La course aux obligations vertes n’est pas indemne de green-washing

La France lance le 3 janvier sa première obligation verte, après la Pologne en décembre. L’absence de standard international pose question à la Commission européenne.

Et non, la France ne sera pas le premier état à lancer une obligation verte, contrairement à ce qui avait été annoncé lors de la conférence sur la transition énergétique en avril 2016.

Largement relayée, par le Parisien, Les Echos, ou Bercy, l’annonce de la France est devenu caduque mi-décembre, lorsque la Pologne a effectivement émis une obligation d’État verte de 750 millions d’euros, destiné à financer la transition écologique. Cet emprunt, par l’Etat polonais, a certes suscité un certain attrait de la part des investisseurs, mais aussi un certain scepticisme, alors que la banque organisant l’opération, HSBC, n’a pas livré les détails des projets devant être financés par la levée de fonds.

Un effet d’annonce ?

Au niveau européen, la Pologne continue de trainer des pieds pour s’arrimer au train de la lutte contre le changement climatique. Et elle le fait très concrètement, en tentant de limiter la portée de la réforme du marché du carbone, ou encore en freinant des quatre fers à propos de la contrainte carbone de l’agriculture et du transport, ces secteurs qui émettent pour l’heure à tout va.

Le Nigeria et le Luxembourg ont également annoncé un lancement imminent d’emprunts d’État pour financer la transition énergétique.

La France annoncera mardi 3 janvier le cadre de la première obligation verte de l’État français. « À la différence des autres obligations émises par l’AFT, ce « green bond » à la française engage l’État à un travail d’identification des dépenses en faveur de la transition énergétique et écologique, et à un reporting des dépenses et investissements qui seront ainsi financés » précise le ministère de l’Ecologie.

Un marché balbutiant

Selon une étude publiée en novembre par la Commission européenne, le marché des obligations vertes devrait représenter un marché total de 41 milliards de dollars en 2015, mais pourrait doubler en 2016. Pour l’instant, l’essentiel du marché est poussé par les organisations internationales comme les banques de développement type banque mondiale, banque européenne de développement etc, les entreprises, les banques mais aussi les collectivités locales.

Les régions s'emparent des obligations vertes

Face à la pénurie de financements, villes et régions commencent à lancer des émissions obligataires « vertes » pour financer leur agenda climat. 

L’arrivée des Etats souverains, qui sont de gros emprunteurs, sur le marché, pourrait effectivement changer la donne ; mais pour l’heure, le marché des obligations vertes est liliputien : il ne représente que 0,13 % du marché obligataire. Pour le développer, l’UE s’interroge sur l’opportunité de développer un standard commun, pour éviter que des fonds ne soient levés sans que des projets concrets, et vraiment écologiques, n’ y soient associés.

Contexte

Une obligation verte ou « green bond » est une obligation dont l'usage des fonds est dédié à un projet générant un impact environnemental positif. Elle se distingue d'une obligation classique par une information précise et spécifique sur les investissements qu'elle finance et leur caractère vert tout en impliquant un risque financier identique pour les investisseurs.

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