Bilan moyen sur l’environnement pour la présidence autrichienne de l’UE

Le gouvernement autrichien laisse derrière lui un bilan mi-figue mi-raisin [EPA-EFE/VALDRIN XHEMAJ]

Alors que la Roumanie a pris les rênes de l’Union européenne le 1er janvier, l’Autriche laisse derrière elle un bilan mi-figue mi-raisin, selon l’étude publiée le 7 janvier par le Bureau européen de l’environnement. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Deux bons et trois mauvais points. Voilà ce qu’a distribué la fédération des ONG environnementales européennes (BEE) au gouvernement autrichien, à la tête de l’Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2018. Vienne a en effet gagné deux batailles politiques, contre les plastiques à usage unique et les émissions de CO2 des véhicules. Mais elle a fait preuve de mauvaise volonté pour réduire les pollutions de l’eau et de l’agriculture et accroître le budget dédié à la protection de l’environnement.

L’UE s’accorde in extremis pour limiter les émissions des voitures

La présidence autrichienne a défié toutes les attentes en négociant un objectif de réduction des émissions de CO2 des voitures de 37,5 % d’ici 2030, malgré l’opposition notable de l’Allemagne.

Une influence considérable

Même si la présidence de l’UE ne peut bien sûr pas prendre de décision à elle seule, elle exerce en revanche une influence considérable dans la façon dont elle préside les discussions et organise le travail autour des dossiers. C’est au regard de cette marge de manœuvre que le BEE a analysé l’évolution de 10 enjeux environnementaux majeurs : la limitation du réchauffement climatique, la protection de la biodiversité marine et terrestre, la transformation du système agricole via la politique agricole commune (PAC), la hausse du budget, la réduction de la pollution atmosphérique, l’amélioration de la qualité des eaux, la protection des citoyens face aux produits chimiques, la transition vers l’économie circulaire, le renforcement de la démocratie et le respect des objectifs de développement durable (ODD).

Moins de plastiques à usage unique et d’émissions de CO2

Flash-back. Au cours des 6 derniers mois, la présidence autrichienne a réussi à finaliser deux réformes législatives cruciales : la directive limitant le recours aux plastiques à usage unique et les nouvelles normes d’émission de CO2 des véhicules. Elle a également fait progresser les discussions sur les normes visant les poids lourds, ce qui devrait permettre à la présidence roumaine d’entériner un accord définitif avant le mois de juillet.

Un accord express pour mettre les coton-tige hors-la-loi

En moins d’un an, Parlement, Conseil et Commission se sont mis d’accord pour se débarrasser des plastiques à usage unique. Un record.

 

Stratégie climatique dans les clous

Autre point marquant, l’Union européenne a démontré la fermeté de ses engagements climatiques lors de la COP 24 de Katowice (Pologne). Si l’accord trouvé in fine apparaît comme inachevé, notamment par l’absence d’avancées sur un marché international du carbone, l’UE a fait « un grand pas » en présentant, le 28 novembre dernier, une stratégie climatique pour 2050 conforme à l’Accord de Paris. Sa décision de supprimer les subventions au charbon d’ici 2025 conforte cet optimisme, même si de nouvelles subventions devraient être engagées au cours de l’année 2019.

Recul sur les eaux

Cela étant, trois points noirs au tableau. Vienne n’est pas parvenue à proposer un compromis sur la révision de la directive sur l’eau potable ni sur le règlement visant à réutiliser les eaux usées. Ce qui va obliger le gouvernement roumain à achever les négociations dans l’urgence. La présidence autrichienne a aussi échoué à intégrer les objectifs de la directive-cadre sur l’eau (DCE) dans d’autres réformes, comme la PAC ou le budget de l’UE post-2020. Selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE), la qualité des eaux européennes continue pourtant de se dégrader avec 40 % des masses d’eau en bon état écologique et 38 % en bon état chimique. Alors que la DCE visait les 100 % pour… 2015.

Négociations mal engagées sur la PAC

Le gouvernement autrichien n’a pas non plus réussi à orienter les négociations sur la réforme de la PAC vers une meilleure protection de l’environnement et du climat. « Les propositions de la PAC ont suscité de vives critiques quant à ses impacts probables sur l’environnement et la gouvernance. La seule note positive est l’inscription de la PAC au conseil Environnement du 20 décembre, signe que cette réforme majeure doit être discutée par les ministres de l’Environnement », analyse le BEE. Les États membres ont achevé l’examen de la proposition législative de la Commission en voulant encore affaiblir la conditionnalité renforcée des aides et alléger leurs obligations de publier des rapports d’activité.

Plus d’objectifs et moins de fonds pour la nouvelle PAC

La PAC devrait bénéficier de moins de fonds après 2021. Pourtant, elle a de plus en plus d’objectifs. Comment faire plus avec moins ? Un article d’Euractiv Allemagne.

Sans nouvelles du budget

Enfin, l’Autriche a mal orienté les négociations autour du cadre financier pluriannuel applicable à partir de 2020. Celles-ci n’aboutiront pas avant octobre 2019, mais Vienne a clairement voulu donner plus de flexibilité aux États membres, alors que les mécanismes de suivi étaient déjà maigres. Les discussions budgétaires sectorielles ont par ailleurs peu progressé sur la PAC et le Fonds de cohésion. Aucun accord n’a non plus été trouvé pour accroître le budget du programme LIFE jusqu’à 1 % du budget de l’Union. La balle revient, là encore, à la Roumanie.

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