Assurance et climat: hausse des dommages de 50% d’ici à 2050

Flooding

Pour les compagnies d’assurance, la facture française du réchauffement climatique risque d’être élevée, de l’ordre de 50% de dommages en plus d’ici à 2050, selon la Caisse centrale de réassurance (CCR). Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement

C’est un risque dont les sociétés d’assurance prennent de plus en plus conscience: le réchauffement climatique, avec son cortège de catastrophes naturelles, risque de constituer un fardeau croissant pour le secteur. Un poids qu’il s’agit d’évaluer, pour mieux y faire face.

Spécialisée entre autres dans la réassurance des catastrophes naturelles, la société CCR s’intéresse de près au sujet. En partenariat avec Météo France, elle a modélisé l’impact qu’aura le réchauffement sur le ratio sinistres/primes. Pour cela, CCR a recouru à un scénario RCP8.5, parmi les plus pessimistes proposés par le Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat): il prévoit une hausse de température de 4°C d’ici à 2100, de 2°C d’ici à 2050.

Hausse de 1,5% par an

Afin de tenir compte de la variabilité du climat, les experts ont comparé 400 années du type 2050 à 400 années de la situation actuelle. Résultat: la facture devrait grimper de 50% en 2050, soit une hausse d’environ 1,5% par an. Ce qui, dans l’hypothèse (peu probable) dans laquelle les primes d’assurance n’augmenteraient pas, signifierait pour les compagnies une hausse de 50% du ratio sinistres/primes.

Sur ces 50%, 35% sont uniquement liés aux aléas climatiques (23% pour les sécheresses, 38% pour les inondations, 82% pour les submersions marines): il s’agit donc de l’effet que le réchauffement de 2050 engendrerait s’il était déjà en cours, sur les biens assurés actuels. Les 15% restant sont liés à l’évolution des biens assurés d’ici à 2050, à savoir leur concentration en zones à risque.

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Investir dans la prévention

«Si le réchauffement constitue un risque important, il ne met pas en péril le régime Cat Nat [régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, NDLR]. Mais il faut s’y préparer, en mettant l’accent sur la prévention des dommages », indique David Moncoulon, responsable de la modélisation et de la recherche-développement chez CCR, contacté par le JDLE.

Par mesures de prévention, l’expert évoque le fait d’«éviter de construire dans des zones actuellement non inondables qui le deviendront dans les prochaines décennies, ou bien de prendre en compte une situation inondable en adaptant les moyens de construction».

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Ces résultats, très préliminaires, seront suivis d’une publication plus complète en septembre, avec un détail géographique plus fin, indique CCR. La société livre déjà une carte par départements, qui révèle une augmentation particulièrement marquée des dommages dans le nord-ouest de la France, supérieure à 60%.

La hausse peut toutefois être marquée, mais demeurer supportable si elle touche une région actuellement peu à risque de catastrophe naturelle. A l’inverse, d’autres régions enregistrent une moindre hausse, mais sont déjà très sujettes au risque climatique. Exemple, le sud-ouest de la France, dont la hausse des dommages d’ici à 2050 est intermédiaire (comprise entre +20% et +40%), mais qui endure déjà un important risque sécheresse.

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