2017, nouvelle année noire pour le climat

L'Europe a connu en 2017 sa cinquième année la plus chaude depuis 1851. [NASA on The Commons / Flickr]

Le réchauffement climatique ne connaît pas de répit: après le record de 2016, 2017 aura été une année très au-dessus de la moyenne historique, révèle un rapport. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement.

L’année 2017 est-elle la deuxième ou la troisième année la plus chaude jamais enregistrée à ce jour? Selon le rapport annuel «State of the Climate» publié mercredi 1er août par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), la température moyenne mondiale de 2017 est supérieure de 0,38°C ou de 0,48°C à la moyenne de la période de référence (1981-2010). Ce qui la classe soit devant, soit derrière 2015.

Année la plus chaude sans El Niño

Mais au fond, la question est sans importance: quelle que soit sa place sur le podium, 2017 est l’année la plus chaude sans épisode El Niño. Ce qui n’était pas le cas de 2015 et 2016, deux années au cours desquelles ce phénomène, qui prend naissance dans l’océan Pacifique et entraîne un radoucissement mondial, a joué à plein.

Le réchauffement mondial ne marque donc pas le pas, loin de là, si l’on en croit le rapport annuel «State of the Climate 2017», fruit de la collaboration de plus de 450 climatologues issus d’une soixantaine de pays. Hasard du calendrier, il a été publié le 1eraoût, jour du dépassement 2018, au-delà duquel l’homme vit désormais à crédit des ressources renouvelables planétaires.

La mer continue de monter

Idem pour la température de surface des océans, de 0,34°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, contre +0,4°C en 2016. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la hausse du niveau marin, continue depuis six années consécutives, et qui atteint désormais +7,7 centimètres par rapport à 1993.

En termes de précipitations, l’année 2017 constitue la quatrième la plus sèche des sept dernières décennies, après 1984, 1985 et 2016. À l’inverse, ces anomalies thermiques ont donné lieu à d’importants cyclones, aussi bien en Australie et Nouvelle-Zélande (cyclone Debbie en mars-avril 2017) ou à l’est de l’Atlantique, comme l’ouragan Harvey aux États-Unis (fin août 2017).

La banquise arctique à son minimum

C’est dans les régions polaires que le réchauffement est le plus rapide, avec pour l’Arctique une température en hausse de 1,6°C par rapport à 1981-2010. Résultat: la surface de la banquise arctique, à son maximum, n’a jamais été aussi faible, de 8% inférieure à la période de référence. À son minimum estival, elle était même réduite de 25% par rapport aux données historiques.

La situation est à peine plus riante en Europe, qui a connu en 2017 sa cinquième année la plus chaude depuis 1851 (+1,3°C par rapport à la moyenne 1961-1990). Elle a même été particulièrement critique dans le sud du continent: l’Italie et les Balkans ont connu un été à +5°C par rapport à la moyenne saisonnière, et des précipitations réduites à 20% de la normale. Même sécheresse dans la péninsule ibérique, où le Portugal a enregistré, en septembre, des pluies réduites à 5% de leur moyenne 1971-2000.

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