L’ambitieux programme environnemental de la présidente de la Commission européenne

[@Europarl]

Élue avec huit voix de majorité, Ursula von der Leyen entend rapidement dynamiser les politiques communautaires en faveur du climat. Quitte à abandonner la règle de l’unanimité pour certains choix politiques. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

C’est inédit ! Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne sera dirigée par une femme. Mardi 16 juillet, une majorité des parlementaires européens a voté en faveur d’Ursula von der Leyen qui devient la première présidente de la Commission.

Durant sa très courte campagne électorale, l’ancienne ministre allemande de la Défense a bâti un ambitieux programme quinquennal (2019-2024). Comme elle l’avait indiqué, la semaine passée, lors de son audition devant le groupe des eurodéputés verts, la nouvelle présidente entend sensiblement renforcer l’action climatique de l’Europe. Durant les 100 premiers jours de son mandat, cette médecin de 60 ans va présenter un Pacte vert. Ce programme prévoit de réduire de 55 % les émissions de GES entre 1990 et 2030, contre 40 % actuellement. A ce rythme, l’Europe serait le premier continent neutre en carbone en 2050, soutient-elle.

Von der Leyen très attendue sur la politique climatique

Le Parlement européen a confirmé la nomination d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne lors d’un vote qui a mis le climat au centre de toutes les attentions. Un article de notre partenaire, Climate Home News.

Élargissement de l’ETS

Pour ce faire, les secteurs aériens et maritimes seront totalement intégrés au système d’échange des quotas d’émissions (ETS), avant d’être rejoints, par la suite, par les entreprises du transport routier et du BTP. La responsable démocrate-chrétienne promet aussi d’instaurer une taxe carbone aux frontières et de revoir la fiscalité communautaire de l’énergie. Si elle ne parle pas ouvertement du charbon, la sexagénaire entend utiliser les fonds de cohésion pour aider les régions touchées par la transition énergétique à « rester en phase avec le monde ». Ce soutien sera complété par celui apporté par le fonds pour une transition juste, à créer.

Le Parlement européen avance sur les lois en faveur du climat

Les eurodéputés ont approuvé la réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre des secteurs non couverts par l’ETS, et de nouvelles règles sur la performance énergétique des bâtiments.

En plus de présenter une stratégie en faveur de la finance verte et un plan d’investissement pour une Europe durable (1 000 milliards d’euros en 10 ans), la successeure de Jean-Claude Juncker entend réformer la banque européenne d’investissement (BEI). Objectif : que la moitié de ses financements soient orientés vers le climat en 2025, contre 25 % aujourd’hui.

Stratégies light

Le climat n’est pas tout l’environnement. La fidèle d’Angela Merkel promet de présenter une stratégie pour protéger la biodiversité durant la prochaine décennie. Sans plus de détail. Tout aussi light sont les promesses portant sur les futures stratégies en faveur de l’agriculture durable (baptisée « De la ferme à l’assiette »), de la santé environnementale et de l’économie circulaire. Seule certitude : la présidente de la Commission « a la volonté d’ouvrir un nouveau front dans notre lutte contre les déchets en plastique, en visant les micro-plastiques. »

Plastiques interdits: la liste du Parlement européen s’allonge

Les eurodéputés de la commission environnement étendent les interdictions visant les plastiques à usage unique. Ils visent aussi les emballages de la vente à emporter, les bouteilles et les mégots, explique notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Partisane d’une économie de marché sociale et environnementale, l’ancienne patronne de la Bundeswehr veut parachever l’union des marchés des capitaux, consolider l’euro, achever l’union bancaire et assurantielle, sans obérer l’essentiel. « Notre politique économique doit aller de pair avec les droits sociaux, l’objectif de neutralité climatique de l’Europe et la compétitivité de l’industrie. »

Veto parlementaire

Reconnaissant que le « commerce n’est pas une fin en soi », Ursula von der Leyen propose ne plus mettre en vigueur les accords commerciaux « qu’après l’approbation par le parlement européen. » Les prochains accords commerciaux devront comporter « un chapitre consacré au développement durable et [adhérer] aux normes les plus élevées de protection en matière de climat, d’environnement et de travail, y compris une tolérance zéro pour le travail des enfants. »

L’inclusion de l’Accord de Paris dans le CETA compromise

Paris souhaite faire du respect de l’Accord de Paris sur le climat une condition sine qua non à la signature d’accords commerciaux européens. Un dossier sur lequel la France peine à faire avancer les Vingt-Sept.

Annonçant vouloir dynamiser la démocratie européenne, la présidente se dit favorable à un droit d’initiative pour le parlement européen. A chaque fois que le parlement de Strasbourg adoptera une résolution impliquant le vote d’une directive ou d’un règlement, la Commission devra présenter des propositions législatives.

« Nous devons tendre vers un plein pouvoir de codécision pour le parlement européen et la suppression de l’unanimité pour les politiques en matière de climat et d’énergie, en matière sociale et de fiscalité », estime-t-elle. De quoi effectivement dynamiser la démocratie et la protection de l’environnement en Europe. La laissera-t-on seulement faire ?

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