La forêt française progresse en surface mais pas en valeur

Les massifs forestiers couvrent désormais 31 % du territoire contre 10 % en 1908 [Ondrej Zeleznik]

En trente ans, la forêt française a gagné l’équivalent de la superficie de la Bretagne souligne l’inventaire forestier 2020 de l’IGN. Mais la France peine à en toucher les dividendes sur le plan économique. Un article de notre partenaire Ouest France.

En trente ans, la forêt française a gagné l’équivalent de la superficie de la Bretagne, soit 2,7 millions d’hectares. Elle occupe désormais 16,9 millions d’hectares. Et sa progression se poursuit : 90 000 hectares par an, « soit neuf fois la superficie de Paris », rappelle l’IGN dans son inventaire forestier édition 2020. Les trois quarts appartiennent à des propriétaires privés. Dans trois régions : Bretagne, Nouvelle Aquitaine et Pays de la Loire, ce pourcentage monte à 90 %.

L’Ouest en queue de peloton pour le boisement

Les massifs forestiers couvrent désormais 31 % du territoire contre 10 % en 1908. Mais sept départements ont encore aujourd’hui un taux de boisement inférieur à 10 % : la Manche, la Mayenne, la Vendée, le Calvados, le Pas-de-Calais, les Deux-Sèvres et la Loire-Atlantique.

Une rentabilité insuffisante

C’est l’un des paradoxes de la forêt. Sa progression est inversement proportionnelle à sa capacité à valoriser son potentiel sur le plan économique. « Elle demeure partiellement exploitée ; seule la moitié de son accroissement annuel est récoltée. La filière est, depuis au moins deux décennies, en crise structurelle par un sous-investissement chronique et une compétitivité insuffisante »​, souligne un rapport de la Cour des comptes de mai 2020 qui pointe un déficit commercial élevé : 7 milliards d’euros par an.

La forêt progresse mais n’est pas assez rentable. | OUEST-FRANCE

Soutien aux entreprises du bois

Si ce secteur bénéficie d’un soutien public à hauteur de 1,6 milliard d’euros, la moitié est affectée au bois énergie quand il faudrait créer une vraie filière capable de générer de la valeur ajoutée. Ne serait-ce par exemple que pour répondre à une demande croissante du bâtiment pour le bois de construction. Le plan de relance du gouvernement a prévu un volet forestier avec 150 millions d’euros destinés au reboisement des massifs attaqués par les scolytes ainsi qu’au soutien des entreprises de la filière.

Le poumon vert des territoires d’outre-mer

La forêt des cinq départements d’outre-mer représente près de la moitié de la superficie forestière métropolitaine, soit 8,25 millions d’hectares dont 8 millions d’hectares pour la Guyane, 98 000 hectares pour la Réunion, 72 000 hectares pour la Guadeloupe, 52 000 hectares pour la Martinique, 14 000 hectares pour Mayotte.

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