Le COVID-19 menace les objectifs verts de l’UE

Une marche pour le climat à Bruxelles en mars. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

La crise sanitaire a eu un impact positif sur le secteur énergétique en diminuant les émissions de gaz polluants, mais elle a aussi freiné les investissements verts, ce qui complique la mise en œuvre du programme climatique de l’UE.

Dans un rapport publié jeudi 25 juin, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) signale que la baisse de production et de consommation de l’énergie causée par la pandémie pourrait rendre les objectifs de diminution des émissions et de hausse de la production d’énergie verte plus facilement atteignables en Europe d’ici à la fin de l’année.

Mais cette satisfaction à court terme pourrait entraîner d’autres conséquences qui empêcheraient de mener à bien les objectifs à moyen et long terme de la Commission.

L’AIE souligne notamment que le nombre d’investissements dans l’énergie renouvelable a diminué d’un tiers par rapport à 2019 — et ce chiffre pourrait baisser de moitié dans le photovoltaïque, un record « historique ».

Cette diminution des investissements pourrait compromettre les objectifs écologiques de l’Union, qui s’est engagée, d’ici à 2030, à utiliser un tiers d’énergies propres et à améliorer l’efficacité énergétique de 32,5 %.

Par ailleurs, la relance d’après crise se traduira certainement par une hausse des émissions de C02, qui risque d’être accélérée par la baisse des prix des matières premières.

L’AIE considère que l’UE, dont la production d’énergie génère 75 % des émissions de gaz à effet de serre du bloc, doit freiner cette hausse, tant sur les plans de la consommation que de l’industrie ou du transport.

Ces derniers mois, à cause du confinement et d’une diminution de 20 % de la demande en charbon au premier trimestre 2020, les émissions de carbone ont chuté et la production d’énergie renouvelable a augmenté.

Pour l’ensemble de l’année, l’AIE prévoit une plongée de 10 % de la demande énergétique en Europe par rapport à 2019, une baisse deux fois plus importante que celle enregistrée lors de la crise financière de 2008.

Au premier trimestre 2020, les émissions de dioxyde de carbone liées à la production énergétique ont baissé de 8 %, ce qui confirme la tendance de ces dernières années, avec une diminution de 17 % par rapport à 2005 et de 23 % par rapport à 1990.

C’est l’utilisation croissante de l’énergie verte qui a permis cette diminution. L’éolien, notamment, a généré 32 % de l’électricité européenne en 2018.

La consommation d’énergies plus polluantes est aussi découragée sur le plan juridique. L’UE est d’ailleurs à la traîne en matière d’émissions de gaz à effet de serre d’énergies fossiles.

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L’efficacité énergétique a moins progressé dans la consommation privée, l’industrie et les transports. Elle affiche des résultats « inférieurs aux attentes », selon l’AIE.

En cause, la hausse de la demande du transport routier et aérien, qui a fait augmenter les émissions avant le confinement.

À l’heure actuelle, l’AIE estime qu’en 2020, l’UE peut réduire les émissions dans ces domaines de 10 % par rapport aux niveaux de 2005, mais son objectif de réduction de 30 % à l’horizon 2030 n’en sera que plus éloigné.

L’agence rappelle à l’UE qu’elle prétend diminuer les émissions des transports de 90 % d’ici à 2050, ce qui signifie que 75 % du fret routier devra être acheminé par voie ferrée ou aérienne.

Parallèlement, la production de véhicules électriques — qui devraient atteindre les 13 millions en Europe d’ici à 2025 — doit impérativement être stimulée. Les gouvernements peuvent contribuer à cet objectif en l’intégrant à leurs mesures de relance nationales d’après crise.

En outre, seuls 20 % des ménages fonctionnaient à l’énergie verte en 2018, un chiffre peu satisfaisant pour l’AIE. Et la consommation d’énergie des bâtiments, qui s’élève à 40 % au sein de l’UE, pourrait aussi être améliorée, juge l’agence.

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