La Grèce autorise le Roundup pour cinq ans

La France doit interdire le glyphosate d'ici 3 ans, mais l'objectif ne sera pas inscrit dans la loi sur l'Agriculture et l'alimentation. [Shutterstock]

Le ministère grec de l’Agriculture a officiellement réautorisé le 6 mars la vente de l’herbicide le plus utilisé au monde, le Roundup de Monsanto, qui contient du glyphosate, une substance chimique controversée.

Selon la décision prise par le ministère de l’Agriculture, le Roundup est autorisé sur le marché grec du 6 mars 2018 au 15 décembre 2023. La Grèce faisait pourtant partie des neuf États membres qui se sont opposés au projet de l’UE d’autoriser à nouveau le glyphosate lors d’un vote crucial l’année dernière. La vente de l’herbicide controversé a finalement été réautorisée à la majorité qualifiée grâce au vote de l’Allemagne, qui s’était précédemment abstenue.

Le glyphosate réautorisé pour cinq ans

L’herbicide a été réautorisé pour 5 ans, lors d’une vote à la majorité qualifiée des États membres a finalement réautorisé la vente du glyphosate. 18 pays, dont l’Allemagne qui a changé d’avis, ont voté pour, face à neuf contre dont la France.

En janvier, six ministres de l’Agriculture et de l’Environnement de France, Belgique, Grèce, Luxembourg, Slovénie et Malte ont écrit au commissaire européen de la santé, Vytenis Andriukaitis, et ont réitéré leurs « inquiétudes » vis-à-vis des risques générés par l’utilisation du glyphosate. Les ministres ont également insisté sur la nécessité de trouver une alternative à la substance controversée.

Des sources du ministère grec de l’Agriculture ont déclaré à Euractiv que la France était à la tête des pays qui souhaitent trouver une alternative. « À ce jour, il n’y a eu qu’un échange de mails. Il n’y a pas encore de plan concret », ont souligné ces mêmes sources.

Paris serait disposée à réaliser une recherche scientifique sur les alternatives au glyphosate et à fournir des données supplémentaires confirmant que l’utilisation de l’herbicide devrait prendre fin en 2022, à la fin de la période prolongée de cinq ans.

Il n’est pas encore clair si ces pays ont demandé un financement de l’UE pour mener cette recherche.

Des sources ont expliqué que les inquiétudes entourant le glyphosate ne se limitaient pas seulement à la santé et à l’environnement, mais aussi à son efficacité réelle. En Grèce, par exemple, la substance chimique ne convient pas à la composition rocheuse du sol ; d’autres substances chimiques sont donc nécessaires.

Six États membres réclament une alternative au glyphosate

Plusieurs membres de l’UE ont envoyé une lettre à la Commission européenne en décembre pour demander qu’une étude soit menée pour trouver une alternative à la substance controversée.

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