Le gouvernement français prêt à reculer sur la taxe carbone

Durant une manifestation des gilets jaunes, à Paris, le 1er décembre. EPA-EFE/Julien de Rosa

Après les émeutes en marge du mouvement des Gilets jaunes, la taxe carbone adoptée sous Hollande devrait être revue à la baisse.

Attendu à la COP24 en Pologne lundi 3 décembre, le Premier ministre français, Edouard Philippe, a annulé sa visite, multipliant les rencontres avec élus, ministres. Il en est ressorti une décision de reculer sur la taxe carbone, dénoncée par le mouvement de Gilets jaunes depuis le début du mouvement il y a un mois.

La multiplication des tensions, manifestations et violence, et surtout le soutien toujours massif de la population française au mouvement des Gilets jaunes semble expliquer ce revirement, qui prendra la forme d’un moratoire sur la hausse de la taxe prévue en janvier prochain. La taxe devait passer de 55 à 88 euros par tonne de CO2 émise à cette date.

La polémique sur la taxe carbone souligne les ratés de la fiscalité écologique

Entreprises et particuliers ne paient pas le carbone au même prix selon s’ils sont soumis au marché du carbone européen ou à la taxe carbone française. Les exonérations multiples ne facilitent pas l’acceptabilité du prix du carbone.

La taxe carbone semble un prix à payer faible pour l’exécutif, face au coût social et économique du mouvement des Gilets jaunes : entre les dégradations et le manque à gagner liés aux blocages de raffineries, ou la prise d’assaut des centre villes le samedi alors que les Français font leur shopping de Noël, renoncer provisoirement à la taxe carbone semble aujourd’hui un prix acceptable. La taxe représente un revenu de 5 milliards par an pour l’Etat français en 2018, et devait grimper en 2019.

Parmi les revendications désordonnées des Gilets jaunes, la taxe carbone était la plus symbolique. Mais les attaques contre les autres taxes, ou l’idée de mettre en place un militaire à la chef de l’Etat se sont aussi répandues ces derniers jours, tout comme un nombre incroyable de fausses informations allant du fait que la Constitution de la France serait caduque à des photos sorties de leur contextes.

La violence extrême vécue ce week-end par les forces de l’ordre, plus d’une centaine de voiture brûlées, de multiples foyers d’incendies et près de 200 blessés ont aussi incité le ministre de l’Intérieur à « ne pas maintenir la manifestation »

sur le climat prévue le 8 décembre. Prévue depuis le mois de septembre après la première marche spontanée pour le climat, cette manifestation devait se dérouler au beau milieu de la COP24.

L'UE ne prend pas en compte les conséquences sociales de la transition énergétique

Les manifestations des Français contre le prix du carburant ont mis la politique climatique au cœur du débat politique. Et ce, quelques jours avant la COP24, qui se focalisera sur une « transition juste » vers un monde zéro émission.

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