Forêt urbaine : l’allié biodiversité de l’Europe

En Europe, la première forêt urbaine a été créée en Sardaigne en 2011, selon la méthode Miyawaki. Cette technique, du nom de son créateur japonais, permet de restaurer des forêts primaires sur des sols très abîmés, en un temps record : en 30 ans une jeune forêt primaire peut être reconstruite. Si on laisse la nature agir seule, il faudrait entre 150 et 200 ans.  [Elle Aon]

100 mètres carrés suffisent pour récréer l’écosystème d’une forêt grandeur nature. 

15 à 30 espèces d’arbres sont plantés dans une mini forêt urbaine. Pour Nicolas de Brabandère, fondateur de Urban Forest, une entreprise belge spécialisée dans la création de forêts urbaines, il y a tout un écosystème qui se crée, même dans d’aussi petites surfaces. 

« Il y a toute cette interaction entre le sol, les racines. Ces plantes qui viennent spontanément coloniser le sous-bois et se mettre autour. Les insectes qui viennent se nourrir et habiter dans cet espace. Les oiseaux qui viennent faire leur nid. », déclare-t-il. 

Même s’il reconnaît que, « la biodiversité ne sera pas de la même ampleur que dans une grande forêt. On ne verra pas de loups, ni de cerfs », cela n’empêche pas de retrouver la « mécanique d’un écosystème forestier ». 

La forêt française progresse en surface mais pas en valeur

En trente ans, la forêt française a gagné l’équivalent de la superficie de la Bretagne, soit 2,7 millions d’hectares.

En Europe, la première forêt urbaine a été créée en Sardaigne en 2011, selon la méthode Miyawaki. Cette technique, du nom de son créateur japonais, permet de restaurer des forêts primaires sur des sols très abîmés, en un temps record : en 30 ans une jeune forêt primaire peut être reconstruite. Si on laisse la nature agir seule, il faudrait entre 150 et 200 ans. 

Suite à la plantation de la microforêt urbaine en Sardaigne, la Commission européenne rend son verdict : « la méthode Miyawaki adaptée pourrait constituer un nouvel outil rapide et rentable pour les forestiers qui tentent de reboiser les régions méditerranéennes ». 

Le projet, financé par l’Union européenne, a servi d’étude pour voir si ce type de forêts pouvait se développer dans des conditions extrêmes. « La forêt de haute qualité qu’elle crée pourrait être particulièrement utile pour les zones de conservation et les parcs naturels où l’esthétique et l’impact écologique des techniques de reboisement traditionnelles peuvent limiter leur utilisation. », conclut le rapport. 

Lutter contre les émissions de CO2

Selon Greenpeace Allemagne, les forêts ont un potentiel d’absorption de 245,4 millions de tonnes de CO2 par an. En réduisant l’exploitation forestière européenne d’un tiers, ce chiffre passerait à 487,8 millions. Ces dernières années, les mini forêts en milieu urbain connaissent un essor fulgurant. Elles jouent un rôle important dans l’absorption du dioxyde de carbone. 

« J’ai l’impression que l’engouement vient du fait qu’on soit un peu fatalistes par rapport au changement climatique. Les gens ne savent pas quoi faire, ça parait tellement gigantesque. Là c’est une solution sympathique, participative, accessible en terme de budget, et de surface », analyse Nicolas de Brabandère. 

Depuis la Sardaigne, l’Union européenne n’a pas financé d’autres projets Miyawaki. En France, la maire de Paris Anne Hidalgo a promis la création de 4 forêts urbaines dans la capitale d’ici la fin de son mandat. 

La forêt européenne a drastiquement rétréci au cours des dernières années

Selon un rapport du Centre commun de recherche (JRC), l’Europe a perdu de nombreux hectares de forêts ces dernières années. En cause, la déforestation, qui réduit la capacité d’absorption du carbone du continent et accélère le changement climatique.

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