« Fridays for Future » demande à Angela Merkel plus d’engagement pour le climat

Greta Thunberg, Luisa Neubauer (Allemagne), Anuna de Wever et Adélaïde Charlier (Belgique) du mouvement Fridays for Future se sont entretenues ce jeudi 20 aout avec la chancelière pendant 90 minutes. [EPA-EFE/Steffen Kugler]

Ce jeudi 20 août à Berlin, des figures centrales du mouvement « Fridays for Future » (FFF) ont appelé la chancelière allemande Angela Merkel (CDU) à s’engager davantage dans la lutte contre le réchauffement climatique après une rencontre qualifiée d' »aimable ».

« Nous exigeons que l’accord de Paris sur la protection du climat soit traduit en mesures politiques concrètes dès maintenant », a déclaré la militante allemande Luisa Neubauer à l’issue de l’entretien. « Tout est question d’objectifs clairs et de chiffres précis », a-t-elle poursuivi. « Pour cela, nous avons besoin d’actions, plus que de simples mots sympathiques. »

La militante suédoise Greta Thunberg a maintenu que « chacun a une responsabilité, chacun peut briser le cercle vicieux dans lequel une personne blâme l’autre ». Il est nécessaire de « combler l’énorme fossé entre ce que dit la science et ce qui se passe réellement », a demandé de son côté la militante belge du FFF, Adélaïde Charlier.

Greta Thunberg, Luisa Neubauer, Anuna de Wever (Belgique) et Adélaïde Charlier se sont entretenues avec la chancelière pendant 90 minutes. Elles ont déclaré que l’atmosphère de la réunion était amicale, mais ont ajouté que « nous abordons la situation sous des angles différents ».

Pendant l’entretien, Mme Merkel a ainsi souligné qu’en tant que physicienne, elle est consciente des exigences de la science, mais qu’en tant que politicienne, elle doit « tenir compte de la complexité de la situation ». La chancelière a toutefois assuré qu’elle est prête à faire avancer la protection du climat pendant la présidence allemande de l’UE.

L’Allemagne a une « énorme responsabilité, nous voulions être sûre qu’elle porte haut les enjeux [climatiques] », a expliqué Anuna de Wever. « Angela Merkel semble en être consciente », a abondé Luisa Neubauer.

La chancelière, qui quittera le pouvoir fin 2021, et les quatre militantes, ont « convenu que le réchauffement climatique constituait un défi mondial et que les pays industrialisés portaient une responsabilité particulière dans la lutte contre ce phénomène », a soutenu le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert après la rencontre.

Il a précisé que l’objectif européen de neutralité carbone d’ici à 2050, ainsi qu’un objectif de réduction plus ambitieux des émissions de CO2 pour 2030, ont été les principales questions débattues lors de la rencontre.

La réunion a également porté sur l’accord de libre-échange controversé Mercosur entre l’UE et l’Amérique latine, que les écologistes rejettent, entre autres par crainte d’une nouvelle destruction des forêts tropicales. La militante climatique belge Anuna De Wever s’est dite « heureuse » que Mme Merkel ait exprimé son opposition à l’accord.

Deux ans d’activisme

Cette rencontre intervient deux ans jour pour jour après le début de la mobilisation de Greta Thunberg qui, alors âgée de 15 ans, manifestait devant le parlement suédois.

Son engagement a depuis essaimé dans de nombreux pays pour se muer en un mouvement, le « Fridays for future » avec les manifestations hebdomadaires.

Malgré ces protestations, « nous avons encore perdu deux années cruciales à cause de l’inaction politique », déplorent les militantes dans une tribune publié la veille dans The Guardian, appelant les pays à cesser leurs investissements dans les énergies fossiles.

De fait, les pays du G20 ont promis 151 milliards de dollars d’argent public pour les énergies fossiles, ce qui représente 56 % du volet énergétique de leur plans de relance économique post Covid-19.

Par ailleurs, de nouvelles centrales à charbon d’une capacité de 92 GW ont été construites, soit presque équivalente à la capacité totale de production d’électricité installée au Royaume-Uni.

Chaque année le monde émet 4 % de CO2 de plus par rapport à 2015, date de la signature de l’accord de Paris.

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