Le ministre tchèque de la Santé appelle à une sortie du charbon « le plus rapidement possible »

Jan Blatny, ministre tchèque de la Santé. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Le ministre tchèque de la Santé Jan Blatný est conscient des répercussions néfastes de l’industrie charbonnière sur l’environnement et la santé publique. « Personnellement, je suis pour une sortie du charbon le plus rapidement possible », a-t-il déclaré dans un entretien avec Euractiv République tchèque.

Le gouvernement grec examinera les plans de sortie du charbon la semaine prochaine. En décembre, une commission mandatée à cet effet avait déjà recommandé la fermeture des mines et centrales à charbon d’ici à 2038, mais la décision finale revient aux autorités de Prague.

Toutefois, la coalition gouvernementale composée du parti au pouvoir ANO et des sociaux-démocrates (ČSSD) peinent à accorder leurs violons sur le sujet. Tandis que le ministre de l’Industrie et du Commerce Karel Havlíček (ANO) soutient une sortie du charbon pour d’ici à 2038, le ministre de l’Environnement Richard Brabec (ANO) estime qu’il faudrait fixer la date d’échéance à 2033 ; un avis partagé par le ministre des Affaires étrangères Tomáš Petříček (ČSSD).

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« Il est illogique d’accepter le charbon jusqu’en 2038. Au cours de la réunion du cabinet gouvernementale, je m’opposerai à l’idée selon laquelle la sortie du charbon sera orchestrée dans 17 ans », a indiqué M. Petříček. Ceux en faveur d’une suppression du charbon à l’horizon 2033 pourraient recevoir l’assentiment du ministre de la Santé Jan Blatný (ANO).

« Néanmoins, je suis bien conscient du fait que nous ayons besoin d’une autre source énergétique », a-t-il indiqué. « Nous ne bénéficions pas de conditions semblables à l’Autriche, qui est en mesure de produire la plupart de son bouquet énergétique grâce à des sources renouvelables. Selon moi, le nucléaire est une alternative à prendre en compte », a-t-il ajouté, soutenant la construction de nouvelles centrales nucléaires à travers le pays.

Les centrales à charbon produisent actuellement 40 % de l’électricité de la République tchèque. Le mix énergétique post-charbon devrait dépendre en grande partie du nucléaire et du renouvelable, bien que le gouvernement accuse un certain retard dans le développement de l’éolien et du solaire.

« Un dernier point, mais non des moindres, je soutiens tout à fait la nécessité de faire des économies d’énergie et de réduire notre empreinte carbone », a maintenu le ministre tchèque. « Nous n’avons qu’une seule planète. Si nous n’en prenons pas soin, elle prendra soin d’elle-même et nous en pâtirons », a-t-il renchéri.

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La position des autres membres du cabinet n’est pas clairement définie pour l’heure. Ainsi, la ministre du Travail Jana Maláčová (ČSSD) appelle à la réalisation de plus d’études avant de prendre une décision.

« La transition tchèque n’est pas seulement une question d’année. Une transformation d’une telle ampleur aura des répercussions majeures sur la population et les régions », a-t-elle fait savoir. « J’ai demandé au ministère de l’Industrie et du Commerce ainsi qu’au ministère de l’Environnement d’ébaucher une étude d’incidence sur le plan social et une stratégie de chauffage. Ces sujets doivent être clarifiés avant le vote sur la sortie du charbon ».

Le corps médical tchèque, en faveur d’une suppression anticipée

De son côté, M. Blatný partage largement l’avis du corps médical et des groupes environnementaux en ce qui concerne le charbon.

Lundi (18 janvier), plus de soixante docteurs tchèques ont signé l’initiative « Pour des cœurs sains » (For Healthy Hearts), se prononçant en faveur d’une sortie du charbon le plus rapidement possible en raison des effets néfastes du combustible fossile sur l’atmosphère et la santé. « Nous sommes des docteurs et des auxiliaires médicaux. Une seule chose nous importe : la santé de nos patients », ont-ils déclaré.

« Nous appelons donc les gouvernements, députés, sénateurs, conseillers, sociétés minières et entreprises énergétiques ainsi que tous les acteurs concernés dans l’industrie charbonnière à se tourner vers des alternatives plus modernes et vertes. Nous voulons que les choses bougent », a écrit le groupe.

En outre, les docteurs ont également souligné le lien entre la mauvaise qualité de l’air et la propagation de la Covid-19. « D’après les scientifiques, l’air vicié exacerbe la propagation du virus ainsi que d’autres maladies respiratoires. L’air tchèque est plus sale que dans la majorité des États membres de l’UE, principalement à cause de l’extraction du charbon et de sa combustion, que ce soit dans les grandes centrales ou dans les chaudières domestiques », arguent-ils.

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