La forêt congolaise livrée à l’industrie du bois

Congo rainforest [Kiki Dohmeier shuttertsock]

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) multiplie les concessions pour l’exploitation du bois, mettant en péril les forêts du pays. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement

Deuxième plus grande forêt primaire au monde après l’Amazonie, le bassin du Congo constitue un important puits mondial de carbone. Et son rôle a été revu à la hausse à la suite d’une étude publiée en janvier, qui a révélé la présence de la plus grande tourbière au monde, équivalant à trois ans d’émissions mondiales liées aux énergies fossiles.

Les forêts, une arme contre le changement climatique

Les forêts sont les plus grands puits de carbone de l’Europe et le secteur forestier est celui qui a le plus grand potentiel en termes de captage de carbone de l’atmosphère.

Une zone de la taille de la Belgique

Or, cet écosystème semble en danger imminent. Après l’attribution en février de trois concessions à des compagnies chinoises, le ministère congolais de l’Environnement s’est dit prêt à en accorder 14 autres. La superficie de la zone totale s’étendrait à environ 32.300 km2, soit un peu plus que celle de la Belgique.

Pour les ONG, c’est une claire violation du moratoire instauré en 2002 sur les nouvelles concessions forestières. Ce que dément le ministère de l’Environnement, qui indique que les terres concernées avaient déjà été exploitées.

Le CAFI hausse le ton

Suite à ces annonces, la Central African Forest Initiative (CAFI, organisme de lutte contre la déforestation dans six pays africains), en grande partie financé par la Norvège, a décidé de couper les vivres au pays. Pour Christian Nellemann, directeur du Centre norvégien d’analyse globale, le CAFI « revient à jeter de l’argent par les fenêtres ».

« Il est difficile d’obtenir des résultats, mais il est juste que la Norvège contribue à des projets forestiers dans ce pays. S’en retirer ne va pas conduire à moins de déforestation. A l’inverse, cela va aggraver la situation », tempère le ministre norvégien en charge du climat, Ola Elvestuen.

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