Le Fonds vert pour le climat cherche sa voie

Fonds vert

Une simplification du financement international de la lutte contre le réchauffement climatique était attendue à l’issue d’une réunion du Fonds vert pour le climat.

Le Fonds vert pour le climat (FVC) veut relancer de façon considérable le financement international de la lutte contre le changement climatique jusqu’à la fin de cette année. Le 6 et 7 juillet, les 24 participants à la réunion ont décidé de la stratégie à adopter dans la ville coréenne de Songdo. Un des responsables du fonds a expliqué en amont de la rencontre que de nombreux points allaient être abordés, notamment les critères sur lesquels se baser pour financer des projets et de meilleurs moyens pour promouvoir les projets durables auprès des investisseurs.

À l’heure actuelle, les procédures sont bien trop lentes et il faut parfois jusqu’à un an pour obtenir des autorisations. « Les investisseurs privés sont ainsi découragés. L’objectif de ce weekend est de faire des progrès significatifs en particulier pour que le fonds soit bien reconstitué d’ici novembre », a précisé Alexandra Tracy, la représentante de la Climate Markets and Investment Association (CMIA) auprès du Fonds Vert pour le climat. En effet, les pays donateurs et le conseil d’administration du fonds se rencontreront en novembre afin de mettre au point des engagements contraignants pour poursuivre le financement.

Les pays du sud, les plus touchés par le réchauffement climatique

En 2009, lors de la 15e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques à Copenhague (COP15), les pays industriels s’étaient déjà engagés à investir 100 milliards de dollars par an (89 milliards d’euros) dans des projets liés au climat dans les pays en voie de développement à partir de 2020, au plus tard.

C’était à cette condition que de nombreux États plus pauvres s’étaient mis d’accord sur les objectifs climatiques — le soutien aux nombreux investissements nécessaires devait venir des États riches. En effet, les quelque 3,5 milliards de personnes vivant dans la pauvreté ne sont aujourd’hui responsables que d’environ 10 % des émissions de CO2, alors que ce sont eux qui en subissent le plus les conséquences.

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A l’heure où démarre une série de rencontres internationales sur le climat, le principal outil de financement des projets climat entre le Nord et le Sud fait face à des problèmes de gouvernance.

 

Le FVC est un des canaux par lequel davantage de moyens financiers doivent être mobilisés. Ces cinq dernières années, des sept milliards de dollars transférés au fonds par les États, cinq milliards ont été injectés dans 102 projets.

Lors de la réunion de ce weekend, dix autres projets ont vu le jour, d’une valeur de 266 millions de dollars. Le plus onéreux parmi eux est le financement d’une centrale de pompage au Chili, avec laquelle le pays a pour ambition de porter sa part d’énergie éolienne et solaire à un cinquième de ses sources d’énergie totales.

Moins de barrières pour des projets prometteurs 

Les experts attendaient avec impatience les résultats de la réunion de ce weekend en Corée. Cette augmentation du fonds a fait l’objet de nombreuses discussions la semaine dernière, pendant la Conférence de Bonn sur le changement climatique. Yamide Dagnet, analyste pour le groupe américain de réflexion World Resources Institute, s’est exprimée dans le cadre de cette conférence : « nous espérons que le FVC rende des décisions plus efficaces. Les ambitions du fonds sont nombreuses — c’est un signal primordial pour le sommet onusien Action Climat de ce 23 septembre ».

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Selon un projet de déclaration de l’UE, le sommet spécial de l’ONU sur le climat constituera « une occasion idéale pour encourager la volonté des dirigeants politiques à revoir à la hausse les objectifs de l’accord de Paris ».

À l’avenir, les projets devraient être approuvés plus rapidement. Jusqu’à présent, les organisations doivent d’abord être accréditées par le FVC avant de pouvoir postuler à des projets uniques. Cette procédure doit être simplifiée. Selon le responsable interrogé, il s’agit ici d’abattre des barrières bureaucratiques.

Par ailleurs, il ajoute que le fonds décidera de nouveaux mécanismes décisionnels internes pour éviter d’éventuelles difficultés : plutôt que de dépendre du principe d’unanimité, les décisions centrales pourraient bientôt être adoptées par une majorité simple.

Objectif clé

Aux yeux de Yamide Dagnet, les réformes doivent contraindre les pays industrialisés à financer davantage le fonds. D’ailleurs, en décembre de l’année dernière, l’Allemagne et la Norvège ont annoncé qu’ils doubleraient leur contribution. Après que les 28 États membres de l’UE n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur de nouvelles mesures en faveur de la neutralité climatique d’ici 2050 lors du dernier Conseil européen, de nouveaux signaux étaient importants.

« Grâce à cette décision, l’Allemagne stimule le fonds et nous aimerions que d’autres pays aillent dans ce sens. Il est primordial d’encourager les États à fournir des apports financiers au fonds, en particulier les États-Unis et l’Australie qui ont prévu de mettre un terme à leur participation », ajoute-t-elle.

D’après Alexandra Tracy de CMIA, « Il faut combler le trou béant que ces États vont laisser derrière eux ». Ainsi, elle compte sur le Japon et les États membres de l’Union européenne pour remédier à ce problème. Les acteurs non étatiques doivent également être ciblés, mais pour les atteindre, le fonds doit devenir plus efficace.

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