Les métropoles turques s’engagent pour le climat, contrairement au gouvernement

IMG_0876 [Foto: Ege Tok]

Dans le cadre de la COP25, 24 villes et communes turques se sont engagées le 9 décembre à respecter l’Accord de Paris sur le climat. Jusqu’à présent, la Turquie est le seul pays du G20 à ne pas l’avoir ratifié.

Trois des cinq villes les plus peuplées de Turquie ont signé la déclaration appelant au respect de l’Accord de Paris sur le climat. Ensemble, elles comptent un quart de la population turque. Parallèlement à Ankara, d’autres métropoles sont également signataires, comme Izmir et Bursa, ainsi que de nombreux districts indépendants d’Istanbul.

C’est la première fois que des autorités régionales turques s’expriment en faveur de l’accord universel sur le climat. Leur signature signifie qu’elles s’engagent à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre et qu’elles adapteront le secteur des transports, de la construction, de l’énergie et de l’agriculture pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C.

À l’heure actuelle, la Turquie est le seul membre du G20 qui n’a pas encore ratifié l’Accord de Paris sur le climat. Selon la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le pays n’a pas soumis de programme climatique national et celui qu’il suit actuellement arrive à terme en 2023.

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Le sort des négociations climatiques repose largement sur les épaules des Européens. La société civile, certaines entreprises ou les investisseurs en demandent plus.

Il y a 2 ans, lors du G20 à Hambourg, la Turquie soutenait l’accord. Mais, seulement deux heures après avoir signé la déclaration finale, le Président Recep Tayyip Erdoğan avait fait volte-face, rappelant qu’en 2015, le Président français de l’époque, François Hollande, lui avait promis que la Turquie ne ferait pas partie de la liste des pays industrialisés, dressée dans le but de mettre en œuvre l’accord. « Tant que cette promesse n’est pas respectée, nous ne ratifierons pas l’accord ».

D’après le rapport « Brown to Green », une analyse du bilan climatique du G20, la Turquie, comme la plupart des autres États membres, se trouve bien loin du chemin qu’elle devrait suivre pour atteindre les objectifs climatiques figurant dans l’accord. En effet, 38 % de l’énergie du pays proviennent encore de centrales à charbon.

En mai 2019, le ministère de l’Énergie a même annoncé qu’il inscrirait environ 500 mines à charbon dans des appels d’offres destinés aux investisseurs. Par ailleurs, le secteur des transports est également à la traîne : de 2013 à 2018, le taux d’émissions de gaz à effet par habitant a augmenté de 38 %.

Selon un sondage réalisé par la plateforme Iklim Haber, en collaboration avec la société de consultance Konda Research, la position des citoyens turcs sur la question climatique est ambigüe. En effet, l’enquête révèle que 38 % ne se soucient pas du réchauffement climatique ou y sont indifférents. Parallèlement, 55 % arguent que le gouvernement devrait s’engager davantage dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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