La France attribuera près de la moitié de son plan de relance à la transition écologique

« Ce plan va accélérer la transition verte et économique sur tout le territoire », a déclaré Ursula von der Leyen lors de sa visite à Paris mercredi, aux côtés d'Emmanuel Macron. [IAN LANGSDON/EPA]

Le plan de relance français a été validé par Bruxelles mercredi (23 juin). Paris devrait toucher 39,4 milliards d’euros d’ici à 2026 afin de redresser son économie à la suite de la pandémie de Covid-19. Près de la moitié des fonds seront investis en faveur de la transition écologique. 

Afin que les plans de relance des pays européens aient l’approbation de la Commission européenne, les fonds débloqués dans le cadre du programme NextGenerationEU doivent servir en majorité à la transition écologique, à hauteur minimum de 37%, et à la transition numérique, à hauteur minimum de 20%. 

La France va plus loin que les 37% minimum imposés par le bloc en attribuant près de la moitié des subventions européennes à la lutte contre le réchauffement climatique. 

Ces investissements sont répartis en trois catégories : la rénovation énergétique des bâtiments (5,8 milliards d’euros), le développement de l’hydrogène « propre » c’est-à-dire décarboné (1,9 milliard d’euros), et la revalorisation du réseau ferroviaire français avec près de 4,4 milliards d’euros consacrés à la rénovation des infrastructures.  

« Ce plan va accélérer la transition verte et économique sur tout le territoire », a déclaré Ursula von der Leyen aux côtés d’Emmanuel Macron, en visite à Paris pour l’occasion, précisant qu’il fallait « une grande vague de rénovation énergétique, y compris pour les logements sociaux ». 

Il faut que la France « investisse la relance européenne dans la rénovation du bâtiment pour lutter en priorité contre la précarité énergétique, le développement des énergies renouvelables où la France accuse un retard conséquent », déclare Neil Makaroff de Réseau Action Climat (RAC) à EURACTIV. 

Autre point essentiel : « la régénération du système ferroviaire pour faciliter les mobilités du quotidien », ajoute-t-il.

La France recevra 39,4 milliards d'euros de Bruxelles pour son plan de relance

La Commission européenne a annoncé aujourd’hui son approbation du plan national de relance et de résilience français, alors que sa présidente Ursula von der Leyen rencontrait Emmanuel Macron. 39,4 milliards d’euros seront accordés à la France, un peu en deçà des 40,9 prévus initialement dans le plan présenté en avril dernier.

« La volonté n’y est pas »

Cependant, le responsable Europe chez RAC met en garde contre des « chèques en blanc » : « Le jeu risque d’être à somme nulle si le Gouvernement continue à faire des chèques en blanc de 20 milliards d’euros aux grandes entreprises, dont les plus grands pollueurs, sans contreparties environnementales ». 

Une idée soutenue par l’eurodéputée verte Marie Toussaint : « Le plan de relance se donne des allures vertes, mais il reste dopé au carbone : quand 20 milliards de baisses d’impôts sont accordées à des firmes championnes des émissions de CO2, nous ne pouvons pas nous prétendre champions du climat », alerte-t-elle lors d’un entretien avec EURACTIV.

« Ces subventions aux énergies fossiles dépassent le montant des investissements nécessaires chaque année, d’ici à 2023, pour s’engager vers la neutralité carbone (ces derniers sont estimés entre 15 et 18 milliards d’euros). Leur suppression permettrait de dégager des marges pour le financement de la transition sur le moyen terme », détaille l’eurodéputée. 

« Investir l’argent européen dans la transition écologique ne suffira pas si l’argent du contribuable français est investi dans des projets néfastes pour le climat », note Neil Makaroff. 

« La volonté n’y est pas. Nous risquons de passer à côté d’une occasion unique de changer de modèle », conclut Marie Toussaint. 

Ailleurs en Europe, où la Commission valide les plans petit à petit, des voix s’élèvent également contre les futurs investissements verts de certains pays. En Allemagne des critiques laissent entendre que les futurs initiative vertes figurent déjà dans la stratégie nationale de lutte contre le réchauffement climatique. 

En France, le gouvernement se montre ambitieux. L’investissement des fonds européens injectés dans la transition climatique sera suivi de près. Les premiers versements devraient arriver cet été. Affaire à suivre.

La France et l'Allemagne présentent des plans de relance très verts

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, et le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, ont tenu aujourd’hui (27 avril) une conférence de presse commune pour dévoiler leur plan national de relance et de résilience.

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