L’UE veut croire à un accord global sur le climat en 2015 après Lima

Durchatmen in Lima: Nach zweitägiger Verlängerung einigten sich die Staaten einigten sich auf einen Fahrplan in Richtung Pariser-Klimavertrag. © dpa

L’Union européenne estime que le résultat des négociations sur le climat à Lima ouvre la voie à un accord global en 2015 à Paris, mais regrette un certain manque d’ambition. 

La 20e conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, réunie à Lima au Pérou, a approuvé dans la nuit de samedi 20 au dimanche 21décembre les éléments de base d’un futur traité mondial sur le climat qui devra être conclu à la conférence de Paris fin 2015.

Au terme de négociations marathon qui se sont achevées après une prolongation d’une trentaine d’heures, le document final de quatre pages invite les pays participants à présenter au début de l’année prochaine – avant une date-butoir informelle au 31 mars – leurs propres plans nationaux de lutte contre le réchauffement climatique, afin de constituer une base pour un futur traité à conclure lors du sommet sur le climat prévu à Paris en décembre 2015.

En vertu de l’accord, les engagements des différents pays en matière de lutte contre le réchauffement climatique seront compilés dans un rapport qui sera établi au plus tard le 1er novembre 2015, cela afin d’évaluer leurs effets combinés pour freiner la hausse des températures.

Résultat en demi-teinte

Le texte expose une vaste gamme de possibilités en vue de l’accord de Paris, dont celle de viser un objectif zéro d’émissions de C02 à l’horizon 2100, voire plus tôt, via un abandon des combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables.

La majeure partie des décisions difficiles sur les moyens de freiner les changements climatiques ont été remises à l’année prochaine. « Il restera beaucoup à faire à Paris l’an prochain », a ainsi déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

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« L’UE est venue à Lima pour jeter les bases pour les négociations à Paris. Maintenant, nous sommes sur le chemin de Paris. Et bien que l’UE voulait un résultat plus ambitieux de Lima, nous croyons que nous sommes sur la bonne voie  pour parvenir à un accord mondial à Paris l’année prochaine «  a reconnu Miguel Arias Cañete ,  le commissaire européen à l’Énergie et au Climat.

Le texte final adopté à Lima a apaisé les pays émergents, dont la Chine et l’Inde, qui craignaient que les esquisses précédentes n’imposent à leurs économies un fardeau trop lourd, par comparaison avec les pays riches, en matière d’efforts pour freiner le réchauffement mondial.

Satisfaction des grands émergeants

« Nous avons obtenu ce que nous voulions », a déclaré le ministre indien de l’Environnement, Prakash Javedekar, satisfait de voir que le texte préserve l’idée que les pays riches doivent montrer l’exemple en matière de réduction des gaz à effet de serre.

L’accord trouvé à l’issue des deux semaines de négociations de Lima dit clairement que les pays riches devront fournir un soutien financier aux pays en développement, a-t-il ajouté.

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L’accord satisfait également les pays riches, emmenés par les États-Unis, pour lesquels il est temps que les économies émergentes contiennent leurs émissions de gaz à effet de serre, en forte augmentation ces dernières années. La Chine est désormais le plus gros pollueur de la planète, devant les États-Unis, l’Union européenne et l’Inde.

Déception des ONG environnementales

« C’est un bon document pour préparer Paris », a dit ainsi à Reuters le commissaire européen à l’Énergie et au Climat, Miguel Arias Canete.

Même ainsi, le secrétariat des Nations unies au changement climatique a indiqué que les engagements combinés de tous les pays, en vue de la conférence de Paris, ne suffiront pas pour atteindre l’objectif affiché, à savoir limiter le réchauffement à 2° Celsius au-dessus de la température moyenne de l’ère pré-industrielle.

Aussi les organisations environnementales estiment-elles que l’accord trouvé à Lima, dans un camp de tentes installé sur une base militaire, est beaucoup trop timoré.

« Nous sommes passés de faible à un cran plus faible, et ensuite à ce qu’on pouvait faire de plus faible », a estimé Samantha Smith, de l’ONG WWF, au sujet des projets successifs rédigés à Lima. « Cela laisse une tâche énorme à accomplir aux gouvernements et à tous les autres acteurs dans les 12 mois à venir ».

Greenpeace a estimé dans un communiqué que « sans surprise, les actes sont absents » à la conférence de Lima. « On est très loin d’un accord qui enclencherait enfin la sortie des énergies fossiles, condition pour lutter contre les dérèglements climatiques selon le Giec (NDLR, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) », écrit Greenpeace.

« Les résultats de Lima sont médiocres, mais sans surprise », déclare Sébastien Blavier, chargé de campagne énergie à Greenpeace France.

L’idée d’aboutir à Paris à un traité international imposant des obligations à tous les pays marque une évolution nette par rapport au protocole de Kyoto (1997), qui n’imposait qu’aux seuls pays riches de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

« Ce à quoi nous assistons, c’est à une nouvelle forme de coopération internationale sur les changements climatiques, par laquelle l’ensemble des pays participera, avec une batterie de nouvelles réglementations », analyse Jennifer Morgan, du club de réflexion World Resources Institute.

« Après d’intenses négociations, la conférence de Lima sur le dérèglement climatique a abouti à un accord qui constitue une base de travail pour préparer Paris Climat 2015.  Cet accord, qui demandera encore un travail important et délicat, devra apporter des réponses concrètes pour lutter contre le dérèglement climatique, notamment en faveur des pays les plus vulnérables » a déclaré Laurent Fabius,  ministre des Affaires étrangères et du Développement international.

 « L’accord conclu aujourd'hui représente le plus petit dénominateur commun, mais il est important de maintenir le processus afin de parvenir à un accord mondial à Paris » , a déclaré Giovanni La Via ( PPE, IT ). Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser toutes les questions sensibles ouvertes pour Paris Climat 2015, ou il sera difficile de parvenir à un accord » 

Gian Luca Galleti, ministre de l’environnement de l’Italie, le pays à la tête de la présidence tournante de l’UE a déclaré: « Nous avons passé de nombreuses journées et nuits à chercher un compromis. Nous remercions le Pérou, qui a organisé et guidé les discussions intenses de la COP de Lima. Les négociations ont été difficiles, mais il est important de garder l’esprit d’optimisme et d’opportunité politique qui nous a réunis à Lima. L’issue de ces négociations nous donne une base solide sur laquelle s’appuyer lors des discussions futures. »

Pour Miguel Arias Cañete, le commissaire à l’énergie et au climat, « L’UE est venue à Lima pour préparer les négociations de Paris [en décembre 2015]. Nous sommes à présent en route vers Paris, et bien que l’UE espérait une conclusions plus ambitieuse de cette conférence, nous pensons être dans la bonne voie pour conclure un accord mondial à Paris l’an prochain. Ces deux dernières semaines, Bruxelles a adopté une approche constructive et s’est montrée prête à construire autant de ponts et de compromis que possibles. Pour ce faire, l’UE, habituée à dépasser les différends et à trouver des objectifs communs entre ses membres, s’est fondée sur son expérience. Notre ambitieux paquet pour 2030 sur le climat et l’énergie montre qu’un accord est possible. »

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Après la COP 19 à Varsovie fin novembre 2013, le Pérou se charge de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organisera la 21ième conférence, au Bourget, début décembre 2015.

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