À la COP24, la crise des gilets jaunes fragilise la position française

COP24

En pleine crise des gilets jaunes, les critiques des chefs d’État comme Trump, Salvini ou Erdogan alimentent la défiance contre l’action climatique, notamment celle de la France.

Le mouvement des gilets jaunes fragilise-t-il l’influence internationale de la France ? Alors que la COP24 bat son plein, en Pologne, les négociateurs français veulent croire qu’il n’en est rien.

« La négociation est menée par l’Union européenne, mais les représentants français sont présents dans tous les groupes techniques, et ils sont très écoutés », assure Brigitte Collet, l’ambassadrice française sur les questions climatiques, à Katowice.

La question se pose néanmoins, puisque le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est fendu d’une réponse aux tweets de Donald Trump le 9 décembre l’incitant à ne pas se mêler de politique intérieure française, comme la France ne se mêle pas de politique intérieure américaine. Il a aussi précisé qu’à « sa connaissance, aucun manifestant n’avait parlé anglais », alors que Donald Trump assurait que les manifestants parisiens scandaient « We love Trump ».

Macron- bashing à la COP 

En plus des tweets rageurs du président américain, le président français a essuyé des attaques en Europe, notamment de la part de Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien. « Macron n’est pas un problème pour moi, c’est un problème pour le peuple français » a-t-il assuré. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a de son côté déclaré « Nous sommes tous des Gilets jaunes » à la télévision tout en déconseillant aux néerlandais d’aller à Paris le 8 décembre. Le président truc, Recep Tayyip Erdoğan, a aussi accusé la police française de « violence disproportionnée » lors de la répression des manifestations du 8 décembre. La France reproche régulièrement à la Turquie son manque de respect aux droits de l’homme.

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« Il y a des liens évidents entre la sécurité climatique et la paix, il faut que les États trouvent des solutions. Les gilets jaunes, c’est une leçon pour souligner combien ces liens sont fondamentaux », assure Jennifer Morgan, directrice internationale de Greenpeace.

La politique intérieure est d’ordinaire un tabou entre diplomates et chefs d’État, du moins officiellement. Mais à la COP, difficile d’éviter les railleries sur le sujet. « Vous venez ici pour vous mettre à l’abri ? » demandent les officiers de sécurité à l’accueil aux Français.

Côté gouvernement, pas question de faire marche arrière sur la position climatique. « Cet épisode de contestation fait tout sauf abaisser l’ambition écologique de la France » assure la secrétaire d’État à la transition écologique Brune Poirson, qui maintient que pour les gilets jaunes, « la transition écologique c’est 1 % des revendications ».

Dans le discours, le gouvernement veut continuer à envoyer un signal prix et influencer les comportements pour modérer les émissions de carbone. Mais dans les faits, la crise des gilets jaunes alimente à la fois les climatoseptiques et les détracteurs des taxes sur le carbone, comme au Canada, où Justin Trudeau qui a mis en place une taxe de 7 dollars sur le carbone à partir de 2019 fait face à des critiques acerbes.

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