La canicule, menace mortelle pour un tiers des Terriens

Les vagues de chaleur se feront toujours plus fréquentes, toujours plus mortelles. [Pongpic/Shutterstock]

Chaque année, près d’un tiers de la population mondiale est exposée à plus de 20 jours d’une canicule potentiellement mortelle. D’ici à 2100, cette proportion pourrait s’élever à près de 75%, révèle une étude publiée lundi 19 juin dans Nature Climate Change. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Il fait chaud, trop chaud… et ce n’est qu’un avant-goût de ce qui attend la planète ces prochaines décennies, lorsque les vagues de chaleur se feront toujours plus fréquentes, toujours plus mortelles. Dans les pays du Sud, mais aussi dans ceux du Nord, comme en témoignent les canicules mortelles survenues en 2003 en Europe (70 000 morts, dont 15 000 en France) ou en 2010 en Russie (10 800 morts rien qu’à Moscou).

Dans quelle mesure la population mondiale est-elle déjà exposée à de tels évènements? Dans leur étude publiée lundi dans Nature Climate Change, Camilo Mora, géographe à l’université de Hawaii (Honolulu), et ses collègues ont analysé 1 949 études liant chaleur excessive et mortalité, portant sur 164 villes de 36 pays, pour déterminer les conditions climatiques (température, humidité) au-delà de laquelle une surmortalité survient.

15% de la surface terrestre

Bilan: environ 15% de la surface terrestre mondiale, regroupant un tiers de la population, connaît déjà au moins 20 jours par an au-dessus de ces conditions. Parmi les zones les plus exposées, une partie de l’Afrique subsaharienne, le sud de la péninsule arabique, le nord de l’Inde, l’Asie du sud-est et le nord de l’Australie.

Sans surprise, la situation devrait nettement se dégrader au fil du siècle. Pour des scénarios «business as usual» (RCP8,5, qui prévoient une hausse de la température mondiale moyenne allant jusqu’à 4,8°C d’ici à 2100 par rapport à 1986-2005), 47,1% de la surface mondiale, soit 73,9% de la population mondiale, connaîtra plus de 20 jours par an d’une chaleur pouvant entraîner une surmortalité.

Un étude prévoit des canicules tous les deux ans d’ici 2030

Les canicules comme celles de l’été 2003, qui avait coûté la vie à 70 000 personnes, se multiplieront dans la vingtaine d’années à venir. Elles seront devenues la norme d’ici la fin du siècle, selon une étude du bureau météorologique britannique (Met Office).

50% de la population touchée, au mieux

Dans le cas le plus optimiste, celui d’un scénario RCP2.6 (jusqu’à +1,7°C d’ici à 2100), 47,6% de la population mondiale serait affectée. Outre les pays du Sud, dont certaines zones seraient confrontées à ce danger toute l’année, cette situation pourrait concerner le sud-ouest des Etats-Unis et le sud de l’Europe, dont l’Italie, qui dépasserait les 50 jours de canicule mortelle par an.

Selon les chercheurs, le phénomène pourrait être fortement aggravé par le vieillissement de la population et par l’urbanisation, du fait des îlots urbains de chaleur, deux facteurs qu’ils n’ont pu prendre en compte dans leur étude.

Les vagues de chaleur sont toujours plus mortelles dans les pays du Sud

Alors que le Pakistan et le Moyen-Orient croulent sous une canicule historique depuis fin mai, une étude publiée mercredi 7 juin dans Science Advances, portant sur l’Inde, révèle la catastrophe sanitaire que constituent ces vagues de chaleur toujours plus courantes. Un article de notre partenaire, le JDLE.

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