La hausse du niveau de CO2 pourrait nous rendre un peu plus idiots

Prendre des décisions, planifier un week-end, réfléchir… Toutes ces tâches cognitives pourraient être considérablement affectées dans le futur. En cause : une densification du dioxyde de carbone dans les espaces fermés. Un article de notre partenaire Ouest-France.

La hausse du niveau de CO2 dans l’atmosphère n’a pas seulement des conséquences sur le réchauffement climatique. Cela pourrait également affecter notre capacité à penser.

Selon une étude publiée le 20 avril dans la revue scientifique GeoHealth, si les niveaux de dioxyde de carbone continuent d’augmenter au sein des espaces fermés dans les décennies à venir, nos capacités à prendre des décisions simples pourraient être réduites de manière significative.

Aujourd’hui, de hauts niveaux de CO2 sont déjà observés dans une même pièce. « C’est impressionnant de voir les niveaux de concentration de CO2 dans les espaces fermés », souligne dans un communiqué Kris Karnauskas, climatologue à l’Université Colorado-Boulder (États-Unis) et auteur principal de cette étude. « Cela affecte tout le monde, des enfants assis en classe aux employés dans les bureaux, en passant par les gens dans leur maison », ajoute-t-il.

« La ventilation dans les bâtiments module les niveaux de CO2, mais parfois, trop de personnes se trouvent dans une même pièce où il n’y a pas assez d’air frais pour diluer le dioxyde de carbone » , détaille Shelly Miller, professeure de génie mécanique et coauteure de l’étude.

Endormissement et anxiété

Respirer de l’air avec une forte concentration en CO2 augmente le niveau de dioxyde de carbone dans le sang, réduisant la quantité d’oxygène atteignant le cerveau. Des études montrent que ce phénomène peut accentuer l’endormissement, l’anxiété et altérer les facultés cognitives.

Les voitures européennes émettent plus de CO2

Après plusieurs années de baisse, les émissions de CO2 des voitures neuves européennes repartent à la hausse. Mauvaise nouvelle au moment où la Chine impose des quotas de voitures électriques. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Mais les conséquences sur le cerveau pourraient devenir plus importantes dans le futur. Depuis le début de la période industrielle, la concentration en CO2 dans l’atmosphère est en constante augmentation. S’il n’y a pas de réduction des gaz à effet de serre, les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avancent que la concentration en CO2 en extérieur pourrait monter à 930 ppm (partie par million) d’ici à 2100.

En mai 2019, un taux record de 415 ppm dans l’atmosphère terrestre avait été enregistré par l’observatoire de Mauna Loa à Hawaï (États-Unis). Les aires urbaines, quant à elles, ont généralement une concentration en dioxyde de carbone supérieure de 100 ppm à la normale.

« Un lien avec de potentiels troubles cognitifs »

Kris Karnauskas et son équipe ont développé un modèle prédictif sur la relation entre les niveaux de dioxyde de carbone et leurs conséquences sur les facultés cognitives. Ils ont remarqué qu’une concentration en CO2 de 930 ppm en extérieur pourrait faire monter les niveaux de CO2 jusqu’à 1 400 ppm dans les espaces clos.

« À ce niveau de concentration, des études ont démontré un lien avec de potentiels troubles cognitifs », précise Anna Schapiro, professeure de psychologie à l’Université de Pennsylvanie (États-Unis) et coauteure de l’étude.

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