Les États-Unis montrent leur second visage à la COP23

À la COP23 les Américains se sont fait entendre. [Nicole S glass/Shutterstock]

À la COP23, l’« autre moitié » des États-Unis a présenté ses efforts de lutte contre le changement climatique, malgré la décision de Donald Trump de quitter l’accord de Paris.

Les États-Unis sont le pays le plus polluant après la Chine, et rejette environ 5 414 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone tous les ans. Sous la houlette de Barack Obama, Washington avait promis de réduire ses émissions de 26 à 28 % d’ici 2025 par rapport au niveau de 2005.

Malgré l’attitude de Donald Trump et du gouvernement fédéral, une coalition de personnalités politiques, académiques et issues du monde des affaires estime que cet objectif est encore jouable.

L’initiative, baptisée « America’s Pledge » (« la promesse américaine »), est dirigée par le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, et l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg. Présentée lors de la Conférence de l’ONU sur le climat, à Bonn, en Allemagne, elle a pour but de montrer l’autre visage des États-Unis, celui qui s’active pour limiter le réchauffement climatique.

Un rapport publié par America’s Pledge explique ainsi que 15 États, 455 villes, 325 universités et 1 747 entreprises, qui représentent ensemble 49 % de la population américaine, 54 % de son RNB et plus d’un tiers des émissions nationales de gaz à effet de serre, sont encore bien décidés à se soumettre à l’accord de Paris sur le climat.

Le rapport centralise des études de bonnes pratiques liées au climat au niveau d’un État fédéral, d’une ville ou d’une entreprise.

La Californie, souvent présentée comme pionnière dans la lutte contre le changement climatique, occupe la première place dans ce rapport. « La Californie est l’État américain ayant adopté les objectifs les plus élevés en termes d’émissions de polluant climatiques autres que le CO2 », soulignent ses auteurs. L’État a en effet promis de réduire d’au moins 40 % les émissions de méthane d’ici 2030 et d’au moins 50 % les émissions de noir de carbone d’ici 2030, par rapport au niveau de 2013.

Les villes américaines ont aussi mis en place des objectifs propres. « Fixer un objectif de réduction des émissions est l’une des mesures les plus populaires [pour les villes américaines]. Si toutes les villes n’ont pas adopté officiellement un tel objectif, la majorité (39) des plus grandes villes américaines sont en train de s’y préparer », indique le rapport.

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Au lendemain de la sortie annoncée des États-Unis de l’Accord de Paris, la maire de la capitale française et actuelle présidente du réseau C40 (Cities for climate), réaffirme la puissance et la détermination des villes engagées contre le changement climatique. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Le rôle des régions, villes et entreprises dans l’action climatique est de plus en plus discuté lors des événements de l’ONU. Il est notamment estimé que quand les accords intergouvernementaux n’aboutissent pas, les administrations plus locales peuvent assurer un changement sur le terrain.

Le 12 novembre, 25 villes, dont Londres, Paris, Los Angeles, Mexico, Hong Kong et Séoul, se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Un deuxième rapport est en cours de préparation. Celui-ci devrait déterminer si une coalition de volontaires serait en mesure de faire respecter l’accord de Paris par les États-Unis. Malheureusement, pour que cela soit possible, il faudrait obtenir des engagements des États qui émettent le plus de CO2. Or, ceux-ci ne se sont pas joints à l’initiative.

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