Le désinvestissement des énergies fossiles prend son envol

[Gerry Machen_Flickr]

La Banque mondiale et plusieurs autres institutions financières ont annoncé l’interruption du financement de l’exploration ou de l’assurance de projets pétroliers et gaziers au sommet One Planet à Paris.

La vague du désinvestissement des énergies fossiles s’amplifie. Lors de la COP23, le fonds souverain norvégien, alimenté par des années d’extractions pétrolière et gazière, s’est vu conseiller par la banque centrale norvégienne de vendre ses actions dans les compagnies pétrolières. Au sommet climat parisien, la tendance s’est confirmée. L’assureur Axa a annoncé se retirer du charbon et des schistes bitumineux, et a déclaré qu’il n’assurerait plus de nouveaux projets d’extraction pétrolière.

Mais surtout, la Banque mondiale, co-organisatrice du sommet, a annoncé qu’elle arrêterait en 2019 de financer des projets d’extraction pétrolière et gazière, à l’exception de projets gaziers dans les pays moins développés.

Ces investissements représentaient jusqu’alors 2% du portefeuille de la banque.

La décision de la Banque mondiale est d’autant plus significative que le scénario le plus optimiste de l’Agence internationale de l’énergie, qui prévoit de réduire les particules de CO2 dans l’air à 450ppm suppose de nouveaux investissements dans les énergies fossiles, pétrolières et gazières.

« La fin est proche pour l’industrie du gaz et du pétrole » assure Greenpeace. La Banque mondiale, l’une des institutions financières les plus puissantes au monde, a exprimé sa défiance envers le futur de l’industrie pétrolière, et les institutions financières mondiales doivent désormais décider si leurs financements seront une partie du problème ou de la solution ».

La Banque mondiale elle-même a souvent été critiquée pour financer des projets écologiquement douteux, comme ce projet de centrale financé au Kosovo.

Charbon et Banque mondiale, deux menaces pour un seul village au Kosovo

Le projet d’extension d’une mine de charbon financée par la Banque mondiale menace le village de Hade, qui avait déjà été dévasté par le conflit de l’ex-Yougoslavie, dans les années 1990.

Toutes les annonces n’ont toutefois pas la même ampleur. Le néerlandais ING a ainsi déclaré qu’il quitterait le financement de projets charbon …en 2025 : une date bien lointaine pour une énergie dépassée depuis longtemps.