Les 28 veulent une feuille de route rapide sur le climat

L'Europe a connu en 2017 sa cinquième année la plus chaude depuis 1851. [NASA on The Commons / Flickr]

Les dirigeants de l’UE ont demandé à la Commission de présenter une stratégie climatique pour 2050 « d’ici le premier trimestre 2019 », mettant fin aux spéculations sur le calendrier de la proposition.

« Le Conseil européen invite la Commission à présenter, d’ici le premier trimestre 2019, une proposition de stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre à long terme pour l’UE, conformément à l’accord de Paris, en tenant compte des plans nationaux », peut-on lire dans les conclusions du sommet, adoptées le 22 mars à Bruxelles.

La feuille de route pour 2050 est attendue depuis des mois, mais la Commission semblait hésiter, dans un contexte de spéculations sur le délai. L’accord de Paris appelle ses signataires à proposer des stratégies de décarbonisation à long terme afin d’équilibrer les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre « dans la seconde moitié de ce siècle ».

Les experts juridiques n’étaient toutefois pas d’accord sur la date limite à laquelle ces stratégies devaient être présentées, certains citant le 1er janvier 2020 et d’autres le 31 décembre 2020. À la Commission européenne, certains hauts fonctionnaires auraient préféré laisser la décision au prochain exécutif, qui remplacera la Commission Juncker à l’automne de l’année prochaine, après les élections européennes de mai 2019.

Miguel Arias Cañete, le commissaire chargé de l’action pour le climat, ne faisait certainement pas partie de ce groupe. Sur Twitter, il s’est félicité de l’appel des dirigeants de l’UE, affirmant qu’il n’y avait « pas de temps à perdre » et que la Commission « tiendra ses promesses ». Il souligne également l’impact positif que cela représenterait dans d’autres secteurs, comme celui de l’emploi.

Jonathan Gaventa, directeur du bureau bruxellois du groupe de réflexion sur le climat et l’énergie E3G, confirme qu’une clarification sur le calendrier était attendue depuis longtemps.

« Il est difficile de réussir la transition climatique si l’on ne sait pas où l’on va », a-t-il fait remarquer. « Une bonne stratégie à long terme exposera les choix qui s’offrent à l’Europe. À quelle vitesse devons-nous transformer notre infrastructure, nos bâtiments, nos industries ? De quels signaux les investisseurs ont-ils besoin ? »

Il avertit cependant qu’il faut faire vite, le premier trimestre de 2019 approchant à grands pas. « C’est le bon moment pour lancer des conversations intersectorielles et géographiques sur la manière de passer d’ici au milieu du siècle à une économie zéro émission. »

La Commission avait déjà élaboré une feuille de route de l’UE pour une économie à faible intensité carbone d’ici 2050 en 2011. Celle-ci traçait la voie vers une réduction d’au moins 80 % des émissions du bloc d’ici le milieu du siècle, conformément aux engagements internationaux de l’UE.

Cette feuille de route doit toutefois être mise à jour, à la lumière de l’accord de Paris, qui stipule que les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent atteindre leur maximum « dès que possible » en vue d’atteindre la neutralité carbone « dans la seconde moitié de ce siècle ».

En septembre, des sources européennes ont expliqué à Euractiv que l’exécutif se préparait à lancer une consultation publique, afin de pouvoir présenter la version actualisée d’ici la fin de l’année, affirmant que « la réalisation de l’objectif de Paris de maintenir le changement climatique bien en dessous de 2 °C – et ne visant pas plus de 1,5 °C – nécessite une action audacieuse, y compris pour atteindre la neutralité climatique au cours de ce siècle ».

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Exclusif. La Commission européenne prépare une mise à jour de sa feuille de route pour une économie zéro carbone d’ici 2050. Une remise en cause qui sous-tend que les objectifs actuels de l’UE sont insuffisants.

La Commission n’était cependant pas la seule à traîner les pieds. Les États membres se sont également montrés réticents vis-à-vis d’un plan à long terme de réduction de gaz à effet de serre dans le cadre des négociations en cours sur le règlement de gouvernance de l’Union de l’énergie.

« Les conclusions du Conseil ne suffisent pas », estime d’ailleurs Quentin Genard, conseiller politique principal chez E3G, « Le règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie est en cours de négociation et devrait fournir un cadre clair pour une planification à long terme aux niveaux européen et national alignés sur les objectifs de l’accord de Paris. »

Or, les stratégies à long terme sont cruciales pour lutter contre le changement climatique, souligne-t-il. « Elles constituent la base sur laquelle les décideurs politiques, les investisseurs et les entreprises peuvent identifier les principaux choix que l’UE doit faire pour éliminer progressivement les combustibles fossiles, planifier ses infrastructures et déployer des technologies à faible émission de carbone. »

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