Ambition 4 Climate : de grandes entreprises françaises s’engagent pour le climat

Dans les usines de production, souvent polluantes et gourmandes en énergie, le chantier est immense et chacune des 64 entreprises de l’AFEP participe à l’effort collectif. [branislavpudar/Shutterstock]

L’Association française des entreprises privées (AFEP) a actualisé mercredi (7 juillet) la plateforme Ambition 4 Climate qui réunit les projets de 64 grandes entreprises pour atteindre la neutralité carbone. 

L’Oréal, Engie, Fnac Darty, Icade, Ipsen, General Electric, Sanofi… Ces entreprises ont pour point commun de s’engager en faveur de l’environnement en limitant leurs émissions de gaz à effet de serre à travers divers projets réunis sur la plateforme Ambition 4 Climate lancée en avril dernier. 

Aujourd’hui, en vue de la COP 26 qui se tiendra à Glasgow en novembre prochain, 46 nouveaux projets bas carbone viennent s’ajouter à ceux déjà initiés par des entreprises françaises, portant leur nombre total à 114. « Ces derniers résultent d’une démarche volontaire initiée par les entreprises et impactent de nombreuses chaînes de valeur de l’économie », déclare l’AFEP. 

Pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, les entreprises de l’AFEP mettent en place des projets qui s’articulent autour de 7 plans d’action, dont les plus importants concernent les problématiques liées à l’énergie.

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Décarbonation de la consommation énergétique 

De nombreuses entreprises axent leur politique environnementale sur la décarbonation de leur consommation énergétique via la géoénergie : chauffage et la climatisation des bâtiments, consommation d’énergie solaire ou éolienne, utilisation de véhicules 100% électriques ou encore utilisation de biocarburants pour le fret ferroviaire, autant de moyens mis en oeuvre pour minimiser l’empreinte carbone de ces géants de l’industrie. 

Dans les usines de production, souvent polluantes et gourmandes en énergie, le chantier est immense et chacune des 64 entreprises de l’AFEP participe à l’effort collectif. L’entreprise de cosmétiques L’Oréal a lancé le projet CO2 Zéro en 2015 dans son usine de Settimo en Italie.

Pour réduire sa consommation d’énergie, l’entreprise a décidé de diversifier son mix énergétique : l’usine est chauffée en hiver et climatisée en été par le réseau de chauffage urbain de la ville et l’énergie thermique nécessaire aux processus de production est produite avec du biogaz. Quant à l’alimentation en électricité du site, « les deux tiers des besoins en électricité sont satisfaits par une centrale biomasse, le tiers restant par 14 000 panneaux photovoltaïques sur la toiture de l’usine », détaille L’Oréal. 

Autre exemple, à Montpellier, le laboratoire pharmaceutique Sanofi utilise, depuis 2019, des installations de récupération de chaleur fatale dans le but de réduire la consommation de gaz du site et les émissions de CO2 associées, avec un objectif, à terme, de « zéro émission de CO2 ». 

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Un plan de relance vert 

Le lancement de la plateforme Ambition 4 Climate intervient alors que la Commission européenne a validé le plan de relance français le 23 juin dernier, dont plus de la moitié sera attribuée à la transition écologique. Ces investissements sont répartis entre la rénovation énergétique des bâtiments (5,8 milliards d’euros), le développement de l’hydrogène décarboné (1,9 milliard d’euros), et la revalorisation du réseau ferroviaire français (4,4 milliards d’euros). 

La France s’est montrée ambitieuse en matière de politique climatique en présentant son plan de relance, ses efforts seront donc scrutés de près. Dans sa Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), le pays s’engage à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030 par rapport à 1990 et à atteindre la neutralité carbone en 2050.

Mais la semaine dernière, le Conseil d’État a rendu un arrêt historique dans lequel il dénonce l’inaction du gouvernement français pour respecter l’Accord de Paris. « Le Gouvernement admet que les mesures actuellement en vigueur ne permettent pas d’atteindre l’objectif de diminution de 40 % des émissions de gaz à effet de serre fixé pour 2030 », avaient déclaré les juges. 

Un jugement qui intervient peu après la publication d’un rapport, le 29 juin, dans lequel le Haut Conseil pour le Climat (HCC) épinglait la France, jugeant ses efforts « insuffisants » pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 

D’ici fin 2021, de nouveaux projets devraient rejoindre le mouvement Ambition 4 Climate, en cohérence avec « les objectifs de neutralité carbone climatique fixés à l’horizon 2050 ». Un soutien venu des entreprises qui semble indispensable à la France si elle souhaite tenir ses engagements et réussir sa transition écologique.

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