à un isolement croissant. Aucun autre pays n’a en effet joint sa voix aux demandes américaines de renégociation de l’accord.

« Il est extrêmement important que le G19 arrive à se mettre d’accord sur une déclaration commune. Cela montrerait clairement que Washington est isolée sur la question de l’accord climatique », ajoute l’eurodéputé. « C’est un message important avant le sommet de Bonn, où l’application de l’accord de Paris doit être négociée. »

 

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