Le coût de l’inaction climatique comparable à celui d’une pandémie annuelle

Selon une étude chinoise, le coût de l’inaction climatique est six à dix fois supérieur à celui de la stabilisation du réchauffement imposée par l’Accord de Paris. Un article de notre partenaire le Journal de l’environnement.

C’est l’article le plus commenté, ce 15 avril, au sein de la communauté des climatologues. Publié par Nature communications, le 14 avril, le papier de l’équipe internationale dirigée par Yi-Ming Wei (institut de technologie de Pékin) évalue, en effet, le coût de l’inaction climatique.

Plus exactement, les 13 chercheurs ont estimé les bénéfices économiques de la mise en œuvre de stratégies nationales visant à stabiliser le réchauffement entre 1,5°C et 2°C, l’objectif de l’Accord de Paris. Nous n’y sommes d’ailleurs pas tout à fait.

Pour le moment, rappelle Climate Action Tracker, les stratégies climatiques en cours de déploiement devraient porter à plus de 3 °C le réchauffement planétaire entre l’ère préindustrielle et la fin de ce siècle. S’ils étaient tenus dans la durée, les engagements pris par les États depuis 2015 (les fameux NDC) pourraient limiter à 2,8 °C cette poussée de fièvre.

Le WWF met en garde contre l’aggravation de la crise climatique après la pandémie

Face au coronavirus, le WWF appelle à tourner les mesures de relance économique vers la transition écologique. L’ONG affirme que la crise sanitaire est partiellement liée aux « pressions que nous exerçons sur la nature ». Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Un investissement intéressant ?

Est-ce intéressant pour les sociétés humaines d’investir massivement dans l’atténuation et l’adaptation en vue de ralentir sensiblement les effets des changements climatiques ? La question mérite d’être posée, au vu des efforts à consentir pour ralentir la montée du mercure.

Stabiliser le thermomètre à 1,5 °C nous oblige, collectivement, à réduire de 6 à 7% par an nos émissions de gaz à effet de serre, une performance que nous réaliserons, peut-être, en 2020, bien malgré nous.

Les climatologues ont comparé les retombées économiques de 9 scénarios bas carbone : 4 ayant les 2°C pour objectif, les 5 autres se focalisant sur 1,5°C de réchauffement. Les seconds imposent des baisses drastiques et immédiates d’émissions (d’au moins la moitié d’ici à 2030), quand les premiers exigent de gros efforts de décarbonation qu’à partir de 2035.

Montants accessibles

Le montant de la facture dépend des investissements réalisés. Mais globalement, pour stabiliser le réchauffement aux niveaux décidés lors de la COP 21, les pays du G20[1] devraient investir de 16 000 à 103 000 milliards de dollars d’ici la fin du siècle. Les seuls États-Unis, soulignent les chercheurs (dont la plupart travaillent pour des institutions chinoises), devraient débourser de 5 400 à 33 000 milliards de dollars d’ici à 2100 pour éviter les effets trop importants du réchauffement.

Une stratégie bas-carbone pour sortir de la crise

Le laboratoire d’idées I4CE a publié son scénario de transition climatique pour sortir de la crise. Il s’appuie sur une aide publique additionnelle de 7 milliards d’euros par an. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Considérables, ces montants restent, finalement, très accessibles, notamment au vu des plans de relance des économies bousculées par la pandémie de Covid-19. Donner un coup d’arrêt au réchauffement nécessiterait pour les 20 pays les plus riches de la planète de consacrer 200 à 1 287 milliards de dollars par an à l’atténuation et à l’adaptation. Soit l’équivalent de 0,2 à 2% de leur produit national brut annuel conjugué.

À contrario, le coût annuel de l’inaction fluctue, pour l’économie monde, entre 1 875 et 10 000 milliards de dollars. Soit l’équivalent de 2 à 12% du PNB mondial actuel. Comme si une pandémie de Covid-19 frappait chaque année.

 

[1] Les 20 pays les plus industrialisés du monde sont à l’origine de 80% des émissions mondiales de GES.

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