L’UE s’engage à lutter contre l’exploitation clandestine des forêts [FR]

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Le commissaire européen en charge de l’Environnement, Stavros Dimas, a annoncé la semaine dernière que la Commission proposera de nouvelles mesures en mai pour lutter contre l’exploitation clandestine des forêts au moment où certains craignent que la législation européenne actuelle soit insuffisante.

Mercredi dernier (19 mars), M. Dimas a annoncé que la Commission prendra des mesures d’ici fin mai pour une utilisation durable du bois et des produits dérivés du bois en Europe. Il a ajouté que les mesures proposées visent à améliorer la gouvernance des pays producteurs et à rendre la législation plus exploitable.

L’annonce survient après la présentation du rapport au commissaire par l’association Les amis de la Terre qui affirme que la moitié des importations de bois dans l’UE proviennent de l’exploitation illégale de zones extrêmement menacées – y compris l’Afrique centrale, la frange tropicale de l’Amérique du Sud, la Russie et l’Indonésie.

En réponse à ce rapport, la porte-parole Barbara Helfferich du commissaire européen M. Dimas a déclaré que la Commission examinerait le type de mesures à prendre sous son mandat. Elle a ajouté qu’il fallait agir pour lutter automatiquement contre la déforestation et l’exploitation forestière clandestine.

Le commissaire M. Dimas a rappelé l’importance de la question de l’exploitation clandestine des forêts puisqu’elle contribue à la déforestation, ce qui cause des dommages à la fois au changement climatique et à la biodiversité. L’exécutif européen est déterminé à lutter contre ces fléaux. Selon lui, la Commission avait signé des accords volontaires avec la Malaisie, l’Indonésie, le Cameroun et la Ghana et des accords similaires avec d’autres pays étaient en cours de discussion.

Le rapport stipule également que l’exploitation clandestine du bois était présente dans un certain nombre de projets de construction de l’UE. En remettant en cause l’efficacité de la législation européenne, Anne van Schaik des Amis de la Terre aux Pays-Bas affirme que la Commission n’était même pas capable de maintenir l’exploitation clandestine du bois et la destruction des forêts hors de ses propres projets de construction.

Cependant, la porte-parole de l’exécutif européen, Valérie Rampi, a souligné que l’incident en question, concernant le bâtiment Berlaymont à Bruxelles, était un cas isolé et que la société impliquée avait été condamnée à une amende pour non respect des conditions très strictes de la législation.

La mise en place d’un régime d’autorisation volontaire relatif aux importations de bois dans l’UE afin de lutter contre l’exploitation clandestine du bois a été d’abord introduit en 2005. Ce système invite les pays exportateurs à mettre en œuvre un système de licence permettant de vérifier que les produits exportés sont d’origine légale (EURACTIV 26/10/05). Les mesures introduites concernaient l’application des réglementations forestières, à la gouvernance et aux échanges commerciaux (le plan appelé « FLEGT »).

Néanmoins, une consultation publique, publiée en 2007 par la Commission, a révélé que de nombreuses parties prenantes estiment qu’une législation supplémentaire est indispensable pour lutter contre l’exploitation clandestine des forêts de façon plus efficace, notamment d’éventuelles interdictions d’importations.

L’Organisation mondiale de protection de l’environnement (WWF) a récemment vivement critiqué l’échec des Etats membres de l’UE pour réduire l’exploitation forestière clandestine. Une étude publiée l’année dernière a accusé la majorité des pays européens de ne pas avoir réussi à prendre d’action réelles concernant l’application du plan FLEGT(EURACTIV 03/05/07).

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