Pour Juncker, l’objectif climatique pour 2030 est prioritaire

Jean-Claude Juncker [Photo: Alexandros Michailidis / Shutterstock]

Pour Jean-Claude Juncker, l’UE devrait se concentrer sur les politiques climatiques pour 2030, « urgentes et immédiates », plutôt que sur la proposition pour 2050 avancée par huit États membres.

À la fin du sommet informel de Sibiu, le président de la Commission a été interrogé sur la place accordée au changement climatique lors de la rencontre. Les défenseurs de l’environnement ont dénoncé le peu d’attention que la question a reçue.

Le Luxembourgeois a assuré avoir « beaucoup de sympathie » pour les jeunes qui ont manifesté ces derniers mois. « Pendant des dizaines d’années, je me suis plaint du fait que les jeunes européens ne sortaient pas dans la rue. Je suis heureux qu’ils prennent leur destin en main. »

Le chef de l’exécutif européen a toutefois déclaré que même s’il avait « étudié avec attention » une lettre signée par huit pays soutenant un objectif zéro émission nette pour 2050, l’objectif existant pour 2030 restait la priorité.

Berlin et Varsovie ferment les yeux sur l’urgence climatique

Avant le sommet sur l’avenir de l’Europe à Sibiu, un appel pour plus d’ambition climatique a été lancé par les gouvernements français, néerlandais, belge, suédois, danois, espagnol, portugais et luxembourgeois.

« Je suis d’accord avec le fait d’intégrer un nouvel objectif pour 2050 dans le paysage, mais je dois dire que nous avons un premier objectif à atteindre pour 2030. Concentrons-nous sur les actions urgentes et immédiates », a déclaré Jean-Claude Juncker aux journalistes. « Essayons de ne pas échapper à nos responsabilités en fixant un objectif beaucoup plus lointain que notre temps d’action en politique. »

L’objectif actuel pour 2030 est une réduction des émissions de 40 % qui, selon l’analyse de la Commission, pourrait être atteint facilement. Les chiffres mis à jour de l’exécutif, publié l’année dernière après l’adoption de nouvelles lois européennes sur les renouvelables et l’efficacité énergétique, suggèrent qu’une réduction d’au moins 45 % sera atteinte.

Les membres du Parlement européen se sont accordés en mars sur le fait que l’objectif 2030 devait être rehaussé à au moins 55 %. L’unanimité nécessaire entre les États membres sera toutefois difficile à atteindre au Conseil des ministres. Les activistes de la lutte pour le climat comme Greta Thunberg, ont même proposé un objectif de 80 % pour aligner les objectifs européens avec les derniers faits scientifiques.

En novembre, l’exécutif européen a présenté son plan climat pour 2050, qui aurait pour but de rendre l’économie européenne compatible sur le long terme avec les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. Le scénario le plus ambitieux serait une réduction des émissions de gaz à effet de serre nette zéro d’ici la moitié du siècle.

La voie du net-zéro est actuellement soutenue par la France, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, l’Espagne, la Belgique, le Luxembourg et le Portugal. La Finlande, la Slovénie et la Lettonie devraient aussi accepter cet objectif en principe.

L’Allemagne, l’Italie et la Pologne sont les absents notables de ce document sur le climat. Lors du sommet, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré aux journalistes qu’elle soutenait davantage d’efforts sur le changement climatique mais que Berlin n’était pas encore prêt à signer une promesse de net-zéro.

« J’ai dit que je soutenais explicitement le renforcement de nos objectifs », a assuré la chancelière, ajoutant qu’elle soutenait une proposition de dédier 25 % du prochain budget de l’UE à l’action pour le climat. Elle estime toutefois qu’il est peu probable qu’un accord paneuropéen soit conclu et qu’une « coalition de volontaire » comme les signataires du document non-officiel pourrait être la solution.

L’horloge tourne

Les membres des Nations unies se rencontreront à New York en septembre pour partager « des plans concrets et réalistes pour améliorer leurs contributions », jugées insuffisantes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Les responsables soucieux de préserver le rôle de leader climatique autoproclamé du bloc espèrent que les pays de l’UE seront en mesure de parvenir d’ici là à un accord sur l’augmentation de l’objectif 2030 ou sur un objectif 2050, bien que le temps presse.

À Sibiu, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé la tenue d’un sommet supplémentaire le 28 mai, immédiatement après les résultats des élections européennes. Le sommet européen trimestriel aura lieu quelques semaines plus tard, les 28 et 29 juin.

Ces deux réunions seront probablement dominées par des décisions sur les postes de direction de l’UE et sur les personnes qui devraient diriger les différentes institutions de l’UE. Le marchandage politique qui domine ces périodes signifie que l’UE pourrait se présenter à la réunion de l’ONU à New York sans nouveaux engagements.

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