Le directeur de l’AIE appelle à un nouveau plan qui englobe les énergies propres [FR]

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Cet article fait partie de l'édition spéciale European Business Summit.

Nobuo Tanaka, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), a appelé les gouvernements du monde entier à garantir que les paquets de relance, visant à restaurer la croissance, englobent également les technologies propres. Il s’est confié à EURACTIV dans un entretien exclusif en vue du Sommet européen des Affaires, qui s’ouvre aujourd’hui (26 mars) à Bruxelles. 

Alors que la crise financière assèche les fonds pour les projets dans le domaine de l’énergie, M. Tanaka a appelé les gouvernements du monde entier à ne pas négliger l’énergie et le climat lors de l’élaboration de plans de relance. 

En vue de la rencontre du G20, qui aura lieu à Londres le 2 avril, il a demandé aux gouvernements de s’assurer que les paquets de relance englobent également les technologies propres. Il faut selon lui « nouvel accord sur l’énergie propre ». 

M. Tanaka sera l’un des intervenants du Sommet européen des affaires  de cette année, qui a lieu les 26 et 27 mars dans la capitale belge. 
Ses affirmations font écho aux plaintes des socialistes et de la Commission européenne, qui ont appelé à des plans de relance économique promouvant l’évolution vers une économie à faibles émissions de CO2. Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a promis de créer jusqu’à 5 millions d’emplois de « cols verts » lors de sa campagne. 

Risques de sous-investissement

Selon M. Tanaka, le monde fait face à une menace sérieuse de sous-investissement dans les énergies propres et risque de se tourner vers des sources plus polluantes. « La réduction des crédits rend les projets à haute intensité de capital, tels que ceux de l’énergie nucléaire ou renouvelable, plus difficiles à financer », a-t-il déclaré. Il a également averti que des prix de l’énergie moins élevés rendent l’électricité produite à base de combustible fossile comparativement plus compétitive ». 

« L’actuelle crise du crédit, ainsi que le faible coût de l’énergie, pourraient donner un coup de fouet aux investissements dans l’approvisionnement en charbon et en gaz du secteur de la production électrique. Des investissements plus importants ouvriraient la voie à davantage d’émissions que ce qui aurait pu être le cas ». 

« Un des plus grands dangers », a-t-il prévenu, est que le monde se referme sur des sources polluantes d’énergie, en raison de longue durée de vie des réserves énergétiques. Soulignant le fait que les centrales électriques ont une durée de vie moyenne de 60 ans, il a averti que « les conséquences des décisions sur l’investissement prises aujourd’hui se feront sentir pendant de nombreuses années ». 

Selon le directeur de l’AIE, les ressources financières mondiales sont suffisantes pour financer l’investissement de 26 mille milliards de dollars dans le domaine énergétique. Il s’agit du montant dont le monde a besoin avant 2030 pour répondre à la demande croissante d’énergie. Bien que, selon lui, la plupart du capital proviendra du secteur privé, il a indiqué que le financement public aura toujours un rôle à jouer dans le secteur de l’énergie, en particulier pour développer des projets visant à répondre aux objectifs de sécurité énergétique et environnementale. 

M. Tanaka a exprimé sa confiance dans le fait que le secteur énergétique mobilisera les ressources nécessaires à l’investissement. Il a déclaré que ce secteur « avait déjà été capable de mobiliser le financement requis par le passé ». 

Toutefois, il a averti que le secteur énergétique « n’en sera capable à l’avenir que si des mécanismes de financement sont en place, les retours sur investissement suffisamment élevés et les conditions d’investissement attrayantes ». 

« La crise d’aujourd’hui est quelque peu différente de celle des années 1970. A l’heure actuelle, il y a une période temporaire de surplus sur le marché pétrolier, mais nous ne devrions pas être trop confiants. Il faut maintenir l’investissement, même dans le contexte actuel de crise, afin de satisfaire à une demande renouvelée de la croissance à l’avenir ».  

Les pays en développement doivent muscler leur jeu

M. Tanaka a mis en garde contre les incertitudes dans les pays en développement, où plus de la moitié des investissements mondiaux dans le domaine de l’énergie devraient être réalisés pour satisfaire à l’augmentation de la demande, selon l’AIE.

« Reste à savoir si les pays en développement pourront mobiliser ce niveau d’investissement, en particulier concernant l’Afrique et l’Inde. Les incertitudes demeurent importantes. »

« Dans la plupart des pays en développement, il faut que les investissements dans le secteur énergétique dépassent les niveaux actuels pour pouvoir répondre aux objectifs dans les domaines de la croissance économique, de l’environnement et du développement social. »

Soulignant le fait que les équipements énergétiques dans les pays en développement appartiennent souvent à l’Etat, il a indiqué que « le capital investissement doit venir du gouvernement, sous la forme de prêts accordés par des organismes multilatéraux de crédit ». 

Faisant remarquer qu’au cours des prochaines décennies, c’est dans les pays qui ne sont pas membres de l’AIE, tels que la Chine, que la demande énergétique augmentera le plus fortement, M. Tanaka a précisé que les nations développées doivent travailler plus étroitement avec les pays en développement sur la question de la sécurité énergétique. 

A la question de savoir si l’AIE envisageait d’inviter la Chine à devenir membre de l’agence, M. Tanaka a déclaré : « En raison du rôle de plus en plus important que joue la Chine sur les marchés mondiaux de l’énergie, nous souhaitons vraiment continuer à travailler étroitement avec ce pays et à renforcer la coopération, si les conditions le permettent. »

« La première condition serait bien sûr que la Chine souhaite adhérer à l’AIE ». 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici

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