La Banque d’Angleterre demande aux entreprises de s’engager pour la COP26

[Shutterstock]

La lutte contre le changement climatique peut être un important vecteur d’affaires pour les entreprises, souligne le gouverneur de la Banque d’Angleterre. Mais pas à n’importe quelles conditions. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Le compte à rebours de la COP 26 est déclenché. Et pour préparer le sommet climatique de Glasgow, quoi de mieux que de réunir le gratin de la finance londonienne au siège de la City ? C’est précisément ce qu’a fait, ce jeudi 27 février, Marc Carney. A cette occasion, le futur ex-gouverneur de la Banque d’Angleterre a rappelé quelques fondamentaux.

Probable invitée d’honneur du sommet climatique écossais du mois de novembre, la neutralité carbone est le marché du siècle pour qui saura s’en saisir. La décarbonation du seul système énergétique nécessite d’investir 3 500 milliards de dollars par an jusqu’à 2050. Un rythme deux fois supérieur à celui d’aujourd’hui, rappelle l’agence internationale de l’énergie (AIE). Mais l’argent n’est pas tout.

Réviser ses pratiques

Car les entreprises qui résisteront aux effets du réchauffement seront celles qui auront fortement révisé leurs pratiques. « Atteindre la neutralité carbone impose une révolution économique : chaque entreprise, chaque banque, chaque assureur et investisseur devra faire évoluer son business model pour faire d’un risque existentiel la plus grande opportunité d’affaires de notre temps », résume le tout nouveau conseiller financier du gouvernement britannique pour la COP.

Changer de business model ? Simple. Mais comment faire ? « D’ici à la COP 26, l’objectif pour la finance est simple : s’assurer que chacune de ses décisions prend le climat en compte », répond le prochain envoyé spécial des Nations Unies pour le climat. Par exemple, en intégrant les principes établis par la Task force on climate-related financial disclosures (TCFD). Le banquier d’origine canadienne appelle aussi les entrepreneurs à fixer un calendrier précisé de baisse d’émissions pour les scopes 1, 2 et « idéalement » 3. Pas simple : BP émet directement une cinquantaine de millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an. En revanche, l’impact carbone de la consommation de ses produits pétroliers est 20 fois supérieur à celui du scope 1.

135 000 milliards de dollars

Les entreprises devront aussi montrer comment adapter leur stratégie à ce but nouveau et établir des indicateurs de suivi des performances climatiques. « En regardant au-delà du court terme et en contribuant à une trajectoire économique plus durable, le secteur financier peut devenir une force d’action puissante pour nous assurer le meilleur intérêt commun », a conclu la présidente de la banque centrale européenne, Christine Lagarde.

Selon le dernier recensement établir par la Banque d’Angleterre, plusieurs centaines de banques, de compagnies d’assurance, de fonds de pension et d’investisseurs, ayant 135 000 milliards de dollars d’actifs en gestion exigent que les entreprises dans lesquels ils investissent suivent les préconisations du TCFD. Nul doute que ce flux grossira à mesure que l’on s’approchera de l’ouverture de la COP.

Lancement raté pour la COP 26

Le Premier ministre britannique a confirmé l’organisation à Glasgow du sommet climatique onusien. Reste à lui trouver un nouveau président. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER