Des chercheurs allemands affirment que le Pacifique diluera la radiation de Fukushima

Le niveau de radioactivité de l'océan Pacifique suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima a grimpé pour atteindre un pic, mais il devrait rapidement baisser, selon une étude du Centre Geomar Helmholtz pour la recherche océanique.

Les modèles numériques de l'institut prévoient que dans deux ans, la radioactivité aura chuté à environ 10 becquerels par mètre cube (Bq/m3) et 1 à 2 Bq/m3 dans quatre à sept ans.

L'Environmental Protection Agency américaine affirme que la contamination de l'eau potable par du césium radioactif serait encore considérée comme sans danger sous la barre des 100 Bq/m3.

Cette étude n'est pas pour apaiser les craintes de la population de la Californie, où il a été rapporté la semaine dernière que les prunes et les amandes locales contenaient des niveaux détectables de césium 134, « une empreinte de la radiation de Fukushima Daiichi », selon l'organisation Fairewinds Energy Education.

Buckminsterfullerènes

Les médias locaux ont également rapporté que les niveaux de radiation à Los Angeles et Santa Monica étaient élevés et en hausse, alors même que les craintes de voir des « buckminsterfullerènes » de combustible d'oxyde d'uranium échouer sur les rivages des villes côtières dans les deux prochaines années ne font que s'intensifier.

Ces molécules en forme de ballon de football, la plus grande matière présentant une dualité onde-particule, seraient apparues lorsque des millions de tonnes d'eau douce ont été utilisées pour refroidir les trois noyaux fondus des réacteurs de Fukushima. Cette eau a ensuite été déversée dans la mer.

Les réacteurs de Fukushima ont été gravement endommagés par un tsunami en mars 2011.

Une étude publiée cette année par l'université de California Davis a averti que des buckminsterfullerènes d'uranium de 60 ions d'uranyle étaient susceptibles de se former dans l'océan Pacifique.

« De par leur nature stable d'un point de vue thermodynamique et leur persistance cinétique en l'absence de peroxyde, ils peuvent potentiellement transporter de l'uranium sur de longues distances », explique cette étude.

Une contamination aux ions d'uranyle a déjà été constatée autour de certains sites où des armes contenant de l'uranium appauvri ont été utilisées. En cas de concentration suffisamment élevée, ces ions sont dangereux pour la santé et l'environnement.

Le Centre Geomar Helmholtz conclut cependant qu'en raison de la taille de l'océan Pacifique et de ses courants forts et dynamiques, « les nappes d'eau de mer contaminées […] suite au déversement d'eau utilisée dans les réacteurs de Fukushima Daiichi se dilueront effectivement ».

Un niveau de radiation jugé non préoccupant

Même si le niveau maximum de radioactivité après quatre à sept ans sera tout de même deux fois supérieur à celui précédant la catastrophe de Fukushima, ce niveau est jugé non préoccupant.

Les chercheurs allemands ont utilisé une séquence de modèles de circulation des océans de la planète pour évaluer la dispersion à long terme d'un traceur lent comparable au césium 134, en fonction des courants océaniques. Ce traceur a été injecté en continu dans des eaux côtières pendant plusieurs semaines. Sa dispersion et sa dilution dans l'océan Pacifique ont ensuite été simulées sur dix ans.

Selon un résumé de ce rapport, au bout de deux ou trois ans, la nappe de traceurs aurait atteint plus de 400 mètres de profondeur, ce qui entraînerait une dilution rapide des concentrations.

Cette étude reconnaît toutefois qu'une fraction des isotopes à longue période comme le césium 137 (qui a une période radioactive supérieure à 30 ans) s'accumulera dans la chaîne alimentaire, avec des conséquences encore inconnues sur les organismes marins.

Contexte

Après que le nuage radioactif issu de la centrale nucléaire de Fukushima a atteint l’Europe fin mars, la CRIIRAD, un organisme de recherche sur la radioactivité basé en France, a affirmé avoir détecté de l’iode-131 dans l’eau de pluie dans le sud du pays.

Lors d’un test mené en parallèle, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’institution publique nationale chargée de surveiller les risques nucléaires et radiologiques, a trouvé de l’iode-131 dans le lait. En temps normal, aucune trace d’iode 131 ne devrait être détectée dans l’eau de pluie ou le lait.

La directive Euratom du 13 mai 1996 établit les principes généraux et les normes de sécurité concernant la protection contre les radiations en Europe.

Prochaines étapes

  • Automne 2012 : les derniers résultats des tests de résistante nucléaire devraient être remis à la Commission européenne.
  • Fin 2012-début 2013 : après examen de ces résultats, la Commission européenne devrait décider s'il est nécessaire ou non de renforcer la réglementation du nucléaire.

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