Comment les tarifs douaniers nuisent au climat

Le pétrole, une énergie massivement aidée par les gouvernements. [EPA-EFE/ALI HAIDER]

Les produits fortement carbonés bénéficient de 550 à 800 milliards de dollars de subventions déguisées chaque année, estime une étude l’université californienne de Berkeley. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Joseph Shapiro s’est posé une question toute bête : les tarifs douaniers favorisent-ils les produits dont la production et le transport génèrent beaucoup de gaz à effet de serre ?

Pour y répondre, le professeur d’économie à l’université californienne de Berkeley a épluché les tarifs douaniers de 190 pays et les a confrontés à l’intensité carbone de 5 000 produits. Résultat : les barrières douanières s’avèrent bien plus lourdes pour les biens « bas carbone » que pour les sévèrement carbonés. Et la différence n’est pas mince, comme en témoigne l’étude publiée ce 5 mai.

« J’estime cette subvention déguisée entre 85 et 120 $ par tonne de CO2 », indique le chercheur. Entre deux et trois fois le coût social de l’émission d’une tonne de CO2.

Plus de mille milliards d’aides indirectes

Globalement, ce déséquilibre fiscal avantage considérablement les produits nuisibles au climat. Ces produits bénéficient de 550 à 800 milliards de dollars de subventions déguisées chaque année, estime Joseph Shapiro. À quoi, on peut ajouter les 530 milliards de dollars annuels d’aides publiques à la consommation d’énergies fossiles.

Modifier en conséquence la tarification des importations permettrait non seulement aux États d’accroitre leurs recettes fiscales, mais aussi de réduire leur bilan carbone. C’est précisément le double objet du mécanisme d’ajustement aux frontières, le projet de taxe carbone que la Commission européenne espère concrétiser en 2021.

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