La France toujours radine avec le climat

Lors d'une marche pour le climat, le 8 septembre à Nantes. [Franck Dubray/Ouest-France]

Pouvoirs publics, entreprises, ménages consacrent près de deux fois plus d’argent aux énergies fossiles qu’aux investissements bas carbone, souligne le dernier Panorama des financements climat, publié par l’Institut de l’économie du climat, (I4CE). Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

C’est typiquement le genre de nouvelle dont se serait bien passé le gouvernement français, une semaine avant l’ouverture de la COP 24. Et pourtant. Dans sa nouvelle édition du Panorama des financements climat, publié le 26 novembre, l’I4CE rappelle que nous ne consacrons pas assez d’argent pour atteindre les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2016 et de la stratégie nationale bas carbone, deux politiques en cours de révision.

L’an passé, souligne le centre de recherche, les investissements climat ont atteint 41,2 milliards d’euros, en progression de 17 % en trois ans. Selon toute probabilité, l’année 2018 devrait être comparable.

Les dépenses des ménages en hausse

Avec 20 milliards (+37 % en trois ans), ce sont les dépenses consacrées à l’amélioration de l’efficacité énergétique (l’isolation des logements, majoritairement) qui expliquent cette hausse. Les autres postes principaux (énergies renouvelables, infrastructures durables, modernisation du parc nucléaire et investissements non énergétiques) sont stables, depuis 2014, à environ 21 Md€.

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Dit autrement, ce sont les ménages (par les travaux dans leur logement et l’achat de véhicules propres) et les pouvoirs publics (construction d’infrastructures de transport et soutien aux ménages, via CEE et éco-PTZ) qui ont le plus contribué à cette relance des investissements bas carbone. Stable depuis 2014 (aux alentours de 10 Md€), la part des entreprises devrait baisser en 2018.

25 % à 73 % de mieux

Aussi importants soient-ils, ces montants restent très en deçà de ce qu’il faudrait consacrer pour placer le pays sur la trajectoire de la neutralité carbone. Objectif visé pour 2050. « Le retard pris entre 2016 et 2018 représente des investissements manqués à hauteur de 40 à 90 Md€. Pour rattraper ce retard, entre 2019 et 2023, et couvrir les besoins initiaux, il faudrait investir entre 55 et 85 Md€ par an », résument les auteurs de l’étude. Soit 25 % à 73 % de mieux qu’actuellement. Pas gagné.

Les plus gros des efforts à produire devront porter sur la rénovation des bâtiments, les véhicules bas carbone et la production d’énergies bas carbone : électricité et chaleur.

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La malédiction des fossiles

La seconde partie du rapport est plus désagréable encore que la première. Non seulement les Français ne consacrent pas assez d’argent à la transition énergétique, mais ils dépensent bien plus d’argent encore pour acheter des énergies fossiles. L’an passé, pas moins de 73,1 Md€ ont servi à acheter des carburants et des combustibles fossiles. C’est presque deux fois plus que le budget bas carbone français. Un budget dont le montant progresse de 12 % depuis 2015.

 

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