Des milliers d’Allemands à vélo bloquent le salon de l’auto de Francfort

Des militants à vélo manifestent devant le salon de l'automobile à Francfort le 15 septembre 2019. [EPA-EFE/FELIIPE TRUEBA]

Ils ont profité du salon automobile international à Francfort pour réclamer une « révolution des transports ». Ils étaient entre 15 et 25 000 à manifester. Un article de notre partenaire Ouest France

Entre 15 000 et 25 000 manifestants, selon la police et les organisateurs, ont défilé sur leur vélo, samedi à Francfort, pour réclamer une « révolution des transports ». Une manifestation d’une rare ampleur organisée à l’occasion du salon de l’automobile. La plupart d’entre eux ont rallié le parc des expositions à vélo où se tient le salon automobile international, depuis plusieurs villes de la région, empruntant deux tronçons d’autoroutes fermés aux voitures pour l’occasion.

« Le salon de l’automobile représente le siècle passé », explique à l’AFP Christoph Bautz, directeur du groupe Campact, qui a coorganisé la manifestation. « Nous voulons que l’avenir appartienne aux bus, aux trains et aux vélos — on n’en veut plus de ces gros SUV et voitures qui consomment beaucoup ! »

La « génération climat » prend pour cible une branche fragilisée depuis l’éclatement en 2015 du scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen, et le salon de Francfort cristallise les critiques adressées à ce secteur au moment où l’urgence climatique s’invite dans le débat public. « L’industrie automobile est sous pression, elle n’a plus le soutien de la société comme il y a quelques années, car elle a raté des évolutions », explique Tina Velo, porte-parole sous pseudonyme du collectif « Sand im Getriebe » (« Du sable dans les rouages »), qui tentera dimanche de bloquer le salon.

L’Europe replonge dans le scandale du Dieselgate

Des boitiers illégaux désactivant le système de dépollution ont été retrouvés dans les poids lourds d’une société de transport espagnole. Pour le Parlement européen, l’Europe n’est pas tout à fait sortie du scandale Dieselgate.

« En finir avec ces chars d’assaut urbains et les moteurs à combustion »

Cette combinaison d’actions légales et illégales caractérise le mouvement de défense du climat qui progresse depuis des mois en Europe, et prend désormais pour cible une industrie longtemps intouchable par son importance pour l’économie allemande. Dès l’ouverture à la presse mardi, Greenpeace a lancé la contestation : une vingtaine de militants vêtus de vestes vertes ont gonflé à l’arrière d’un 4X4 un ballon noir géant avec l’inscription « CO2 ».

« L’industrie automobile n’a toujours pas compris la crise du climat », a déclaré à l’AFP Benjamin Stephan, militant de l’ONG. « Les constructeurs doivent en finir avec ces chars d’assaut urbains et arrêter les moteurs à combustion ». Pour la visite de la chancelière Angela Merkel, le groupe a également manifesté jeudi sur les stands de Volkswagen et de BMW : des manifestants y sont montés sur des SUV et ont déroulé des pancartes montrant des voitures avec l’inscription « Tueuses du climat ».

Ces véhicules massifs font encore plus débat en Allemagne depuis qu’un SUV monté sur un trottoir à grande vitesse a tué quatre passants dont un jeune enfant la semaine passée à Berlin. Des voix s’élèvent désormais pour réclamer leur interdiction dans les centres-ville.

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