Ce que fera le Haut Conseil pour le Climat en 2020

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La présidente du Haut Conseil pour le Climat (HCC) a présenté sa feuille de route pour 2020 au Sénat devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Le HCC continue d’éplucher la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) du gouvernement. Après avoir rendu un premier rapport très critique en juin dernier, le HCC finalise le prochain, attendu en juin. Corinne Le Quéré, sa présidente, assure que « l’objectif pour ce rapport est bien évidemment de parvenir à un niveau de recommandations et d’analyses plus détaillé que ce que nous avons fait jusqu’à maintenant ».

Objectif neutralité carbone

Comme à son habitude, le HCC dressera un état des lieux des avancées politiques et des émissions annuelles de gaz à effet de serre. « Nous allons porter un regard plus en profondeur sur la stratégie bas carbone, un examen des hypothèses des risques et des prix [du carbone] effectifs existants et nécessaires pour atteindre la neutralité carbone [en 2050] ». En parallèle, le Haut Conseil attachera une importance toute particulière aux engagements territoriaux. Il compte notamment identifier les « initiatives positives » prises à l’échelle des régions.

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Émissions importées

En parallèle, les douze membres du HCC tenteront de décrypter « la part importée de l’empreinte carbone ». Corinne Le Quéré a rappelé qu’aucun rapport ne renseigne « la responsabilité de la France pour les émissions générées à l’étranger » par les produits consommés à l’intérieur de ses frontières. « Le gouvernement nous a demandé de faire un rapport sur cette partie importée de l’empreinte carbone, pour savoir déjà, d’où elle vient et si les données sont fiables ». Objectif pour l’État : établir ensuite une politique en conséquence.

Accompagner la SNBC

Si la SNBC vise à limiter l’impact du changement climatique, force est de constater que le réchauffement est bien là. Sera donc étudiée la question des politiques entreprises afin de s’adapter au changement climatique. « Un certain degré d’adaptation est nécessaire aujourd’hui et le sera encore davantage demain. Est-ce que la France est prête à répondre à ce défi ? Nous allons commencer à regarder ».

Le HCC tentera aussi de déterminer l’incidence de la SNBC sur l’emploi et la formation. « Je voudrais noter que notre rôle est de regarder l’action du gouvernement et non pas de faire le travail à sa place », n’a pas manqué de rappeler Corinne Le Quéré. À ce titre, un courrier a été envoyé au ministre de l’Économie et des Finances Bruno Lemaire afin de lui demander de bien prendre en compte l’incidence de la SNBC sur l’emploi.

L’inconnue numérique

Au menu également : l’économie numérique et ses conséquences. « Il y a un gros problème de données par rapport au numérique ». Le niveau des émissions est mal connu, car seulement disponible à l’échelon sectoriel. Ce qui rend difficile de déterminer précisément l’empreinte carbone du secteur. Le Conseil national du numérique se penchera sur cette problématique en collaboration avec le HCC.

Ce qu’il ne fera pas (encore)

Avec seulement 12 membres, le Haut conseil devra nécessairement faire l’impasse sur certains sujets. Au moins pour un temps. Le secteur des transports, premier émetteur de GES en France, fera l’objet d’une attention toute particulière… mais pas dans l’immédiat. Face à l’ampleur du sujet, la présidente du HCC a évoqué un probable futur rapport dédié exclusivement à ce secteur fortement émetteur de CO2.

Les puits de carbone font aussi partie des oubliés. Si Corinne Le Quéré a assuré que le HCC allait se pencher sur la question, elle a également précisé que « pour notre rapport annuel nous ne pourrons pas aller en profondeur ». Délai oblige. Qu’est-il possible de faire pour les protéger ? Comment rehausser leur capacité de captation de carbone ? Quelles contraintes particulières pèsent sur les différents territoires ? Autant de questions cruciales que le HCC n’oublie pas.

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