Climat : le plan européen menacerait 150 000 emplois en France dans l’automobile, estime la filière

Entre autres mesures, la Commission a proposé mercredi (14 juillet) d’interdire à partir de 2035 la vente de voitures neuves à essence ou diesel, pour atteindre un transport complètement décarboné en 2050, rejoignant l’objectif de neutralité carbone de l’Europe d’ici au milieu du siècle. [EPA-EFE/ROBERT GHEMENT]

Le plan climat de la Commission européenne menacerait 150 000 emplois dans le secteur automobile en France, a estimé jeudi (15 juillet) sur France Info François Roudier, porte-parole de la Plateforme automobile, joignant ses protestations à celles des autres secteurs très émetteurs de gaz à effet de serre et visés par Bruxelles.

« Dans le pire des cas, on a un risque sur 150 000 emplois en France : 100.000 dans la filière industrielle et 50 000 dans les services, qui disparaîtraient complètement », a affirmé le porte-parole de cette plateforme, qui regroupe 4 000 entreprises, constructeurs et équipementiers de l’automobile.

Entre autres mesures, la Commission a proposé mercredi (14 juillet) d’interdire à partir de 2035 la vente de voitures neuves à essence ou diesel, pour atteindre un transport complètement décarboné en 2050, rejoignant l’objectif de neutralité carbone de l’Europe d’ici au milieu du siècle.

Comme le secteur aérien – qui ne pourra plus bénéficier de kérosène non taxé pour les vols intra-européens dès 2023 -, l’industrie automobile européenne a protesté contre le projet européen et réclame une transition moins rapide vers le zéro émission.

« Il y a une vraie inquiétude en France sur ces mesures qui sont un peu extrêmes », alors que la Commission européenne ne mise que sur le moteur électrique, a déploré M. Roudier.

Le gouvernement français et l’industrie automobile défendent notamment les voitures hybrides rechargeables, qui ont un moteur électrique d’appoint en plus du moteur thermique. Mais ces véhicules, plus lourds que leurs équivalents thermiques, avec leurs deux moteurs, peuvent être plus polluants s’ils ne sont pas rechargés, et ne permettront pas à eux seuls d’atteindre zéro émission.

Le coût de production et la reconversion des PME seront des points sensibles de la transition vers le tout électrique, a souligné M. Roudier. Selon lui, l’investissement nécessaire s’élèvera à 17,5 milliards d’euros, dont un tiers « au moins » pris en charge par l’État.

Côté syndicats, la fédération FO de la métallurgie a appelé jeudi à « ne pas sacrifier l’industrie sur l’autel du climat ». Les annonces de la Commission « nous inquiètent pour l’avenir de l’industrie française et européenne, ainsi que pour ses emplois », met-elle en garde.

« Il ne s’agit pas de remettre en cause l’urgence climatique », mais il faut « mesurer en amont et avant toutes décisions irréversibles les réels impacts » sur « l’industrie et ses emplois », plaide FO Métaux.

Le syndicat CFDT du groupe Renault accueille, lui, « avec satisfaction les annonces » de la Commission, qu’il juge « cohérentes avec le rapport », publié le 30 juin, de la centrale CFDT et de la Fondation Hulot pour une « transition juste » dans l’automobile.

Favorable à « une mutation accélérée » du secteur, la CFDT-Renault estime que « la politique actuelle des petits pas mène à un retard significatif de la France ».

« Fit For 55 » : la France sceptique sur l’extension du marché carbone aux bâtiments et aux transports

La Commission européenne a dévoilé hier (14 juillet) son plan d’action pour le climat intitulé « Fit for 55 », dont l’objectif est d’aider l’UE à atteindre son nouvel objectif de réduire de 55% ses émissions de CO2 d’ici 2030.

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