A Madrid, le décalage entre la société civile et les négociateurs cristallise l’attention

Une manifestation à la COP25 le 11 décembre EPA-EFE/JUAN CARLOS HIDALGO

Alors que la société civile pousse pour plus d’ambition, la lenteur des négociations exaspère les activistes.

Avec plus de 20.000 personnes rassemblées à Madrid, la COP25 est d’ores et déjà un succès en terme de mobilisation et d’organisation. Mais la communauté des « observateurs », dans laquelle se rangent pêle-mêle ONG, activistes, entreprises et autres think-tank a été choquée par l’attitude des services de sécurité, qui ont bloqué momentanément leur accès mercredi 11 décembre, et expulsé 300 d’entre eux de la COP, après une manifestation de jeunes un peu bruyante.

Les services onusiens se sont ensuite expliqués, et tout est rentré dans l’ordre. Mais l’épisode souligne la frustration de la société civile, venue en masse pour soutenir les négociateurs, qui se sent exclue.

Les lieux de rencontre sont pourtant nettement plus nombreux qu’auparavant, et les jeunes, les représentants des minorités, ont été à plusieurs reprises invités à parler en session plénière aux côtés des officiels. Mais ces invitations sont néanmoins plus facilement donnée au politicien américain John Kerry, ex secrétaire d’Etat des Etats-Unis qui est intervenu jeudi à Madrid, qu’aux activistes.

« Il y a plus de porosité entre les différents cercles, les engagements des entreprises et des collectivités locales sont régulièrement citées et saluées» souligne Lola Vallejo, experte climat à l’IDDRI. Mais l’ambition n’est pas la priorité pour tout le monde, et compte tenu des règles onusiennes qui réclament l’unanimité, quand l’Arabie Saoudite refuse de mentionner les travaux du GIEC ou les droits de l’homme dans les textes finaux, les pourparlers semblent repartir en arrière.

Le sens de l’urgence est de fait plus palpable chez certaines entreprises présentes à la COP que chez les négociateurs, bien que les plus ambitieux tiennent bon sur leur position, comme l’a rappelé l’eurodéputé Bas Eickhout, chef de la délégation du Parlement européen à la COP.

« Mieux vaut aucun accord qu’un mauvais accord » a assuré l’élu, insistant sur le fait que l’intégrité du traité de Paris ne devait pas être remis en cause par la discussion sur la compensation carbone.

La compensation carbone divise les pays à la COP 25

L’article 6 de l’accord de Paris et son mécanisme de compensation carbone braquent le Brésil, la Chine et l’Arabie Saoudite. Les partisans de l’ambition climatique craignent un affaiblissement  de l’ensemble du traité.

« Il ne faudra pas juger cette COP à l’aune de l’article 6 » prévient toutefois Lola Vallejo, alors que l’avancée lente des négociations sur les termes à utiliser pour la partie du traité évoquant les pertes et préjudices, mais aussi sur l’ambition future, s’ajoutent à la délicate question des crédits carbone.

En attendant, les jeunes ont décidé de mettre un coup de pression pour le dernier jour de la COP. Furieuse du traitement de la société civile à la COP, l’organisation Fridays for future, appellent à une grève internationale le 13 décembre

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