En Europe, des eaux de baignade pas si qualitatives

« Cette année encore, les résultats sur la qualité des eaux de baignade en Europe sont excellents. Pourtant, pour que cela soit un motif de satisfaction, il faudrait que ces résultats concernent également les eaux récréatives et dépeignent la vraie réalité de nos eaux, qui est à des années-lumière de ces résultats », explique Antidia Citores, porte-parole de Surfrider Europe. [LiliGraphie/Shutterstock]

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et la Commission présentent aujourd’hui leur évaluation des sites de baignade européens pour l’année 2020. Si les résultats semblent plutôt bons, ils restent à nuancer, les critères de l’AEE étant peu nombreux.

À quelques semaines des vacances estivales, les résultats 2020 du rapport sur la qualité des eaux de baignade sont positifs : les normes minimales de qualité de l’eau ont été respectées dans 93% des pays européens. Chypre, l’Autriche, la Grèce, Malte et la Croatie arrivent en tête du classement et affichent 95% d’eaux de baignade dites d’excellente qualité.

Ce bilan annuel sert à contrôler la qualité des eaux, à la fois côtières et intérieures, dans lesquelles les Européens se baignent. « La qualité des eaux de baignade en Europe reste élevée et c’est une bonne nouvelle pour les Européens, qui se rendront cet été sur les plages et les sites de baignade », se réjouit Virginijus Sinkevičius, commissaire européen chargé de l’environnement, de la pêche et des océans.

Mais pour la fondation Surfrider Europe, ces résultats sont à nuancer. « Cette année encore, les résultats sur la qualité des eaux de baignade en Europe sont excellents. Pourtant, pour que cela soit un motif de satisfaction, il faudrait que ces résultats concernent également les eaux récréatives et dépeignent la vraie réalité de nos eaux, qui est à des années-lumière de ces résultats », explique Antidia Citores, porte-parole de la fondation.

En effet, les critères de l’AEE ne s’appliquent que sur les zones aquatiques dites zones de baignade. Les zones où se pratiquent uniquement des sports nautiques, comme le kayak par exemple, ne sont pas prises en compte.

Autre point de désaccord : les paramètres de l’AEE ne prennent pas en compte certains polluants présents dans les mers et les cours d’eau. « Nos eaux sont impactées et polluées par les produits chimiques, par les plastiques et les algues. Nous devons ajouter de nouveaux paramètres à notre contrôle et saisir l’opportunité de la révision de la Directive sur les Eaux de Baignade pour les ajouter », poursuit Antidia Citores.

Cette Directive sur les Eaux de Baignade a pour objectif de « déterminer si les règles actuelles sont toujours adaptées à la protection de la santé publique et à l’amélioration de la qualité de l’eau ou s’il est nécessaire d’améliorer le cadre existant », précise l’AEE, reconnaissant que son système d’évaluation actuel pourrait nécessiter des ajustements.

S’ajoute à cela le plan d’action « zéro pollution » adopté en mai dernier dans le cadre du Pacte vert par la Commission européenne et « qui contribuera à maintenir les eaux saines et sûres et la propreté de nos mers et rivières », explique Virginijus Sinkevičius.

Atteindre un niveau « zéro pollution » devra passer par l’amélioration de la qualité de l’eau en Europe. Parmi les mesures prises par les 27, on retrouve la réduction des déchets plastiques en mer de 50%, et une baisse de 30% des micro-plastiques libérés dans l’environnement afin de traquer la pollution à sa source. 

Depuis 2019, seul 1,3 % de l’ensemble des sites de baignade en Europe sont considérés de mauvaise qualité. Un chiffre qu’il faut donc modérer. Mais pour Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE, « la qualité des eaux de baignade européennes reste élevée après quatre décennies d’actions visant à prévenir et à réduire la pollution ». 

« Il est temps d’ajouter de nouveaux paramètres au contrôle de la qualité de l’eau – polluants chimiques, prolifération d’algues et matières plastiques », réplique Surfrider, pour qui il est urgent « d’avoir une image fidèle de ce que contiennent nos eaux et de leurs impacts sur notre santé et notre environnement ».

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