Economie de la mer : le Pacte vert de l’UE sera aussi « bleu », promet Bruxelles

Tous les secteurs liés à la mer - pêche, aquaculture, tourisme côtier, fret maritime, ports et chantiers navals - "devront réduire leur empreinte environnementale et climatique tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques", a déclaré le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevicius. [JOHN THYS/EPA]

Le Pacte vert européen, qui vise la neutralité carbone du continent d’ici 2050, concernera aussi « l’économie bleue », en développant l’aquaculture et les éoliennes en mer tout en s’efforçant de « décarboner » pêche et transport maritime, a annoncé l’UE lundi.

Tous les secteurs liés à la mer – pêche, aquaculture, tourisme côtier, fret maritime, ports et chantiers navals – « devront réduire leur empreinte environnementale et climatique tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques », a déclaré le commissaire à l’Environnement, Virginijus Sinkevicius.

Ils représentent 4,5 millions d’emplois directs dans l’UE et 650 milliards de revenus annuels.

La Commission entend doper l’installation d’éoliennes en mer, de solaire marin ou de technologies marémotrices pour atteindre d’ici 2050 des capacités cumulées de 300 gigawatts, contre 12 aujourd’hui, et générer en mer un quart de l’énergie de l’UE.

Bruxelles envisage également de développer la production de plastiques à partir d’algues, mais aussi d’encourager une source d’alimentation « avec une empreinte carbone bien moins importante que pour les protéines animales des élevages terrestres ».

Le Parlement alerte sur les effets néfastes des microplastiques pour les consommateurs de poissons et crustacés

« Si on mange du poisson ou des crustacés, on ne sait pas encore très bien quels sont les risques toxicologiques d’avoir ingéré du plastique », déclare Natacha Tullis, l’assistante parlementaire de Catherine Chabaud.

Outre un assouplissement des règles de commercialisation pour les fruits de mer, les algues ou végétaux marins, l’UE veut encourager l’aquaculture – qui n’est toutefois pas une compétence exclusive de la Commission, contrairement à la pêche.

Des « lignes directrices » adoptées lundi visent à muscler ce secteur, alors que 60% de la consommation européenne de fruits de mer et poissons marins sont importés et seulement 10% proviennent de l’aquaculture de l’UE.

En revanche, concernant le très polluant fret maritime, pas question pour l’heure de l’intégrer au marché du carbone en vue de le « verdir ».

« Nous devons travailler avec les entreprises pour s’assurer qu’elles s’efforcent de réduire leurs émissions », avait récemment indiqué M. Sinkevicius.

Chaque Etat membre est invité à consacrer à l’ « économie bleue » une partie du plan de relance européen, les stratégies nationales devant recevoir le feu vert de Bruxelles.

Un nouveau fonds de l’UE sera mis à contribution, selon la Commission, qui compte également s’appuyer la Banque européenne d’investissement.

Pour désamorcer les conflits entre les différents acteurs du secteur (pêcheurs contre éoliennes par exemple), un « Forum Bleu » sera mis en place par l’UE.

Plan de relance : 50% du budget attribué à la transition écologique

Ce mercredi (28 avril) la France transmet son plan national de relance et de résilience (PNRR) à Bruxelles. Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a dévoilé mardi (27 avril) la répartition du budget de 40 milliards d’euros attribué à la France par l’Union européenne.

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