Économie circulaire : remplacer le plastique pétrosourcé par du plastique recyclé

Introduire du plastique recyclé PET, c’est-à-dire du plastique pétrosourcé, dans la chaîne de production d’un produit est la solution idéale, mais elle est difficilement rentable pour une entreprise. [RecycleMan/Shutterstock]

Lors d’une conférence organisée jeudi (3 juin) par la Commission européenne dans le cadre de la Green week, l’entreprise française Veolia a expliqué comment elle utilisait du plastique recyclé dans sa chaine de production.

Utiliser du plastique recyclé pour la fabrication d’emballages coûte plus cher aux entreprises que de fabriquer du plastique à partir de pétrole, tant le coût de cette matière première est bas. 

Mais l’impact environnemental du pétrole est élevé, et ses effets sur la santé controversés. Introduire du plastique recyclé PET, c’est-à-dire du plastique pétrosourcé, dans la chaîne de production d’un produit est la solution idéale, mais elle est difficilement rentable pour une entreprise. Sauf pour TorrePET. La filiale du groupe Veolia, basée en Espagne, se targue d’être la seule entreprise de la péninsule ibérique capable « d’accomplir le recyclage complet d’une bouteille en plastique pendant toute sa durée de vie ». 

Pour y parvenir, TorrePET a développé des technologies de pointe, notamment pour décontaminer les bouteilles en plastique récupérées, et produire un plastique recyclé plus sain et de haute qualité. Le processus consiste à séparer les PET des bouteilles récupérées pour en obtenir des fractions. Car si 480 milliards de bouteilles en PET ont été vendues en 2017, moins de 50% ont été recyclées.

Pour que ce modèle économique soit viable, Veolia s’est mis d’accord avec l’industrie finale, qui vend ces bouteilles, sur des prix de vente basés uniquement sur les coûts réels de l’entreprise et non pas sur les coûts d’une matière première vierge. « D’une certaine manière, nous avons matérialisé la valeur environnementale du plastique recyclé. Nous pouvons nous affranchir de l’économie des énergies fossiles », se félicite Sven Saura, Directeur adjoint chargé du recyclage chez Veolia. 

Et même si la pandémie de Covid-19 a fait chuter le prix du baril de pétrole, cela n’a pas empêché l’entreprise de continuer à utiliser du plastique recyclé. 

« Depuis 2019, le prix du plastique recyclé est stable. C’est une très bonne nouvelle. Si le prix du plastique recyclé PET fluctuait avec le prix du pétrole, ce modèle économique ne serait pas viable pour notre entreprise », ajoute-t-il. 

En Europe, des eaux de baignade pas si qualitatives

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et la Commission présentent aujourd’hui leur évaluation des sites de baignade européens pour l’année 2020. Si les résultats semblent plutôt bons, ils restent à nuancer, les critères de l’AEE étant peu nombreux.

Les avantages sont nombreux : développement de l’économie circulaire, réduction des déchets, élimination des énergies fossiles. Cette approche plus respectueuse de l’environnement s’inscrit dans aussi dans une tendance économique : l’économie circulaire.

En mars 2020, la Commission européenne a présenté son nouveau plan d’action pour développer une économie circulaire. Parmi les mesures envisagées, de nouvelles exigences concernant les emballages et les matières plastiques afin de réduire leur utilisation et garantir un niveau minimum obligatoire de matières recyclées dans les produits neufs. 

« Pour parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050, préserver notre environnement naturel et renforcer notre compétitivité économique, notre économie doit être totalement circulaire. Aujourd’hui, elle est encore essentiellement linéaire, puisque 12 % seulement des matières et des ressources secondaires y sont réintroduites », avait déclaré Frans Timmermans, vice-président exécutif chargé du pacte vert pour l’Europe. 

Jeudi, lors de la conférence, Veolia a prouvé qu’il était possible de réintroduire du plastique déjà utilisé au sein de la chaine de production. Le commissaire européen à l’Environnement Michail Papadoyannakis a souligné les efforts du groupe et s’est réjoui des mesures du plan d’action « zéro pollution » dans le cadre du Pacte vert européen, en vue de lutter contre la pollution plastique. 

Mais selon lui, « il faut aller plus loin et ne pas se reposer sur ses lauriers ». Pour cela, « plus de fonds pour la pollution plastique » sont nécessaires, et des politiques comme l’interdiction des plastiques à usage unique sont à mettre en place au niveau mondial.

Rénovation énergétique des bâtiments : des « changements fondamentaux » sont nécessaires

Dans un rapport publié aujourd’hui (2 juin), l’EASAC prévient : il ne suffit plus de construire de nouveaux bâtiments plus écoresponsables, il faut surtout rénover ceux qui sont déjà construits.

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