Congrès UICN : cinq motions pour la sauvegarde des milieux marins

[Shutterstock/Rich Carey]

À sept mois du congrès mondial de Marseille, le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a sélectionné 18 motions, dont cinq concernent directement les océans. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

« Une fois adoptées, les motions soumises à l’UICN entrent directement dans son programme d’actions », rappelle Clémentine Azam, chargée de programme Écosystèmes au comité français de l’UICN, lors d’une conférence organisée ce 10 juin pour les journalistes de l’environnement. Pour l’heure, 128 motions ont été sélectionnées au niveau mondial, dont 18 en France. « La liste définitive sera publiée en septembre puis soumise au vote. Seules les propositions qui font débat seront examinées par l’Assemblée générale qui se tiendra en janvier à Marseille », explique Clémentine Azam.

Limiter les activités anthropiques

Les 5 motions françaises concernant l’océan vont donc très prochainement faire parler d’elles. Très importante, la première d’entre elles vise à « assurer la compatibilité des activités anthropiques avec les objectifs de conservation dans les aires protégées ». Une priorité alors qu’elles le compromettent dans un tiers des surfaces protégées — au minimum — à l’échelle mondiale.

Provenant des groupes d’outre-mer, la deuxième motion vise à « protéger les poissons herbivores pour une communauté corallienne plus prospère ». Selon le rapport 2018 du Giec, plus de 99 % des récifs coralliens pourraient disparaître sous l’effet d’un réchauffement de 2 °C. Les poissons herbivores — dont le poisson-perroquet — accentuant leur résilience, il est nécessaire de mettre en place une politique de conservation et de pêche durable pour reconstituer ces espèces.

La France déverse chaque année 11 200 tonnes de plastique en Méditerranée

79% de cette pollution est imputable aux activités côtières, selon un rapport du WWF. Les 22 pays du bassin méditerranéen y déversent dans leur ensemble 600 000 tonnes de plastique par an. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Réduire les DCP

La troisième motion appelle à une meilleure gestion des dispositifs de concentration de poissons dérivants (DCP), qui connaissent une croissance de 30 % par an depuis 2012 aussi bien en haute-mer que dans les zones économiques exclusives.  L’adoption par les pêcheurs de ce dispositif contribue à l’effondrement de stocks de poissons, dont des thonidés, et aggrave la pollution par les débris marins. L’UICN veut réduire leur utilisation.

Ancienne, la quatrième motion demande une meilleure « protection des mammifères marins par la coopération régionale ». 27 % d’entre eux sont menacés à l’échelle mondiale selon l’UICN, à cause des captures accidentelles, des collisions avec les navires et de la pollution sonore sous-marine. La motion vise à identifier et à créer des zones de protection grâce à des accords régionaux et des engagements nationaux.

Un accord international sur la pollution plastique

La dernière motion vise à « mettre fin à la pollution plastique des milieux marins en 2030 ». « Un objectif qui ne pourra être atteint que par une action urgente et forte sur leur production, leur utilisation et leur rejet », rappelle Clémentine Azam. Une mission à confier à un système de gouvernance internationale, basé sur un accord mondial qui interdirait à la fois les plastiques à usage unique inutiles, ferait la promotion des alternatives au plastique et favoriserait la collecte et le recyclage des plastiques favorables l’environnement.

L’Europe ne parvient pas à réduire la pollution chimique du milieu marin

Entre 75% et 91% de la superficie des mers européennes sont toujours contaminées par des polluants chimiques. Un résultat qui signe l’échec de la stratégie européenne sur le milieu marin. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

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