L’UE veut muscler l’ambition climatique mondiale au prochain sommet onusien

Le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a convoqué un sommet mondial sur le climat à New York le 23 septembre.  [Julien Chatelain / Flickr] [Julien Chatelain / Flickr]

Selon un projet de déclaration de l’UE, le sommet spécial de l’ONU sur le climat constituera « une occasion idéale pour encourager la volonté des dirigeants politiques à revoir à la hausse les objectifs de l’accord de Paris ».

La politique climatique internationale est à l’ordre du jour de la réunion du 18 février des ministres des Affaires étrangères des 28 États membres.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a convoqué un sommet mondial sur le climat à New York le 23 septembre, et l’UE veut saisir cette occasion pour pousser les pays tiers à prendre des mesures contre le changement climatique.

« Le changement climatique est une réalité scientifiquement prouvée et une menace directe qui n’épargnera aucun pays », avertit le projet de déclaration de l’UE. « Or, les mesures visant à l’endiguer demeurent insuffisantes », spécifie le texte, appelant tous les pays à « s’allier à cet objectif indispensable ».

Guterres s’est déjà adressé à certains dirigeants du G20 pour les encourager à revoir leurs ambitions à la hausse. Des pays tels que la Chine et le Canada devraient suivre ces recommandations, ce qui accroît la pression sur les États-Unis.

Le projet de déclaration des ministres des Affaires étrangères de l’UE se réfère à maintes reprises au dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui a pour la première fois déterminé une marche à suivre pour limiter la hausse de la température mondiale à 1,5°, conformément à l’accord de Paris.

« Nous n’agissons pas assez vite pour empêcher une perturbation climatique catastrophique et irréversible. Dans un tel contexte, il faut de toute urgence intensifier les efforts mondiaux pour contrer la menace climatique », lit-on dans le texte qui explique que l’UE voit le prochain sommet sur le climat de l’ONU comme « une occasion idéale pour encourager la volonté des dirigeants politiques à revoir à la hausse les objectifs de l’accord de Paris. »

Objectif zéro émission pour 2050

Les activistes écologistes ont salué le projet du Conseil de l’UE. Selon eux, le sommet onusien du mois de septembre permettra d’évaluer la détermination des dirigeants à agir contre le réchauffement de la planète.

« La grande question de ce sommet est de savoir si les gouvernements redoubleront d’efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique ou continueront à ignorer les changements qui se produisent autour de nous », a déclaré Wendel Trio, directeur de Climate Action Network (CAN) Europe.

« Le temps presse si nous voulons éviter la catastrophe climatique, et les citoyens exigent désormais des actions substantielles », a-t-il ajouté en faisant référence aux nombreuses manifestations des jeunes pour le climat à travers le monde ces dernières semaines.

Pour l’Europe, le sommet de l’ONU sera également l’occasion d’étoffer sa stratégie climatique sur le long terme pour 2050. La Commission européenne a publié un projet de stratégie au mois de novembre et a invité toutes les parties concernées à commenter ses recommandations principales pour un objectif zéro émission d’ici 2050.

Cette stratégie fait actuellement l’objet d’un débat dans les capitales européennes et la décision finale devrait être prise par les chefs d’États de l’UE en octobre et peut-être même en mai.

L’ONU veut une Europe qui montre l'exemple sur le climat

L’objectif européen de réduction des émissions de CO2 doit passer de 40 % à 55 %, afin de respecter les engagements de l’accord de Paris, selon Joyce Msuya, du PNUE.

Objectifs pour 2030

Si la plupart des politiques rechignent à faire des plans sur le long terme, la question délicate d’une révision à la hausse des objectifs climatiques de l’UE pour 2030 se pose. Tous les signataires à l’accord de Paris se sont engagés à réviser leurs objectifs climatiques d’ici à 2020, dont l’UE et ses 28 États membres. Et le débat actuel concernant les objectifs de 2050 commence à peser dans la balance.

Le chef du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) a appelé l’UE à revoir à la hausse ses objectifs climatiques pour 2030 en conformité avec l’accord de Paris.

« Nos chiffres montrent que l’UE est actuellement partie pour ne pas atteindre son objectif de 40% d’ici 2030 », a déclaré Joyce Msuya, directrice exécutive adjointe du programme UNEP. « Cet objectif devra être revu à 55 % si l’UE veut atteindre l’objectif climatique des 1,5°C », a-t-elle déclaré à Euractiv lors d’une interview récente. « Il y a du travail à faire, il faut que les États s’engagent à atteindre cet objectif et nous collaborons avec l’UE pour voir comment nous pouvons y parvenir ».

Le célèbre climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele pense également que les objectifs de l’UE pour 2030 ne sont « plus d’actualité » et ne correspondent pas aux objectifs de l’accord de Paris.

Une idée partagée par le Parlement européen qui a voté une résolution en octobre pour encourager l’UE à augmenter ses objectifs de réduction d’émissions à 55 % d’ici 2030.

Toutefois, les États membres de l’UE, et principalement l’Allemagne, sont réticents à s’éloigner de l’objectif de 40 %, bien qu’ils aient adopté l’année dernière la législation européenne sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique qui engage de facto l’Europe à un objectif de 45% pour 2030.

« Pour l’UE, le sommet de l’ONU doit être l’apogée de la discussion de sa nouvelle stratégie climatique à long terme », a déclaré Wendel Trio, appelant l’Europe à « diriger le débat vers la question essentielle de l’augmentation des objectifs climatiques pour 2030. »

Cacophonie parlementaire sur les objectifs climatiques de l'UE

Le Parlement européen ne parvient pas à avancer sur la législation censée permettre à l’UE d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris, les commissions se disputant la première place.

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