Equipements numériques: les autres poids lourds du climat

Une étude du cabinet Green It montre que l’empreinte environnementale mondiale du secteur numérique est cinq fois plus forte que celle du parc automobile français. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Des poids lourds à la maison… Avec 34 milliards d’équipements au niveau mondial, le numérique pèse à lui seul 223 millions de tonnes de matériel. C’est l’équivalent de 179 millions de voitures de 1,25 t et 5 fois le parc automobile français.

On en déduit facilement que son empreinte environnementale est désastreuse. Le cabinet Green It l’a chiffrée à 1 400 millions de tonnes de gaz à effet de serre (3,8 % des émissions mondiales), à la consommation de 6 800 TWh d’énergie primaire (4,2 % de la consommation mondiale) et de 7,8 millions de mètres cubes d’eau douce.

La fabrication des équipements, première responsable

Si cette empreinte environnementale se partage entre trois maillons principaux — les utilisateurs individuels, les centres hébergeant les serveurs et les réseaux reliant les utilisateurs aux centres —, ce sont les usagers qui pèsent le plus. Ils représentent en effet 30 % du bilan énergétique global, 39 % des émissions de gaz à effet de serre, 74 % de la consommation d’eau et 76 % de la contribution à l’épuisement des ressources abiotiques.

Selon les auteurs de l’étude, les activités ayant le plus d’impact, sont — par ordre décroissant — : la fabrication des équipements, leur consommation électrique, la consommation électrique du réseau, celle des centres informatiques, la fabrication des équipements réseau et enfin la fabrication des équipements hébergés par les centres informatiques.

trois fois plus d’usagers en 2025

Des résultats d’autant plus alarmants que le secteur devrait compter près de 3 fois plus d’utilisateurs en 2025. Soit 5,5 milliards de personnes contre 3 Md en 2010. Green It estime qu’il faut s’attendre à deux à trois plus d’impacts dans 6 ans selon l’indicateur concerné. Les émissions de GES seront par exemple 3,1 fois plus élevées. Et la consommation d’électricité totale 2,7 fois plus forte.

Des objets connectés en plein boom

Par ailleurs, l’impact de certains équipements va largement s’alourdir. Nouveaux usages obligent, les télévisions représenteront ainsi de 9 à 26 % des impacts en 2025 contre 5 à 15 % en 2010. Les smartphones de 4 à 16 % (contre 2 à 6 %) et les objets connectés de 18 à 23 % (contre 1 % seulement aujourd’hui). A l’inverse, le poids des ordinateurs -40 % en 2010 — devrait se réduire.

Open access et durée de vie

Comment arrêter cette course infernale ? Le cabinet Green It préconise de réduire le nombre d’objets connectés en centralisant par exemple les modems DSL/fibre et les boîtiers TV associés pour réduire considérablement l’impact du réseau. Autre piste : augmenter la durée de vie des équipements, par allongement de la durée de garantie légale et en favorisant le réemploi. Aussi envisageable : obliger les fabricants à ouvrir leurs API ou interfaces de programmation pour permettre leur utilisation par d’autres fournisseurs de données. L’étude suggère enfin de réduire le nombre d’écrans plats en les remplaçant par d’autres dispositifs d’affichage (lunettes de réalité virtuelle, vidéo projecteurs).

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