Filière du bois en France : les professionnels satisfaits des nouvelles mesures annoncées par le gouvernement

La France est le 4e pays d’Europe en terme de superficie forestière avec un taux de boisement de 31 %. [Pack-Shot]

Les ministres en charge de l’Agriculture et de l’alimentation, du Logement et de l’Industrie ont annoncé lundi (19 avril), la signature d’un avenant au Contrat stratégique de la filière bois (CSF) lancé en 2018, dans la perspective du plan France Relance.  

« Le fait de mobiliser trois ministres c’est déjà un signe d’intérêt très important », se réjouit Nicolas Douzain de la Fédération Nationale du Bois (FNB).

L’actualisation du contrat vise notamment à « accélérer la contribution de la filière bois- forêts dans la transition bas carbone » mais aussi à développer une industrie quelque peu oubliée ces dernières années. 

Pour le délégué général de la FNB, la mesure la plus importante prise par la gouvernement est l’ouverture d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le développement de produits bois et de systèmes constructifs bois innovants. 

« La RE2020 (nouvelle réglementation environnementale des bâtiments neufs) va générer de la demande, et donc plus de consommation de bois de construction », détaille-t-il.

Une augmentation de la demande soutenue par le plan France Relance : « C’est un appui aux investissements pour relocaliser en France et mobiliser la ressource nationale pour servir la demande de bâtiments neufs ou en rénovation », souligne le délégué général. 

« L’enjeu, c’est la souveraineté nationale »

Relocaliser, c’est le maître mot. Depuis plusieurs années, la filière du bois français est mise à mal par l’importation de bois étranger venu notamment d’Allemagne, de Chine ou des États-Unis. Aujourd’hui, au sein de la filière, il y a autant de bois importé de l’étranger que de bois issu des forêts de France. 

Des chiffres qui posent question lorsqu’on sait que la France est le 4e pays d’Europe en terme de superficie forestière avec un taux de boisement de 31 %. « Si on importe plus de bois ces dernières années de l’étranger, c’est parce que nos industries voisines ont déjà eu des aides de leur gouvernement pour mettre leur industrie à niveau », explique Nicolas Douzain. 

La revalorisation du gouvernement est donc la bienvenue : « L’enjeu, c’est la souveraineté nationale. En ce moment, les usines tournent à 120% de leur capacité. On nous apporte les éléments pour que l’offre soit à dimension de la demande », ajoute-t-il. 

Pour les professionnels du secteur l’objectif est double : tout d’abord augmenter la part d’utilisation du bois dans la construction, qui est de 8% dans la construction neuve : « on va passer à 15-20% à l’horizon 2030 », précise la FNB. 

Puis, dans cette augmentation de 15 à 20%, augmenter la part de bois français, avec pour objectif d’en utiliser « 70% ». 

Le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, a également soulevé la question du renouvellement de la ressource forestière et son adaptation au changement climatique. « Avec le plan France Relance doté de 200 millions d’euros pour la forêt et le bois, nous portons une stratégie ambitieuse pour nos forêts, fondée sur son renouvellement et son adaptation au changement climatique », a-t-il déclaré.

Pour Nicolas Douzain, si le chantier est « colossal », il n’en reste pas moins essentiel : « il faut aider la forêt à être plus résiliante face aux élévations de températures et au changement climatique », conclut-il. 

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